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laissant échapper du pus mélangé à des bulles de gaz. Orifice de sortie de la balle a produit une plaie vaste, de mauvais aspect (gangreneux). Il y a en outre une fracture esquilleuse de l’humérus.
L'incision montre du côté externe un trajet fistuleux d’aspect gangreneux.
Incisions, contre-incisions. Drains.
Lavages eau oxygénée et eau phéniquée.
Le 4 novembre : en bonne voie de guérison.
Obs. VII. — Le nommé À. G.., blessé le 27 septembre.
Entré le 29 à l'Hôtel-Dieu. Plaie de la face postéro-externe de bras (schrapnell). Orifice de la dimension d’une pièce de 5 francs. Bords de la plaie abrasés. Par la plaie s’échappent du pus et de petites bulles gazeuses. Le fond de la plaie montre des tissus musculaires verdâtres, sphacélés. Immédiatement au-dessus de l’orifice la région deltoïdienne présente une couleur rougeâtre et de la tuméfaction. En pressant à cet endroit on fait sourdre par la plaie un pus verdâtre horriblement fétide. |
Débridement de la plaie. Abrasion de parties de muscles sphacélés. Contre-incisions. Drains. Grands lavages à l’eau oxygénée et à l’eau phéniquée forte.
Pendant 15 jours on fait deux pulvérisations par jour à l'eau phéniquée forte.
Le 2? novembre : Plaies en bonne voie de cicatrisation.
Dans les observations VIII, IX, X, les symptômes, quoiqu’un peu plus accusés, sont encore de même ordre; plaies anfractueuses à fond sanieux, à bords noirâtres, laissant voir des muscles nettement sphacélés. On trouve un peu de crépitation gazeuse autour de la plaie, et même une fois un liseré de couleur bronzée.
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L'un des malades (obs. VIIT) est opéré le jour même. Incisions et drainage. Guérison.
Un autre malade (obs. IX) est opéré seulement le deuxième jour; les lésions ont eu le temps d'évoluer et au moment de l'opération on se trouve en présence d’un vaste foyer crépitant de la majeure partie de la face antérieure de la jambe, et d'une poche d’où sort un liquide purulent et abondant. La température est à 409,5. Incisions, drainages. Grands lavages oxygénés, etc. Guérison.
Enfin le troisième malade (obs. X) est examiné le jour même de son entrée et le lendemain. Différence très marquée entre ces deux examens. La douleur éprouvée au niveau de la cuisse s'est considérablement accrue, ainsi que la coloration à ce niveau; la crépitation gazeuse, qu'on n'avait pas notée la veille, occupe tout le triangle de Scarpa (la plaie siège à l’union du tiers supérieur et du tiers moyen de la cuisse, face externe).
Incisions. Drains. Lavages. Guérison.
Ces deux dernières observations en particulier, montrent bien la transformation rapide de la plaie sanieuse et sphacélée en gangrène gazeuse envahissante.
3° Nous arrivons enfin à la forme la plus élevée de la gangrène gazeuse; celle que nous connaissons comme classique ct sur laquelle tout le monde est d'accord en ce qui concerne la symptomatologie. Dans cette forme on trouve un œdème dur, peu ou pas dépressible ; la peau est tendue comme celle d’un tambour; le rasoir passant sur elle rend un son métallique particulier; cet œdème se montre quelquefois très loin
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du foyer primitif. De plus, il existe toujours de la crépitation gazeuse et de la coloration bronzée; cette coloration s'arrête en général suivant une ligne assez nettement circulaire, toujours en deçà des gaz qui forment une sorte d'avant-garde à la marche des lésions. Souvent on distingue au delà de la coloration bronzée, les veines saillantes, distendues, bleuâtres, tranchant sur la coloration livide des téguments sous-jacents. Le membre est exsangue, froid; on y constate une diminution très nette de la température locale, appréciable à la main. La plaie a toujours le même aspect sphacélique, grisâtre, que dans les formes précédentes. Elle est horriblement fétide. L'état général marche de pair avec les lésions locales, et toujours, quand existe nettement cette coloration bronzée dont nous parlons plus haut, le malade devient inquiet, anxieux; il interroge le chirurgien sur son état, on dirait qu'il se sent mourir; sa respiration devient fréquente, ses extrémités se refroidissent et se couvrent de sueurs. La langue est sèche et la température généralement élevée.
Si l’on veut bien se reporter aux observations (XI-XII et suivantes) que nous serions obligé de transcrire ici presque entièrement, on verra que l’examen des blessés qu’elles concernent a toujours trouvé réunis la plupart des symptômes que nous venons d'énumérer. Dans ces cas, nous avons bien eu affaire à la forme la plus nette,
la plus élevée, la forme classique de la gangrène gazeuse.