OBSERVATION IV
(Schuster. — Arch. für Dermatologie und Syphilis, 1889.)
En juin de cette année, on m’adressa un homme de trente-
sept ans, paraissant bien constitué et qui présentait une gan-
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grène sèche des deuxième et troisièrne orteils du pied droit. Cet homme avait contracté la syphilis il y a plusieurs années. Quand la gangrène s'était déclarée, le médecin traitant l'avait alors rapportée à l’artério-sclérose.Ilavait pourtant ordonné des frictions mercurielles qui avaient semblé améliorer la gangrène.
Les orteils que j'ai indiqués étaient noirs comme du charbon, morts. Derrière le gros orteil on voyait une ligne de démarcation très nette. Le quatrième et le cinquième orteils sentaient encore la piqûre d'une épingle et étaient engourdis,
et le malade ressentait encore une sensation de froid qu'il
éprouvait aussi dans le reste du pied. Sur les régions dorsale ct plantaire on voyait quelques taches violacées peu étendues. On ne sentait pas les pulsations de l'artère tibiale postérieure, ni de la poplitée, mais celles de la fémorale étaient perceptibles.
Sur le pied gauche on notait aussi des phénomènes de syncope locale, il était lui aussi froid et engourdi. L’artère tibiale postérieure de ce côté n'avait plus non plus de pulsations perceptibles.
Avant l'apparition de la gangrène le malade avait ressenti pendant trois mois des douleurs violentes dans les deux pieds.
Du côté du système nerveux on ne notait pas d’altération. Le cœur était normal; pas de fièvre, bon appétit, insomnie par suite de crises douloureuses répétées. On ne pouvait déceler nulle part de traces de syphilis.
Comme cause de la gangrène je me ralliai pourtant à une lésion syphilitique des artères de la jambe, pour les raisons
suivantes. Il n'existait pas de diabète sucré et il ne s'agissait