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VÉNUS DÉSARMANT L'AMOUR École Vénitienne {Collection Wallace. — Londres)
Photo Mansell, — Londres
[IV LA DÉBACLE
PRÈS la mort du Régent, en 1727, une première tentative fut faite pour la vente d’une faible partie de sa collection; il s'agissait d’une centaine de tableaux flamands dont il fut publié un catalogue spécial dans lequel nous lisons cette note : « Pour vente, s'adresser à M. d’Argenson, conseiller d'État et chancelier de Monseigneur
le duc d'Orléans... la vente au détail s'ouvrira le lundi 9 juin 1727, s’il ne se fait pas d’offres raisonnables pour l’ensemble. » Maïs la tentative échoua, car nous retrouvons tous les numéros de ce catalogue dans les inventaires successifs de 1752 et de 1786, dressés après décès des ducs d'Orléans.
Le fils du Régent eût ainsi déparé sa galerie de trois de ses Rembrandt,
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dont le Moulin, de tous ses Teniers, de ses Wouwerman, du Soleil couchant de Claude, et des Singes peintres de Watteau, qui figurent on ne sait pourquoi dans cette liste néerlandaise de proscription. Si le Génovéfain ne vendit rien, il n’acheta rien, sauf peut-être quelques tableaux de sainteté pour ses oratoires particuliers. Comme amateur, il est classé : c’est le vandale de la famille, et le destructeur des Corrège.
Son fils, Louis-Philippe, s'occupe surtout de sa collection de médailles et de pierres gravées, bien connue par le superbe catalogue que Gabriel de Saint-Aubin illustra. Il prit soin aussi de ses tableaux, trop de soin peut-être. Hacquin venait de trouver le secret du rentoilage, et, au dire de Walpole, vers 1771, on fit subir à quelques toiles du Régent le régime à la mode. Le spirituel Anglais, en effet, écrit à son ami Henry Seymour Conway, le 29 octobre 1774 : « Vous serez indigné de voir les superbes peintures du Palais-Royal transportées sur de nouvelles toiles et repeintes et vernies, comme s'il s’agissait:de décors d'opéra — du moins tel fut le sort d’une demi-douzaine des meilleurs tableaux, il y a trois ans. »
Le quatrième et dernier propriétaire de la galerie fut celui que l’histoire appelle Philippe-Égalité. On a l'impression fâcheuse que son titre de duc de Chartres lui pesait; sur ses instances, son père lui céda le Palais- Royal en 1780, mais il connaissait ce fils et réserve expresse fut faite pour les trésors d’art et la bibliothèque. Aussi bien Philippe ne vit-il jamais dans les merveilles dont il hérita qu'une mine d’argent, une spéculation financière. Toutefois il introduisit au Palais-Royal un nouvel élément de curiosité : un musée des sciences et métiers où fut exposé pour la première fois, croyons-nous, un tableau à horloge. Ce prince flattait le goût de l’époque et cherchait à se rendre populaire.
La baronne d’Oberkirch visita, en 1782, ces collections; son récit est curieux par sa brièveté et par l’anecdote qui le termine. « Nous nous rendimes au Palais-Royal, dit-elle, on y montra les tableaux de M. le duc de Chartres et la galerie de l'Encyclopédie naturelle en petit. Les tableaux me plurent infiniment ; il s’y trouve quantité de chefs-d'œuvre. Quant au reste, je
n’ai pas la prétention d’être savante.