‹ La Galerie Médicis de Rubens au LouvreChapitre 22 sur 26 · LA REINE ACCEPTE LA PAIX · texte numérisé non relu

LA REINE ACCEPTE LA PAIX

Mercure a ‘été écouté. Il entraîne la reine-mère vers un temple où l’on reconnaît généralement le temple de la Concorde. Il faut pourtant ne pas négliger de lire la dédicace : SECURITATEF AUGUSTÆ et se souvenir que la reine s'appelait MARIA AUGUSTA, Et tout ceci pour faire bien :savoir qué Marie ne consentit à traiter que lorsqu'on lui eut donné des garanties solides : le traité d'Angoulême, du 30 avril 1619, négocié par Richelieu, l’autorisait à disposer des charges de sa maison, à demeurer où elle voudrait, et lui donnait le gouvernement d'Anjou, avec le château d'Angers et Chinon ; c'est ce qu'on appelait alors des places de sûreté : securitati augustæ: La Paix renverse le brandon de discorde et, à. ses pieds, l’armurier de l'atelier Rubens a peint sagement une nature morte de morions, cuirasses, brassards et mousquets désormais inutiles. Les partisans de la reine ont consenti à déposer les armes. La Fureur aveugle — le personnage à les yeux. bandés — s'élance, armée de serpents, dans l'attitude fameuse du gladiateur combattant ; la Perfidie «et l'Envie s’agitent aussi, et font un effort désespéré pour émpécher la reine d'entrer dans le temple qui garantit sa sécurité. Vain espoir ; elle y atteint déjà, conduite par Mercure.et peut-être par. l'Innocence. (Ces mauvais génies. irréconciliables que représentent-ils donc? Si l'on voulait nommer leurs équivalents historiques, c'est la faction de. Euÿynes qu'il faudrait rappeler. Avouons; avant dé: le condamner, que:le langage allégorique ne fournit pas seulement de grandes ressources pittoresques ; il est d’une incontestable commodité pour traduire par de. vigoureuses périphrases. ce:que l’on ne pourrait dire qu'à voix basse, si l'on prononcçait les mots propres. Cette. allégorie. pourrait s'intituler :.Capitulation du Roi aux traités d'Angoulême et d'Angers. |

20, :— LA RÉCONCILIATION DE LA REINE-MÈRE Li VU ET DE: LOULS AIT

Une fois toutes les garanties accordées, la mère et'le fils : purent enfin se rencontrer, le 5 septembre 1619, et passèrent, en: Touraine, quinze jours ensemble. Au: dire de Richelieu, durant ces deux semaines, le roi fut auprès de sa mère, un. fils tendré et empressé: Pourtant le rapprochement n’était pas absolument sincère et Marie ne fut, sans doute, pleine- : mént rassurée que lorsque de Luynes mourut de la fièvre pourpre, deux ans plus tard. Est-ce sa faction qui croule, foudroyée ? Le châtiment vint du ciel. Auprès de le France. qui tient: lé gouvernail, un génie dépeigné par sa violence, foudroie, d'un geste furieux, un monstre effroyable. Les animaliers de l'atelier Rübens ont combiné une bête étrange ; ‘il y a là des griffes, des pattes, des gueules enflammées ét rugissantes, des replis de serpents, des ailes d'oiseau nocturne et surtout un ventre merveilleux . de lion culbuté.'Cette hydre est vraiment épouvantable et celle qui tua Henri IV paraissait, certes, moins méchante. Dans l'atmosphère ainsi purifiée, on voit s'élever le couple tendre de la mère et du fils; elle est charmante, cetté reine lumineuse vers laquelle s'incline si affectueusement ce beau jeune dieu. Auprès d'eux, une mère étreint son enfant qu'elle: vient de retrouver; car elle n’est pas reine et peut montrer sa tendresse maternellé. Et ainsi se trouve démontré que seuls ceux qui haïssent la France s ‘opposaient à l'union dé la mère et du fils ; les ennemis de la reine-étaient aussi ceux de l'Etat.

Le titre historique de cette allégorie devrait être : Ja Mort de

Luynes en 1621,

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