BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. IX
lorsqu'ils eurent abjuré leurs coutumes grossières, faisant fleurir l'art délicieux qu'il chante. Lucullus est le premier en tête :
Au nom de ce grand homme Saisi d'un saint respect, je fléchis les genoux. Il était seul un jour : un cuisinier propose, Au moment du souper, d'en ôter quelque chose : « Tant de mets, répond-il, ne sont pas superflus; Lucullus aujourd'hui soupe chez Lucullus. »
Puis viennent des jugements délicats sur Marc-Antoine, Cléopâtre et son cuisinier, sur Apicius qui fit secte, et dont le nom fut attaché à plusieurs plats nouveaux.
Oublier les empereurs après ces gourmands de profession, c'eût été, Berchoux l'a bien compris, un crime de lèse-cuisine; aussi nous raconte-t-il les désirs infinis des estomacs de ces royautés gloutonnes, leur luxe singulier, leurs énormes festins.
Dans un repas célèbre, on dit qu'un de ces princes Mangea le revenu de deux grandes provinces.
Vitellius, Caligula, Claude, Géta, et surtout le fils d'JEnobarbus, sont peints de main de maître. Ce dernier lui a inspiré quelques vers qu'on croirait être tombés de la plume de l'auteur du Lutrin.
Mais comment parler des empereurs sans parler de Domitien? Aussi le poète nous donne-t-il un récit