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cinquante-trois se seraient écoulés entre l’accident primitif et les manifestations artérielles.
Quoiqu'il en soit, on peut admettre, sinon affirmer, que la malade est atteinte d'affection spécifique.
L'étude de son histoirea montré qu'on ne pouvait admettre comme origine de la lésion des membres ni une intoxication, n) une compression, ni une embolie, ni une artérite aiguë.
Il s’agit d'une artérite oblitérante.
Est-ce une artérite oblitérante comme celles que l’on voit dans la gangrène sénile ? Il n'y a pas eu de prodromes, il n’y a pas de signes d’athérome généralisé ; l’autre membre est
sain quoique les battements de la pédieuse soient faibles.
S'agit-il d'une artérite syphilitique ? Sans doute, l'artérite des membres est rare ; mais elle a été observée. Sans doute la malade est loin de son accident primitif, mais on ne peut oublier qu'il y a cinq ans encore elle portait des syphilides cutanées. Enfin elle n'a jamais été traitée.
A son entrée salle Sainte-Jeanne, son état général était plutôt mauvais : la langue est sèche ; elle se plaint de tousser, et, en effet, elle a de l’'emphysème avec bronchite chronique; la température est de 36°8.
Il y a un peu d’albumine dans les urines.
Dès son arrivée. la malade a été soumise aux injections de bi-iodure de mercure à la dose de 6 milligrammes.
Le premier jour elle a reçu 8 milligrammes.
5 avril. — Elle dit que sa céphalée nocturne est moins vive.
6 avril. — La syphilide que la malade porte à la paupière gauche est moins apparente qu'au moment de son entrée.
7 avril. — On sent faiblement les battements de la fémo-
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rale dans le canal de Hunter. La malade déclare spontané-
ment qu'elle sent « commesi le sang passait dans sa jambe ».
8 avril. — Les battements sont plus nets dans le canal de Hunter.
9 avril. — On les sent en arrière du condyle.
13 avril. — La plaque de sphacèle qui existe sur la face
externe de la jambe est noire et dure, absolument insensible. -
14 avril. — L'état général de la malade a empiré: la céphalée nocturne a reparu ; la nuit est agitée; la malade empêche
ses voisines de dormir. Le chloral et la morphine n'arrivent
pas à la calmer. Les douleurs dans le membre malade sont très vives. La température oscille de 38 degrés à 39 degrés. La malade perd continuellement ses urines et ses matières fécales. k
La syphilide de la paupière est maintenant d'aspect nettement cicatriciel et pigmentaire.
En présence de l'aggravation de l'état général on se décide à l'amputation qui est pratiquée le jour mème à 10h. 1/2 du matin par M. Marion au tiers inférieur de la cuisse.
La malade succombe le 15 avril à 8 heures du matin.
Le traitement spécifique avait été suspendu le 13 avril.
Autopsie. — L'autopsie est pratiquée le 16 avril au matin.
La malade est obèse ; il y a une couche de graisse de3 travers de doigt d'épaisseur sous la peau de l'abdomen. L'épiploon, le mésentère sont complètement infiltrés de graisse.
Le petit bassin ne présente rien d'anormal. L'intestin sem-
ble plus court que d'ordinaire.
Le foie pèse 1.480 grammes ; il est légèrement gras et par endroits tend à avoir la disposition nodulaire.
Les reins pèsent 100 grammes chaque. Ils se décortiquent admirablement bien. Ils sont assez congestionnés. La substance corticale est légèrement atrophiée et présente quelques petits infarctus sous-corticaux. Les pyramides sont plus grêles que d'ordinaire.
Le pancréas est atrophié, perdu dans la graisse.
La rate est congestionnée, molle et pèse go grammes. A l'ouverture du thorax, les poumons ne se rétractent pas; le droit est assez congestionné. Ils sont emphysémateux tous les deux. d
A l'ouverture du péricarde on trouve un cœur plutôt petit, avec surcharge graisseuse abondante. Il est flasque, et, à la coupe, le myocarde a nettement une teinte de feuille morte.
La mitrale est légèrement épaissie. On y remarque deux ou trois plaques gélatiniformes, de couleur jaune, et n'ayant pas, au total, la superficie d’une pièce de 1 franc.
L’aorte, au niveau de sa crosse, est augmentée de volume, mais très régulièrement calibrée, sauf au-dessus des sigmoïdes. Ces valvules sont minces etsouples maïs, à leur niveau, en amont de chacune d'elles, existe une dilatation du volume d'une noisette. En examinant par transparence l'aorte à ce niveau, on voitqu’elle est amincie. En somme, il ÿ a trois petits récessus nettement sus-sigmoïdiens. Sur le reste de la crosse, il y a trois ou quatre plaques de couleur jaune très pâle, n’atteignant pas le diamètre d'une pièce de 50 centimes.
Une remarque générale est à faire sur le système artériel
de notre malade: elle a des artères petites.
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L'examen du cerveau a été très laborieux. On est parvenu avec beaucoup de peine à rompre la calotte cranienne. Au niveau du frontal l'os est très épaissi; le marteau s'y enfonce sans se briser. L'examen de l’endocrâne nous explique la difficulté de l'opération: à la face interne du frontal existe un grand nombre d’exostoses mamelonnées, atteignant presque le volume d’une noisette, se continuant avec le reste de l'os qui est très épaissi, adhérentes à la dure-mère. Il n'y a pas de lésions de l’encéphale. Un peu d’adhérence au niveau des sylviennes. Les hémisphères se décortiquent bien.
L'examen de la jambe amputée montra que la gangrène atteignait la plupart des muscles de la région postérieure sous forme de vastes infarctus lardacés d'un jaune cireux,
L'artère fémorale était saine. Les bronches de la poplitée, le tronc tibio-péronier, la tibiale postérieure, la péronière et la tibiale antérieure étaient oblitérées par places sous forme de segments de 1/2 centimètre à 4 centimètres de longueur.
Au niveau de ces segments, la paroi de l'artère est épaissie en virole, et la lumière ainsi diminuée est oblitérée à certains endroits pour un thrombus adhérent.
Dans l'intervalle des segments oblitérés, les lésions de l'artère sont nulles, minimes.
L'examen microscopique pratiqué : 1° au niveau de la fémorale dans son passage à l'anneau des adducteurs ; + au niveau de la péronière, montra des lésions absolument différentes.
1° Au niveau de la fémorale nous avons de l’endartérite Cette endartérite est oblitérante, non pas par simple végétaion de sa paroi, mais parce qu'il s’est formé à son niveau
un caillot, qui, en s’organisant, a complètement envahi la