‹ La Gangrène Des MembresChapitre 31 sur 34 · OBSERVATION IX · texte numérisé non relu

OBSERVATION IX

(Barthélemy. — V° Congrès international de Dermatologie

et de Syphiligraphie, Berlin, 1904.)

Il s’agit d'un homme de quarante-sept ans, qui a eu la syphilis à l’âge de vingt et un ans. Arthritique, mais très robuste, il s'est à peine traité, comptant que sa constitution triompherait facilement seule d'une maladie que les apparences montraient d’une nature bénigne. Dix ans après son chancre, il L ] se maria, il eut deux beaux enfants ; et, ce n’est que quelques années après qu'il se remit au traitemet mercuriel et ioduré. C'est que déjà des symptômes bizarres se montraient ; le malade étant couché, ses orteils se gonflaient, se boudinaient (vraies saucisses de Francfort), devenaient rouges, carminés et violacés ; il y avait de l’engourdissement et du refroidissement des doigts. Dès que le malade se levait et marchait, tous ces troubles circulatoires disparaissaient et les orteils redevenaient blancs, plus blancs peut-être que

normalement,un peu cireux. A l’érythrodermie succédait

l'anémie des tissus ; à la dilatation passive des vaisseaux succédait une vasoconstriction active. Le pouls pédieux était affaibli ; la température locale abaissée. Tout ce tableau symptomatique est bien connu. C’est alors que le malade se remit aux traitements mercuriels et iodurés. Mais il était déjà trop tard : à la claudication intermittente succéda la gangrène, dite sénile, des extrémités : plusieurs: orteils furent ‘ détruits du côté droit. Le côté gauche est moins pris, mais il est intéressé de la même manière. Le malade continua à être soumis aux traitements intensifs, iodo-mercuriels, intermittents et àrépétition. Dans l'intervalle, on prescrit le bicar- -bonâte de soude et une alimentation choisie en même temps qu'une hygiène parfaite. Le malade est remarquablement sobre ; il n’est pas diabétique et ne l’a jamais été. Le pronostic a été, dès le début, déclaré grave par M. Besnier à qui j'ai demandé avis. M. Marie, le brillant disciple de Charcot, a été du même conseil ; ila ajouté que, jusqu'à ce jour, les malades du même genre qu'il lui avait été donné d'observer étaient tous syphililiques sans aucune exceplion. En somme, la gangrène apparaît tardivement, et elle est préparée depuis

longtemps, ici depuis trois ans, par l’artérite spécifique.

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