‹ La Gaspésie en 1888 [microforme]Chapitre 5 sur 12 · PA AAA 3 PR RME · texte numérisé non relu

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et rapide à la mer, fait le trajet depuis 1883. Faites le beau :

voyage que nous venons de faire, Québecois et autres, et, si vous n'êtes pas satisfaits de tout, convenez que vous êtes incontenta.

bles, et restez chez vous.

Notre premier arrêt, après avoir quitté Campbellton, se fit à Dalhousie, sur la terre du Nouveau-Brunswick, à 13 milles en aval de Campbellton. C’est un petit village assez coquet, mais rempli de Blue Noses. N ous avons hâte d'arriver dé l'autre côté de la Baïe, pour y voir des villages gaspésiens avec leurs couleurs locales.

Nous passons Migouacha, où :

demeurait autrefois un médecin fort habile du premier empire: M. LaBillois, qui était venu

s‘échouer là, sur cette pointe isolée, je ne sais trop pourquoi et comment. En arrière de Migouacha, on aperçoit, perchée sur une montagne, l’église de Saint-Jean l’Evangéliste: c’est une paroisse de 19 ans seulement d’existence. |

Voici la Grande-Nouvelle, où a demeuré longtemps M. Joseph Rousseau, ancien Québécois, venu fort pauvre ici et où il a, cependant, trouvé le moyen de se faire une jolie petite fortune. M.

Rousseau, retiré des affaires depuis plusieurs années, est mort il y a à peu près deux ans.

Sur le bord de la petite rivière de la Grande-Nouvelle, on voit encore une habitation qui me rappelle de bien doux souvenirs.

C'est sous ce toit que j'ai passé

plusieurs beaux jours de ma vie, bien rares hélas! dans mon existence tourmentée : cette habitation a été celle d’un frère bienaimé, que le mort impitoyable nous enlevait, il y a 13 ans.

Nous approchons de Tracadièche (Carleton), dont on aperçoit du pont du bateau, le village rangé en demi-cercle, avèc son église sur la côte, à une petite distance vers l’est, M. Blouin, vi- Caire forain de Mgr de Rimousni, demeure à Carleton, où il a charge des âmes de cette parvisse, Ilest fort estimé de ses paroissiens au bonheur desquels il consacre tout ce que Dieu lui a donné.

M. le Dr. Martin, le dé Juté du comté de Bonaventure à la chambre locale, demeure ici de-

puis plusieurs années.

C'est à Carleton qu'est né un homme fort distingué; un compatriote qui a fait honneur à notre pays dans sa sphère: le Dr.

Landry, mort il y a à peu près quatre ans.

Je sais que c’est l’opinion générale, à Carleton et dans les autres paroisses de la Gaspésie, que le juge Vallières de Saint- Réal naquit à Tracadièche. M.

Faucher de Saint-Maurice a écrit quelque. part:—"“Carleton s’honore de compter parmi ses ‘enfants un des grands défenseurs de la race française, en Amérique, un homme d'Etat canadien, qui fut aussi un orateur et jurisconsulte distingué: M.

Vallières de Saint-Réal.”

À qui ou à quoi est due cette

rumeur ? Il serait difficile de le dire. M: de Gaspé, contemporain et ami du juge Vallières, dit, dans ses Mémoires, qu’il est né à Québec: tandis que Morgan, probablement parce que Vallières était un homme supérieur, le fait naître dans le Haut-Canada, la province de la race supérieure, comme a bien voulu nous le dire Un gouverneur en ribote. Je serais enclin à croire que c'est M. de Gaspé qui a raison.

nant registre en 1826; mais Car- Carleton devint paroisse teleton, ou plutôt Tracadièche, 5.

tait bien connue des missionna;res, même sous le régime frar..

çais. | Carleton possède un Couvent .

où les jeunes filles font de bonnes études: c'est ja seule maison

d'éducation de ce genre que l’on trouve dans toute la Gaspésie.

.‘ Outre les beautés naturelles de la baie de Tracadièche, qui font l’admiration du touriste, il y a, pour le colon, de bonnes terres, sur le sommet des hauteurs couronnées de beaux bois.

. La paroisse de Maria, qui date de 1860 seulement, vient après Carleton, et elle ressemble au lendemain, c’est-à-dire qu’on y touche sans la voir: il faut dédoubler une longue pointe suivie d’une batture courant vers le large. Cette pointe, sentinelle avancée de Maria, nous en masque l'église et les maisons assises en demi-cercle autour de l’anse: c’est là que se trouve le village avec M. le curé Gagné (Jacob) et M. Lussier, ancien

instituteur devenu, depuis plusieurs années déjà, inspecteur des écoles du comté de Bonaventure.

Les habitants de Maria s'occupent d'agriculture, et l’on trouve d'excellentes terres en arrière des hauteurs, qui sont la he: Continuation des Montagnes de y Tracadièche.

Cascapédiac avait une mission Sauvage dès 1831: on voit en- Core la pauvre Chapelle où le curé de la paroisse va dire la messe une fois par mois. L'égli.

se est située à une lieue à l’est de cette mission, sur ün cap où l'oeil la découvre facilement du pont du bateau. M. le curé François Gagné, homme d’un grand zèle, Mourait là, il y a six

ou sept ans. ‘ -

Cascapédiac est borné à l’est et à l’ouest par deux rivières du même nom: la Grande et la Petite Cascapédiac, ou la rivière de l'Est et la rivière de l'Ouest.

