LOUE
prophylaxie, il faut ne pas tenir un compte absolu des conseils de non-intervention récemment préconisés : « La chirurgie conservatrice a contre elle, dit M. Tuffier, le développement de lägangrène gazeuse et du tétanos ». Si l'on veut prévenir leur éclosion il faudra donc intervenir hâtivement, non seulement dans les vastes plaies anfractueuses, décollées, mais encore débrider ces petits orifices étroits qui cachent des trajets fistuleux, des clapiers, dont le drainage s'opère mal justement à cause de leur étroitesse même; on devra encore procéder à l'ablation des corps étrangers, projectiles, débris de vêtements facilement accessibles. Tout cela dans le service de première ligne « qui doit faire le nécessaire, tant que les circonstances le permettront, pour cette catégorie de blessés déjà infectés ou qui vont l'être ». On devra terminer ces interventions par une soigneuse désinfection. Il sera de plus nécessaire d’évacuer par des moyens, que l’on pourrait souhaiter plus rapides, ces blessés vers des centres très rapprochés où l’on devra immédiatement compléter ces premières interventions si les circonstances les ont rendues insuffisantes.
En résumé, le chirurgien appartenant aux formalions de l'avant ne devra pas abriter sa responsabilité derrière le pansement individuel fait hâtivement et dans de mauvaises conditions ; ou une quelconque application diode suivie d’un vague pansement; il devra toujours se rappeler qu'un débridement fait à lemps, un drain glissé dans un trajet, une large irrigation d’eau oxygénée seront les plus sûrs moyens de prévenir la gangrène gazeuse.