CHAPITRE II
L'opération.
Nous proposons de diviser cette opération en cinq temps principaux, que nous allons successivement passer en revue et qui correspondent à des périodes bien distinctes dans le cours des manœuvres que le
chirurgien va avoir à accomplir.
Artemps. — Laparotomie.
2e temps. — Recherche de l’estomac et de l'anse jejunale. | 3 temps. — Établissement des boutonnières sto-
macales et jejunales.
4 temps. — Établissement de l’anastomose : procédé des sutures ; procédé des plaques ; anastomose en deux temps.
5e temps. — Réduction des organes et suture de la paroi abdominale.
4er TEMPS. — LAPAROTOMIE.
La laparotomie a été faite successivement suivant plusieurs lignes d’incision plus ou moins variées, Sui-
vant les goûts etles préférences de chaque chirurgien. Trois types principaux ont été particulièrement observés :
1° L'incision médiane suivant la ligne blanche et
allant de l’appendice xyphoïde à l’ombilic et mème audelà.
2 L’'incision oblique qui, commençant à deux doigts au-dessus de l’ombilic, se dirige à droite ou à gauche en suivant le rebord costal, mais en s’en tenant à quatre ou cinq centimètres. Cette incision a une longueur de douze centimètres.
3° L’'incision verticale suivant le bord externe du muscle droit du côté gauche.
& Uneïincision mixte dans laquelle, du milieu de l'incision verticale, on fait passer une incision transversale perpendiculaire à la précédente.
L'incision mixte a été préconisée par Richter et Lücke, par Jonnesco qui trouve qu’elle permet une exploration complète de la région pylorique.
* L'incision suivant le bord externe du muscle droit du côté gauche, pratiquée par Billroth, Mazuchelli de Pavie, n'offre aucun avantage. Rydygier, après l'avoir conseillée, la condamne comme favorisant la suppuration de la plaie. Billroth, Wülfler, Péan, Jesset, Th. Morse ont pratiqué l’incision oblique croyant éviter l’éventration dont Weir, Kocher et Wäülfler avaient signalé la possibilité avec l’incision médiane. Rydygier a démontré que l'incision oblique, au lieu d'éviter l'éventration, ne faisait qu'y prédisposer. Nous avons gardé enfin, pour la dernière, l’incision médiane. C’est
la meilleure. C’est celle qu’emploient Reclus, Dubourg, Villar, Pozzi, Czerny, Rydygier, Kocher.
La condition essentielle que l’on est en droit d’exiger de l’incision et qui est d'y voir le plus clair possible, est parfaitement remplie par cette incision que l'on peut d’ailleurs agrandir si besoin est.
« Mieux vaut opérer à l'aise et y voir clair, et avoir une incision trop grande » (Jaboulay).