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les femmes et les enfants s'occupent beaucoup de la pêche, et, afin de s’y livrer, négligent les autres genres d'industrie. Aussi, c'est aux magasins qu’ils prennent habits, chaussures, outils, meubles et provisions, pour les besoins de la famille ; ces articles coûtent fort cher sur les lieux, et il faut les payer en morue, qui n’est pas aussi abondante qu'ailleurs.
Depuis 1882, un poisson jusqu'alors inconnu a servi à augmenter les profits des pêcheurs ; c'est, par la forme et les habitudes, un véritable maquereau géant, ayant une longeur de dix à onze pieds, qualités qui lui ont valu le nom de cheval-maquereau. Telle est la grosseur de ce poisson, qu'un seul indiviäau de bonne taille suffit pour remplir trois barils ; or c'est une assez belle aubaine pour le pêcheur, puisque le prix du baril est de six piastres.
Le cheval-maquereau est fort, actif, et se
défend vigoureusement lorsqu'il est attaqué.
La pêche de ce poisson ressemble en petit à celle de la baleine. Une berge légère s’avance sans bruit vers le maquereau monstre, qui se joue à la surface de l’eau ; placé à l’avent de la berge, un homme lance contre lui un dard retenu par une longue corde, tandis qu'un second matelot veille à ce qu’en se déroulant, elle ne rencontre aucun obstacle qui l’arrête. | Le poisson frappé plonge et s'enfuit d’abord rapidement: mais, bientôt épuisé par ses efforts et par la douleur que lui cause sa blessure, il revient sur l’eau, où il est attaqué de nouveau
et traqué par ses persécuteurs, jusqu’à ce que
la mort mette fin à ses souffrances.
eu
L'agriculture est entièrement négligée, quoi-
que les terres soient bonnes dans les environs, | et qu'une dune, située à l'entrée de la rivière | lé Saint-Jean, fournisse une vase propre à former ë dé un excellent engrais. Les céréales réussiraient, | af
et la culture des pommes de terre serait profi-
t à | table pour celui qui voudrait s'y livrer. Un
nce | irlandais, établi ici depuis deux ans seulement,
| se en a vendu, le printemps dernier, pour la
e la valeur de soixante-quinze louis.
lard
un Juin, 27.
ant, : * i
À | Monseigneur de Sidyme termine une des
ES missions les plus consolantes pour lui, par un
or discours dans lequel il félicite les catholiques
a de Douglastown de leurs bonnes dispositions.
Ex À son départ du village, tous veulent avoir la
us satisfaction de l’escorter jusqu’à la goëlette, afin ï
at de recevoir une dernière bénédiction de sa
{ main, avant de se séparer pour retourner chez { eux.
uol-
ons, À L'Evêque avait témoigné le désir de visiter ère 1 l'établissement où les trois baleiniers de Gaspé mer à
déposent leurs prises. Plusieurs embarcations ‘| ont été préparées pour nous y conduire, et nous
profitons d’un vent léger, qui nous y pousse en
peu de temps. Après avoir passé le banc exté-
rieur, nous nous dirigeons vers une autre
pointe sablonneuse, qui s'avance dans le port et sur laquelle s'élèvent quelques chétives baraques ; là sont anoncelées des masses de lard de
baleine, que l’on fait fondre dans d'immenses
chaudières, afin d’en extraire les matières grasses et huileuses. Le résidu est employé comme combustible pour alimenter les feux.
Le dépècement se fait au large, ou dans un des hâvres voisins du lieu où la baleine a été tuée. Après l'avoir solidement amarrée Sur un des flancs du bâtiment, les matelots, ayant des crampons fixés sous la semelle de leurs lourdes bottes, descendent sur la masse inerte et glissante. Munis de tranches, de couteaux et de crocs, ils découpent la viande par longues bandes, qui sont enlevées au moyen d’un cabestan et déposées dans la calle. Les barbes
de la baleine sont arrachées soigneusement ; et
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lorsqu'on s’est assuré de toutes les dépouilles, à un signal donné, les travailleurs remontent sur le bâtiment, les amarres qui retenaient la carcasse sont larguées, et elle descend lentement
dans les profondeurs de la mer.
Les pêcheurs ne font aucune difficulté de manger le maigre de la baleine ; maïs les sauvages seuls ont le courage d’avaler le gras, dont le goût, suivant eux, ressemble à celui du lard. Il en découle une huile abondante, avant même qu'on l’ait soumise à l’action du feu. Cette première huile est bien supérieure à celle qu’on obtient par la chaleur des fourneaux ; aussi se
vend-elle plus cher que l’autre.
De la pointe au Pénouil, : où nous sommes
l'on aperçoit tout le port, avec une grande