ÉVOLUTION
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La gangrène gazeuse se montre toujours dans un délai très court après la blessure; c'est une complication des plaies récentes. Dans les statistiques de Julien, de Terrillon, de Morand, le début a lieu entre la 8 heure et le 6° jour. Salleron sur 65 amputés, tous atteints, l'a vu apparaître 58 fois dans la première semaine. Trifaud, reprenant une statistique de 123 cas, donne comme moyenne du l‘’au 3° jour. Dans la plupart de nos observations, la gangrène a été constatée à l'arrivée à l’hopital. Or, deux blessés sont arrivés le 2° jour, huit le 3 jour, encore faut-il ajouter à ceux-ci un neuvième blessé entré avec le diagnostic de gangrène gazeuse fait le 3° jour à l’ambulance où il avait été traité en conséquence, les autres entre les 5° et 6° jours ; un seul est entré le 10° jour.
Dans les deux tiers des cas le début a donc eu lieu avant le 2° ou le 3° jour.
Ce début une fois institué, la marche de la gangrène gazeuse est fatalement progressive si l’onn'intervientpas; etmême quelquefois, malgré l’intervention, la morta lieu
ne
soit que la grangrène continue à envahir le blessé, soit par atteinte de l’état général (obs. XXI). |
De plus pour nous l'apparition de la coloration bronzée semble être un signe de haute gravité, comme déjà le voulait Terrillon, pour qui «l'apparition de cette coloration était d’un pronostic fatal ».
Mais ici intervient une question capitale au point de vue opératoire, et par conséquent au point de vue pronostic, c’est la question de siège de la plaie. Plus cette plaie est proche de la racine du membre, plus le pronostic est sombre et inversement. En effet dans la gangrène gazeuse débutant à la racine de la cuisse par exemple, l'acte chirurgical sera forcément incomplet, et l'impossibilité de supprimer complètement le foyer, source de toxines, ne permettra pas au blessé, dont l’état général est déjà très mauvais, de lutter contre leur action néfaste. Si au contraire ces lésions de gangrène gazeuse massive atteignent seulement l’extrémité ou même la partie moyenne du membre, remohtant par exemple au coude, au genou, l'éradication complète de ce membre permettra dans certains cas à l’état général de se remonter, à l'individu de se mieux défendre.
Dans sept cas où l’on fut obligé d’intervenir énergiquement trois fois la plaie siégeait sur le segment supérieur du membre et la racine du membre était prise : résultat trois morts, l'opération ayant été forcément incomplète.
Obs. XIX. — Le nommé {..., 23 ans. Blessé le 21 septembre.
Entré le 25 septembre à Laënnec. Fracture compliquée esquilleuse de l'humérus à l'union des tiers supérieur et moyen.