‹ La Gaspésie en 1888 [microforme]Chapitre 6 sur 12 · EE · texte numérisé non relu

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tants de ce comté dont il a été le représentant 18'ou 20 ans. En un mot on peut assurer sans crainte que M. Théodore Robibis taille a été un des meilleurs aee mis des Gaspésiens: ce sera, plus tard, le jugement de l'Histoire impartiale. ‘ Nous sommes à Paspébiac, un des endroits les plus pittoresques du comté. Voici, sur le banc célèbre de “Paspébiac.” qui s’ai-

P longe dans la Baie, l’établissement principal de la maison Ro- :

bin.

Il y a une quinzaine d'années, je visitais, en compagnie du capitaine Forêt, d’Arichat, les ruines’ de Louisbourg, ce boulevard de la Nouvellè-France, fondé par de Costebelle et qui avait coûté 30 millior ; àu Trésor français. Ce

brave vieillard, le ‘capitaine Forêt, qui avait passé un demi-siècle sur la mer, ne savait ni lire, ni écrire; mais sun coeur d’Acadien seul lui suffisait -pour lire, sur les murailles démantelées de cette forteresse, les malheurs de sa race: ‘Allez seul dans ces ruines, me dit-il; allez-y sans moi: ce sol a bu trop de sang des nôtres pour que je le voieet le foule aux pieds, moi leur descen dant,” et ce vieux loup de mer avait des larmes dans la voix.

Je suis un peu comme cet Acadien: je n’ai pas le courage, comme tant d’autres, de m'incliner devant la maison puissante des Robin; je ne pourrais admirer les riches magasins, les demeures opulentes, les terres si bien entretenues de ces parvenus pleins

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de morgue et d’insolence: il y a, dans tout cela, trop des sueurs, du sang et de la misère des Gaspésiens. Ils sont riches, dit-on, en dépit de leur banqueroute, et la foule s’incline et adore ce veau.

d'or impur. Mais, avant de vous

aplatir ainsi, dites-moi donc

combien de pêcheurs cette puis-

sante maison a enrichis ?.,.:..

Pas un ! Où sont ceux qu'elle a aPPauvris et maintenus dans la misère ?....Partout et sur toute l'étendue de 1a péninsule gaspésienne !

D'ailleurs, quel lien commun, quelle sympathie peut exister entre nous et ces Jersiais ? Descendants de Français, ils abhorrent tout ce qui est français et ne parlent que l'anglais et très mal encore. De croyance catholique,

autrefois, ils se sont faits protestants et sont fanatiques à Ja façon de presque tous les renégats. |

Serait-ce donc leur instruction qui pourrait nous attirer vers eux ?.... Mais ne sait-on pas qu'on a dit que “l'éducation d’un Jersiais, sur la côte de Gaspé, ne dépasse pas la longueur comprise entre la tête et la queue d’une morue ?” et celui qui a écrit ceci, il y a comme un quart de siècle, avait parfaitement raison.

Serait-ce enfin leurs principes de moralité qui pourraient nous attirer vers ces hommes ?...Pour parler dignement de la moralité des Jersiais, en général, il faudrait avoir la plume pornographique de Zola, de Daudet ou de Gaboriau : je tire donc le rideau sur

.ce chapître dégoûtant.

M. Larivée, natif de Sainte- Luce de Rimouski, est le curé de Paspébiac depuis plusieurs années. Ila fait beaucoup de bien parmi les “Paspéya” assez difficiles à conduire, généralement.

Ce curé a su comprendre ses paroissiens, qui ne sont pas méchants, mais têtus; ilasus faire écouter et respecter de ces grands enfants, qui deviennent bruyants et batailleurs, lorsqu'ils ont du whiskey à bord. |

A l'arrière-plan‘ de Paspédiac, on trouve d'excellentes terres qui donnetaient l’aisance à des centaines de familles ayant le goût de l’agriculture.

L'existence de cette paroisse remonte à un demi-siècle à peu près ; «Mais ses archives renfer-

ment d'anciens registres idéposés là par les missionnaires, et dans lesquels on peut voir, comme je l’ai vue, il y a neuf ans, la signature du R. P. de la Brosse.

Saint-Godefroy est à deux petites lieues de Paspébiac, allant vers l’est. C’est une paroisse (èi-devant une mission desservie par M. le curé Larivée) qui ne compte qu’une dizaine d’années d‘’existence. M. Philéas Fortier en a été le premier curé: excellent coeur de prêtre, mais aussi prompt, plus prompt même, que la poudre que le feu touche.

Toute jeune qu'elle est, cette paroisse avait déjà, il y a 8 ans, des concessions d’habitées. La pêche ne se faisant plus dans les eaux du comté de Bonaventure, les habitants ont dû tourner leurs

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