‹ La galerie du régent, Philippe, duc d'OrléansChapitre 80 sur 182 · GÉRARD DOU · texte numérisé non relu

GÉRARD DOU

Ni les Antoine Mor, ni les Bloemaert, ni les Poelenburg, ni les Honthorst, n’ont subsisté, il faut arriver à Gérard Dou pour conter l’histoire du Joueur de viole qui, après bien des pérégrinations, a trouvé un peu de tranquillité

chez le baron Alphonse de Rothschild, à Paris, non loin d’un autre violoniste,

plus célèbre encore, celui de Sebastiano del Piombo, si longtemps attribué, chez les Sciarra, à Raphaël.

Ce Joueur de viole avait appartenu à Christine de Suède qui l'avait acheté à l'artiste lui-même, mais elle le fit rendre à Gérard Dou. C’est par une autre voie qu'il entra dans la galerie du Régent. Estimé dix mille livres dans l'inventaire de 1785, il trouva acquéreur à Londres pour trois cents guinées (7,895 francs). Ce prix se maintient dans les encans successifs pour atteindre onze mille deux cent vingt-huit francs à la vente de la duchesse de Berry (1837). Sa valeur marchande a certainement quadruplé depuis.

Ce panneau, d’une belle tonalité brune et rougeâtre, d’une tenue impeccable, à un certain moelleux que n’ont pas toujours les Gérard Dou, mais on y sent la peine plus que l'émotion. C’est une vraie miniature par le faire et par la petite dimension, sans la naïveté médiévale, sans l’excuse pieuse du moine, qui peine du moins pour son salut, et offre à quelque sanctuaire ou à la bibliothèque de son couvent le produit de ses longues journées de labeur. Le religieux anonyme n'avait pas l’état d’âme de Gérard

Dou qui, croyant s’excuser de ses minuties, disait travailler pour l’immor-

La Femme sur son stoeb (balcon) a quitté aussi l'Angleterre pour le continent, on la signale dans la collection Koucheleff et chez le prince de Lichtenstein lequel, en 1899, en fit don au Rudolphinium de Prague. La jeune femme est blonde, elle se présente de profil, vêtue d’un manteau vert, fourré d’hermine, elle prend le frais, accoudée sur un balcon drapé d’un tapis de Perse multicolore, et rêve devant un canal dont on aperçoit les eaux

tranquilles.

B. BREENBERG

C'est encore un miniaturiste que Bartholomeus Breenberg. Za Tour et les Rochers, deux minuscules paysages ronds, se trouvent au Z#tzwilliam museum de Cambridge; ils sont peints sur cuivre et ressemblent à des dessus

de boîtes, gentillets et proprets, avec leurs ciels délicats.

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