LES CARRACHE
Regrettant cette lacune, nous abordons l’ainé des Carrache, Louis. Son ÆEcce homo (Stafford House) est l’un des types de « tableaux » popularisés par l'imagerie; sa Vision de sainte Catherine (Bridgewater House) est laborieuse et touffue, d’un dessin maladroit, d’où l’on peut détacher un très gracieux Jésus qui descend en ligne directe des bambini du Corrège. Le comte d’Ellesmere possède encore une Descente de (Croix d'un coloris vénitien. La Suzanne entre deux vieillards (National Gallery) indique aussi une influence de Giorgione, les formes de la jeune femme sont trop rondes, le modelé trop uniforme, pourtant le ton des carnations dans la lumière a quelque puissance.
Des cousins de Louis, Augustin fut le moins prolifique comme peintre, il s’est surtout adonné à la gravure. Les deux tableaux de lui qui étaient au Palais-Royal se trouvent en Angleterre : le Martyre de saint Barthélemy, chez le duc de Sutherland; Ze Christ apparaissant à la Madeleine, au Fitzwilliam Museum, à Cambridge. Le Martyre est une petite toile noircie, enfumée, dans laquelle on aperçoit des bras et des jambes qui surgissent d’un opaque brouillard. Le Christ est un immense tableau que l’on donne aussi comme étant d’un autre Carrache; mais qu'il soit de Louis, d’Augustin ou d'Annibal, l’œuvre est plus que médiocre, c’est une molle imitation du Corrège.
Les Annibal Carrache étaient nombreux (vingt-six) dont plusieurs, comme
les Trois Marie, passaient pour des chefs-d'œuvre. La Danaé qui, chez le