BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. V
de la Table, et, en 1841, dans la collection Charpentier, à la suite de la Physiologie du goût de Brillât-Savarin, avec /'Art de dîner en ville du bon Colnct, son meilleur disciple.
En lisant la Gastronomie, il ne faut pas s'attendre à trouver la glorification des plaisirs de la table comme les comprennent certaines natures gloutonnes, qu'on retrouve dans tous les temps et chez toutes les nations. Sans parler des Romains, chez qui la satisfaction de l'appétit avait quelque chose de brutal et qui rappelait bien la vie aventureuse et guerrière d'une nation dont les insatiables convoitises se portaient sur tout, pour tout absorber, ne pourrait-on pas opposer aux habitudes françaises celles d'une nation voisine que nous ne voulons pas citer, mais que le lecteur saura bien nommer, où la gloutonnerie et la voracité romaine se retrouvent, exagérées peut-être, sans être compensées par les qualités éclatantes qu'on ne peut se refuser de reconnaître au peuple roi.
Y aurait-il un rapport à établir entre les habitudes gastronomiques d'un peuple et le degré de sa civilisation? Nous pensons qu'en effet les raffinements de la table doivent coïncider avec un certain développement intellectuel. Cependant il n'y a pas une corrélation aussi intime qu'on pourrait le supposer tout d'abord. L'histoire ne nous fait-elle pas connaître