‹ La Gangrène Gazeuse et Ses Formes de DébutChapitre 4 sur 24 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Les recherches de Pasteur et Joubert en 1876, de Chauveau et Arloing en 1880, semblèrent prouver que l'agent microbien unique, spécifique, de la gangrène gazeuse était le vibrion septique, microbe strictement anaérobie. Un peu plus tard, en 1887, les expériences de Roux et Chamberland démontrèrent que le vibrion septique agissait surtout par la diffusion de ses produits solubles, de ses toxines, bien plus Se par sa généralisation dans l’organisme.

Cette notion de spécificité fut admise par tout le monde et sembla définitive pendant toute une période dont |a thèse d’agrégation de Forgue, en 1886, marque le plein épanouissement.

Cependant, elle fut mise en doute un peu plus tard, d'abord par J. Frænkel qui, en 1893, trouva dans 4 cas de gangrène gazeuse un bacille autre que le vibrion septique, et réssemblant assez à la bactéridie charbonneuse; par Chiari qui indiqua le bacille coli; puis par

REX) Lio

Lowe qui accusa un « bacillus aerogenes capsulatus ».

D'autre part, les travaux de Veillon, Hallé, Morax, Zuber, avaient montré que le vibrion septique n'était pas le seul agent pathogène capable d’engendrer de la tuméfaction œdémateuse et gazeuse et de produire de la gangrène, mais que certains autres anaérobies étaient tout à fait aptes à produire des affections gazogènes et gangreneuses.

Cette faculté même ne serait plus réservée aux seuls anaérobies, et certains aérobies, même le pyogène ordinaire, ont un pouvoir identique d’après les travaux de Chavigny, de Legros et Lecène. Ces derniers ont communiqué en 1901 (juin) à la Société de biologie : « Un cas de gangrène gazeuse aiguë mortelle » produite par un microbe qu'ils ont appelé « bacille septique aérobie ».

Nous connaissons en outre certaines affections comme le phlegmon emphysémateux du scrotum, certaines suppurations du voisinage de l'anus, l’angine de Ludwig enfin, s’accompagnant de formation gazeuse et de tendance à la gangrène; affections dues uniquement au bacille pyogène de l'urine, au bacille coli, au streptocoque.

Cependant de Kmabon (De la gangrène gazeuse bénigne. Thèse de Lyon, janvier 1902) dit avoir rencontré dans plusieurs cas de gangrène gazeuse, qui ont guéri facilement, le vibrion septique.

Nous ne pouvons présenter dans nos observalions qu'un seul examen de pus fait au laboratoire de M. le professeur Roger et où fut trouvé le vibrion septique accompagné de streptocoques (Obs. V).

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