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LAVAGE DE L'ESTOMAC

Cette question a été l’objet des plus vives controverses. Aussi, quoiqu’elle eut trouvé sa place lorsque

(1) Czerny et Rindfleisch de Heidelberg.

nous avons traité l'antisepsie des voies digestives, nous avons cru pouvoir en faire une question spéciale étant donnée son importance. Péan, dans sa première pylorectomie, pratique le lavage de l'estomac avec six litres d’eau de Vichy tiède (Guinard). Pozzi lave l’esto mac jusqu’à ce que l'eau en ressorte pure.

D'après Doyen, le lavage de l'estomac étant souvent mal supporté par les malades, il vaut mieux éviter de le faire et employer ses pinees à pression élastique. D'ailleurs, d'après lui, il y aurait peu de chances d’infection, l'analyse bactérioiogique lui ayant montré que les bactéries sont rares dans l’estomac. « Le lavage de l'estomac impuissant à desinfecter parfaitement la muqueuse gastrique, ne pourrait d’ailleurs pas supprimer la présence du suc gastrique dont le contact est aussi nocif pour la séreuse péritonéale que pour la ligne des sutures. »

M. Dubourg cite un cas de syncope après six lavages.

Tufer, Boiffin, Defontaine, dans leurs observations, ne parlent pas de lavages.

Schwartz fait deux lavages successifs, si toutefois le malade peut les supporter : l’un avant et le second pendant l’opération.

A l'étranger, Buchanan, Caselli, Georges Beatson rejettent ces lavages chez les nerveux, les affaiblis, leur reprochant de prédisposer au shock,

Czerny et Rindfleisch d'Heidelberg, dans leur inté.

ressant mémoire (1}que nous avons traduit avec le plus

(1) Ueber die an der Heidelberger chirurgischen Klinik ausgeführien operationen am Magen und Darm.

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grand soin, reconnaissent qu’une bonne partie de leurs derniers succès est dûeé au soin qu'ils ont mis à pratiquer le lavage de l’estomac avec de l’eau boriquée ou salicylée.

On voit que les avis sont très partagés. Quant à nous, nous avons vu pratiquer la gastro-entérostomie sans lavages et après lavages préalables. Tout en tenant compte du hasard qui s’attache à tout cas isolé, nous avons pu constater que, dans une opération qui fut faite sans lavages préalables, une crise de vomissements s'étant produite, il y eut, malgré toutes les précautions prises, irruption dans la cavité abdominale d’un liquide noirâtre, septique à coup sûr, car la conséquence immédiate fut une péritonite partielle dès le lendemain de l’opération. Peut-être un sérieux lavage de la cavité stomacale eût-il évité cet accident !

Aussi nous rallions-nous complètement à l'opinion de M. Jaboulay, opinion qu’il a d’ailleurs nettement

formulée dans son remarquable mémoire sur la gastro-entérostomie, paru dans les Archives provinciales

de Chirurgie. « Il suffit de réfléchir aux sécrétions normales et pathologiques qui se sont accumulées et décomposées au-dessus du barrage néoplasique pour comprendre l’absolue nécessité de ces lavages.., »

Deux questions secondaires se posent ensuite : d’abord : quand faut-il faire ces lavages ?

Certains chirurgiens ont fait des lavages préventifs, dans les jours qui précédaient l'opération ; d’autres se sont contentés d'un seul lavage le jour même de l’opéralion.

Reclus, chez une de ses malades n’ayant pu laver l’es-

tomac avec le tube de Faucher, dut, au moment même de l’opération après avoir tenté en vain le siphonnage par une boutonnière stomacale de un à deux centimètres, pratiquer une large incision de cinq centimètres qui donna issue à une masse énorme d'aliments les plus divers accumulés dans la poche gastrique.

Schwartz pratiqua d'abord le lavage préventif puis le compléta par le siphonnage qui avait échoué dans le cas de Reclus.

Pour nous, nous nous en tiendrons encore aux conclusions de M. Jaboulay :

« Si le malade peut supporter le lavage préventif, en user largement. Si le malade résiste, faire ce lavage en profitant de l’anesthésie. Nous y trouverons en plus l'avantage de pouvoir explorer plus facilement, grâce à la distension stomacale, la tumeur qui se trouvera projetée contre la paroi abdominale. »

Avec quoi faut-il faire ces lavages ?

Les liquides les plus divers ont été employés :

Eau tiède simple : Billroth.

Eau bouillie : Jaboulay, Villar.

Acide salicylique : solution à 1/1000, Rydygier; soiution à 2/1000, Ratimoff; solution à 38/1000, Kocher; solution au 1/10, Czerny. |

Acide borique : Heinecke, Jaboulay.

Solution de bicarbonate de soude tiède : Novaro.

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