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pas d'une maladie de Raynaud. On ne trouvait non plus aucun signe d'altération des centres nerveux.
Un traitement anti-syphilitique d'une durée de cinq semaines n'amena aucune amélioration. Les accès douloureux devinrent au contraire plus violents. Le quatrième et le cinquième orteils se gangrenèrent. La coloration violette de la plante du pied augmenta d’étendue. Il fallut pratiquer l’amputation de la jambe droite au tiers inférieur.
Les artères sectionnées ne lancèrent pas de jet de sang : celui-ci coula simplement un peu plus fort qu'après la section d'une veine.
La plaie opératoire devint gangreneuse elle aussi et ce ne fut qu'après sept semaines qu elle se couvrit de granulations de bon aspect. |
L'examen de la pièce opératoire montra dans l'artère tibiale postérieure, partant de la tunique interne et s’avançant librement dans la lumière du vaisseau, à peu d'intervalle l’une de l’autre, deux gommes grosses comme des lentilles. De plus en certains endroits les tuniques artérielles étaient épaissies.
On peut bien admettre que les gommes mettaient obstacle à l'arrivée du sang dans les orteils et que cette gène circulatoire était encore augmentée par le manque de contractilité du système artériel.
Le 5 octobre, la plaie opératoire a très bon aspect et va pro-
bablement se fermer après élimination du moignon osseux mortifié. Le traitement ioduré a été continué. Le pied gauche a repris sa température et sa coloration normales ; par contre les pulsations de l'artère tibiale postérieure restent
imperceptibles. ’
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Le 22 novembre, état excellent ; le moignon osseux est en
train de s’éliminer.
OBSERVATION V (Aune, — Thèse de Lyon, 1890).
R... Jules, trente-cinq ans, marinier du Rhône, entre le 13 janvier 1890, à l'hôpital de la Croix-Rousse; salle Saint- Pothin, lit n° 5.
Père mort à soixante-deux ans d’un catarrhe pulmonaire ;
mère vivante, non rhumatisante ; un frère bien portant. IL eut la fièvre typhoïde à l'âge de seize ans et resta malade pendant trois mois. Il nie l’impaludisme et la syphilis:cependant, de deux enfants qu'il a eus, l’un est mort à onze mois, l'autre est mort-né; un peu d’alcoolisme ; néanmoins, pas d'athérome. Au mois de juillet 1889, le malade a une attaque de rhumatisme articulaire aigu, qui débute par les articulations du pied, gagne les deux genoux, les mains, puis enfin les épaules ; toutes ces articulations furent prises successivement, et furent toutes extrêmement douloureuses et tuméfiées.
Pendant trois mois, le malade fut immobilisé dans son lit, puis les accidents aigus s’apaisèrent, mais depuis cette époque il ne put reprendre sa profession; de temps en temps il ressentait des douleurs dans les articulations; il n’a jamais eu d’essoufflement bien marqué, n’est pas gêné pour monter un escalier, n’a jamais remarqué d’œdème des membres inférieurs.
Pendant son rhumatisme, il se rappelle que le médecin qui
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le soignait lui avait fait placer un topique au niveau de la région cardiaque. Depuis un mois environ, le malade, qui s'était bien remis de son attaque de rhumatisme, avait remarqué que son appétit diminuait, que de temps en temps il vomissait le matin, quelquefois après avoir mangé.
Le samedi 5 janvier, le malade ressentit dans les doigts et le bras droit des élancements qui durèrent environ une demiheure ; en même temps la main et le bras étaient comme paralysés et froids. Puis ces accidents disparurent complètement. Le lendemain, le malade était dans son lit, à 9 h. 1/2 du matin, lorsqu'il fut réveillé bruquement par une douleur vive partant du bout des doigts et remontant peu à peu jusqu'au coude, lui arrachant des cris et se manifestant sous la forme d’élancements.
Pendant quarante-huit heures, eile fut intolérable, au point que le malade ne pouvaitrester en place.En même temps qu'il ressentit cette douleur, le malade s’aperçut que son membre était froid et inerte et qu'il avait perdu la sensation du contact.
