‹ La GastronomieChapitre 9 sur 31 · BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. XI · texte numérisé non relu

BIOGRAPHIQUE ET LITTERAIRE. XI

jeune âge et lui fait retrouver sa jeunesse et sa vie. L'assassin lui-même trouvera à la veille de son supplice une dernière douceur dans son dernier repas, et si son gardien, touché de sa misère, ajoute quelque chose au pain noir de son cachot, il va mourir content. Ce tableau est bien enlevé et admirablement compris.

Mais Berchoux ne s'en tient pas là ; s'il aime glorifier l'art des festins, il ne craint point de semer de temps à autre son grain de malice, sa fantaisie au milieu de ce joyeux badinage. Qui sait? ce charmant poème n'est peut-être qu'une ingénieuse satire. Aussi est-ce avec une voix bien douce qu'il nous reproche de n'avoir pas su conserver le robuste estomac de nos pères : ce n'est pas qu'il regrette les festins monstrueux des âges anciens et l'appétit féroce du héros du curé de Meudon, à qui des bœufs entiers ne suffisaient pas; mais il se plaint de ce que, par une loi du progrès, notre siècle, ayant atteint l'âge de la mélancolie,.commence à oublier les bons rires, l'amour de la table, et les gais propos qui l'accompagnent. Charmante idée à laquelle Berchoux coupe court bien vite, et sur laquelle il aurait, nous le savons, si son sujet ne le limitait pas, bien du plaisir à s'étendre pour protester, comme il l'a fait dans d'autres de ses écrits, contre cette littérature rêveuse et mélanco-

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