Cette paroisse est une des plus avancées sous le rapport de l’agriculture, et ses beautés naturelles attirent l'attention du voyageur.

IH ya place ici pour plusieurs colons tout le long des deux rivières que j’ai nommées et dont vous aprecevez l’embouchure du pont du bateau. Ses deux cours d'eau, qui enceignent amoureusement cette belle paroisse de leurs larges bras, sont remplis d'excellents poissons de difré-

- rentes sortes, et sont devenus

le rendez-vous favori de plusieurs gouverneurs de notre pays.

‘&rands pêcheurs devant Dieu et devant les hommes. (Attention! typographe : ne. mets pas

un accent aigu sur ce mot, à la place d’un accent circonflexe).

Les Anglais ont nommé Cascapédiac New Richmond, Fourquoi ?..... Parce que ces messieurs, soit ignorance, soit fanatisme, ont horreur de tout nom à désinence française autant, sinon plus, que les libres

penseurs ont horreur de l’eau bénite.

La paroisse suivante doit son rom au poisson appelé capelan, abondant sur ses côtes. "est la plus jeune paroisse du comté ‘ de Bonaventure après celle de Saint-Godefroy. Fondée l’'année même où Mgr Langevin prenait possession de son diocèse,

… en 1957, elle marche à grands .

à la Pas Cars la vie des défriche-

). ents eù de le colonisation, et el- .

É € sera, avant longtemps, à la ; T1 Jas-

ête de ses aînés, si rien ne vient entraver son essor.

On peut, à l'arrière de cette ocalité, former plusieurs paroisses de fort bonne terre.

| La paroisse de Caplan a eu pour premier curé M. Crétien, É nort il y 4 comme cinq ans, 1 entouré du respect et de l'amour à le ses paroissiens, qui le regret-

"% ent encore. On peut dire que : | “ M. Chrétien, qui fut tout dévoué j |

aux intérêts de l'agriculture et le la colonisation, a été le fondaeur de cette paroisse.

Bonaventure a buur curé M.

hivierge, qui s'occupe beauoup de la colonisation. D'après

ce monsieur, il y a. le long de 1 rivière Bonaventure, du terrai de première qualité et sur un profondeur d’au moins 80 mil les: l’espace nécessaire à la for mation d’une quinzaine de pa roisses.

Cette paroisse a des registre:

qui remontent à près d’un siècle à 1791. C’est la plus‘ancienne paroisse de ce côté-ci de la Baie.

des-Chaleurs; elle est habitée presque en entier, par des des.

cendants d’Acadiens, cette race forte qui, semblable à la race ir.

landaise, a été persécutée d’une manière odieuse par les Anglais, mais qui a conservé sa foi catholique et l’a transmise avec 2amour à ses enfants.

On parle encore ici de M. Alain, qui, Acadien lui-même, a é-

té le curé de cette paroisse d’Acadiens durant plusieurs années.

C'était un beau type que c: prêtre regretté ! Il avait l’âme belle et franche, le coeur généreux, un coeur d'enfant; avec cela, des allures, un parler à faire croire, à première vue, à un avaleur de sabres, à un casseur de vitres, et, cependant, sous cette écorce, un homme qui n'aurait pas voulu faire de mal à une moÿche !

. Dors en paix, prêtre selon le coeur de Dieu; que la terre ta soit légère, toi qui voulus bien

m’'honorer de ta franche amitié!

Mais nous voici au chef-lieu du comté: New-Carlisle. Ceux des Acadiens qui n’ont pas la mâchoire tournée à l’anglaise ont fait de ce propre nom: Nos

Caringues. Ma foi! ça vaut

Joli-Coeur, endroit de l’Acadie, dont les Anglais ont fait Jolly Cure. :

‘Le chef-lieu du comté serait à Paspébiac, à 4 milles plus bas, sans la maïson Robin, qui ne veut voir autour d’elle que de la morue. Il faut bien convenir, malgré soi, que ces Jersiais sont de terribles écrevisses.

New-Carlisle offre un joli Coup d'oeil, et de la mer où nous le voyons maintenant, et du-côté de la terre, où la vue n’a d'autre borne, sur la Baie, qu’une ligne bleuâtre noyée dans les eaux et formant la côte du Nouveau- Bruswick.

Ici demeure M. le juge Winter, gentilhomme dans la force du terme et père de M. l’abbé Winter, ci-devant curé de l’Isle-

Verte. M. Winter, avant d'étre fait juge, a eu des. épreuves grandes, cruelles, et qu’un chrétien seul peut supporter sans fléchir. Pour l'aider : à faire face au malheur, Dieu lui avait donné une épouse digne de lui, et, plus tard, des enfants qui ont fait leur consolation. Salut, en passant, à cet ancien et courageux ami !

Mew-Carlisle est l'endroit qu’habite notre ci-devant gouverneur, M. Robitaille. Si j'avais à écrire l’histoire politique du comté de Bonaventure, dont New-Carlisle est le chef-lieu, il me faudrait plusieurs chapîtres pour faire voir au lecteur tous les bienfaits, toutes les améliorations que M. Robitaille, député, a vbtenus en faveur des habi-

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