Ces accidents durèrent environ huit jours. Depuis deux jours le malade a remarqué qu'il pouvait légèrement remuer le bras. La main et l’avant-bras sont devenus moins froids et il a recommencé à sentir.
Depuis le début des accidents, l’état général du malade est mauvais. Ila la fièvre, avec tous les symptômes concomitants : agitation, nausées, perte d'appétit, etc. Il entre à l'hôpital le 13 janvier. On constate alors ce qui suit du côté du membre supérieur droit.
Tout l’avant-bras et la main présentent une teinte viola-
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cée avec une légère tuméfaction. Cette teinte de sphacèle s'arrête un peu au-dessus de l'articulation du coude.
Les mouvements du bras sont encore possibles, mais ceux du poignet et de la main sont à peu près abolis. La mainest dans la demi-flexion sur l'avant-bras, et le malade ne peut la le en La main est froide, l’avant-bras l'est un peu moins.
Le malade ressent dans tout l'avant-bras et la main des douleurs lancinantes, mais bien moins vives que les premiers jours. On ne perçoit plus les battements de la radiale dans la gouttière du pouls. On perçoit ceux de l'humérale dans le tiers supérieur du bras ; mais, dans les deux tiers inférieurs, ils sont déjà moins perceptibles.
La sensibilité a disparu dans une région comprenant la main tout entière, et remontant au-dessus du poignet à trois travers de doigt environ. Dans toute cette région, la piqûre même profonde n’est pas sentie ; au-dessus, la sensibilité est absolument normale. La fièvre est vive, l'appétit est médiocre ; mais, malgré cela, l'état général reste relativement bon.
La pointe du cœur bat au niveau de la cinquième côte.
Les bruits de la pointe nesont pas bien frappés. Ils sont tous
‘les deux, et surtout le premier, légèrement soufflants. Au
niveau du troisième espace intercostal gauche, le long du sternum, le souffle du premier temps devient plus fort. Rien à la base. Le pouls est régulier et dé tension mayenne. Ni albumine, ni sucre dans les urines.
14 janvier. — Température : matin, 40% ; soir, 4o°5. On fait prendre au malade des bains boriqués et l’on saupoudre
les parties mortifiées avec un mélange de charbon, d'acide
180 et
borique et d'iodoforme. On administre en même temps des toniques.
16 janvier. — La fièvre, qui était vive hier (40°3) a un peu diminué ; elle est néanmoins toujours slevée Matin, 389 ; soir, 39°6. Malgré cela l’état général se maintient bon, et le malade mange avec un certain appétit. Il ressent pourtant toujours des douleurs lancinantes vives dans le bras et dans la main. À la main, toujours anesthésie complète à la piqûre, mais sensation de contact obtuse à la pression d’un doigt.
17 janvier. — Le malade a ressenti la nuit dernière des douleurs plus vives que les nuits précédentes. La zone d’anesthésie a augmenté de 4 centimètres du côté de l’avantbras.
Température : matin, 38 degrés ; soir, 39°,5,
18 janvier. — La zone d'anesthésie n'a pas augmenté. L'état général reste bon. L’abaissement de la température se maintient. Matin, 38 degrés ; soir, 39 degrés. Au toucher, on constate que toutes les parties anesthésiées sont froides et sèches. Les parties supérieures ont conservé la chaleur normale.
Du 18 au 26 janvier, même état général et même état local. La température oscille entre 38 et 39 degrés. Le 27, elle remonte à {40 degrés, mais cette ascension ne s’est pas maintenue. Le lendemain elle retombait à 38 degrés, et s'y maintenait jusqu’au 6 février, époque à laquelle elle retombe à la normale et oscille jusqu’au départ du malade autour de 37°5, variant de 2 à 3 dixièmes de degré.
1® février. — L'état général est toujours excellent.
Le malade mange avec appétit et ne maigrit pas. Du côté de l’état local Les douleurs restent sensiblement les
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