‹ La Gastrectomie Pour Ulcère Est-Elle Une Opération Bénigne ?Chapitre 31 sur 34 · III. —— LES SOINS POST-OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

III. —— LES SOINS POST-OPÉRATOIRES

Les malades gagneront beaucoup à être isolés dans des boxes et même si possible dans des chambres particulières. La surveillanca confiée à un personnel éprouvé doit être constante. Les soins en déhors de ceux inhérents aux complications, lutteront contre. les principaux éléments du choc opératoire : en premier lieu, la déshydratation et la déchloruration de l’organisme. Donc, le premier jour, pratiquer un litre et plus de sérum chloruré isotonique, le lendemain un 1/2 litre et plus. |

L'alimentation sera réglée ainsi :

diète hydrique pendant 5 jours

le 6° jour, lait

le 7° jour, ajouter au lait, purée, confitures

le 8° jour, ajouter viande grillée.

Nous préconisons également :

a) le remplacement du bandage de corps large et serré, par un large leucoplaste qui est aussi efficace pour maintenir d'éventuelles éviscérations et qui diminue moins l’ampliation. de la base du thorax ceci pour lutter contre le facteur important de complications pulmonaires post-opératoires, à savoir, la diminution de la capacité respiratoire.

b) La pratique précoce d’exercices respiratoires actifs qui, en rééduquant le diaphragme, augmenteront cette capacité respiratoire.

c) La position assise et le lever précoce des malades : | ‘

Malade assis dans le lit, 12 heures ; au bord du lit, 36 heures ; sur une chaise, 48 heures. Lever, le lendemain.

Quant aux complications, c’est une affaire de cas d'espèce. Chacune sera traitée, dès son apparition, avec le souci constant d'interpréter le moindre incident à sa juste valeur.

La surveillance pulmonaire sera assidue, aidée au besoin de la radiologie. |

— s’il se déclenche des accidents aigus (cyanose, dyspnée sine materia), il faut recourir d'emblée, à l’oxygénothérapie, dont l'efficacité semble être plus grande dans les cas chirurgicaux que dans les cas médicaux.

— contre les complications pulmonaires postopératoires, la sulfamidothérapie s'avère l’un des moyens le plus efficace. La négliger, serait impardonnable. On administrera à doses importantes, par voie buccale ou par voie parentérale, les composés sulfamidés.

— soit la sulfathiazol,

— soit la sulfométhyldiazine mieux supportée méme à dose relativement élevée.

L'affaire la plus délicate semble être le traitement du choc opératoire :

— si les troubles vagotoniques paraïssent prédominer (apparence de choc anaphylactique), l’adrénaline, l’éphédrine, l’atropine pourront sauver le malade.

— si l’on pense être en présence de troubles réflexes d’origine sympathique (pâleur, hypertension, etc) on se rabattra sur les infiltrations novocaïiniques des relais sympathiques. (stellaires, splanchniques).

Tant s’en faut que nous ayons épuisé tout le vaste champ des conséquences de la chirurgie gastrique, mais on peut considérer toutes ces données, comme une base sûre permettant de « voir venir » avec la ferme conviction et la pensée réconfortante d’avoir mis tous les atouts dans son jeu.

Nous avons donc vu des chirurgiens avoir une statistique magnifique. Par contre, d’autres ne peuvent que rapporter (ou plutôt ne rapportent pas) des résultats médiocres.

Pour notre part, nous estimons que la mortalité moyenne en France oscille entre 10 % (P. Loupias) et 22,4 %, (notre statistique) et nous la croyons plus proche de ce second chiffre que du premier. — De- MIRLEAU, avant son arrivée en 1937, signale plus de 33 %, à l'hôpital de Tunis.

Nous avons perdu, il faut bien le répéter, 1 malade sur 5. Est-il possible d'améliorer ces chiffres ? Nous en sommes convaincus, si l’on fait attention à la préparation des malades pour l'opération, si l’on ne va pas à l’encontre des indications de la gastrectomie et si la technique opératoire est irréprochable. Alors, on

verra baisser le taux de la mortalité en dessous de 10 . | Nous n’avons pas cherché à minimiser la valeur de la gastrectomie, Bien au contraire, nous avons voulu insister sur le fait qu’elle est une opération bénigne entre certaines mains et grave entre d’autres, de facon à pousser les chirugiens à tempérer leur ardeur et à prendre les précautions indispensables ; et aussi, à inciter les médecins à faire opérer, sous le prétexte de bénignité, moins de malades justiciables d’un traitement médical. Nous espérons ainsi diminuer les exagérations actuelles des indications et par suite, augmenter la valeur de l’intervention.

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