ÉCOLES HOLLANDAISE ET FLAMANDE
On a mis en doute la remarque de Louis XIV sur les « magots », elle est pourtant vraisemblable. Qu'il y avait loin de la majesté royale, telle que
ce monarque la concevait, à ces tableautins, vulgaires pour lui, ne reflétant
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Ÿ ANS \ aN A NN S = & & GÉRARD DOU 103 rien de la pompe qu'il recherchait dans les œuvres d’art! Versailles a son
éloquence; sa conception si noble et si grandiose excluait, pour ainsi dire, ces intimités des Terburg et des Pieter de Hoogh. Et les faits sont là, on ne signale, dans le cabinet du roi-soleil, que deux Teniers et un Gérard Dou — c’est sous Louis XVI que furent acquises les principales œuvres néerlandaises du Louvre, y compris les Pèlerins d'Emmaüs et le Ménage du menuisier.
Le Régent, au contraire de son oncle, prit plaisir à collectionner ces peintres dédaignés; on a vu qu’au temps de son pouvoir, à partir de 1745,
Philippe eut maintes fois l’occasion d'envoyer Dubois de l’autre côté du
Rhin et que le futur cardinal, tout en préparant les alliances, flattait la
passion de son prince. La politique le servit fort bien, et, à consulter le catalogue des maîtres hollandais du Palais-Royal, on se rend compte que la chasse aux chefs-d’œuvre ne lui fut pas moins favorable, sans qu'il soit possible, comme nous l'avons dit, de désigner ce qui fut acheté par le diplomate.
Mais les amateurs anglais, à la fin du xvin° siècle, avaient déjà beaucoup de ces petits tableaux, là-bas fort à la mode, et, dans les ventes londoniennes de la galerie d'Orléans, ce furent surtout les toiles italiennes, bien plus rares sur le marché, que se disputèrent les grands seigneurs d'Outre-Manche. Un fait certain, c’est que l’on rencontre, chez nos voisins, un petit nombre seulement des tableaux hollandais ayant appartenu au Régent, lesquels furent achetés, pour la plupart, par des marchands et se dispersèrent à la suite de trafics dont la trace ne peut être suivie
aisément.