UN VOYAGE EN CHEMIN DE FER
DIALOGUB CONJUGAL
Paroles et musique de M. Ch. Paul de Kook.
Ah! comm' ça va, Comm* ça va {bis) donc vite, ah I
Quel plaisir (bis), oui cela fend Tair, ah!
C'est charmant (6t«), comm'le cœur palpite, ahl Aux chemins [ter) de fer !
— Sous nos yeux tout fuit, tout passe.
Nous voilà bien loin déjà;
C'est Toiseau qui franchit Tespace, On se croit à TOpéra.
— Mais tâchez, ma chère amie.
Que ce monsieur, près de vous, S'approche moins, je vous prie.
— Mon Dieu, seriez-vous jaloux?
Ce jeune homme, je vous jure, Est honnête et très-poli ;
Pois, quand on est en voiturei On peut se presser ainsi.
Ahl c'est genti, c'est genti?
— Ah! quel ennui, quel ennui!
(Parltf.) Si j'avais su que l'on allait en omnibus sur les chemins de fer, certainement je n'aurais pas consenti à vous y mener... je ne peux pas souilVir être entassé comme ça... je suis susceptible de me trouver mal...
Comm* ça va, eto.
— Mais vraiment la route est douce.
Dans les airs on croit voler ;
Point de cahots, point de secousses,
On peut lire et travailler.
— Certes, ce monsiear abuse.
Madame^ il doit vous gêner.
— Il me demandait excuse, D craint de me chiffonner.
— Pour dire chose pareille, Je trouve bien étonnant Que l'on se parle à l'o?eile.
— Vous rêvez assurément.
Ah! c'est charmant, c'est charmant!
— Ahl quel tourment, quel tourment!
{Parlé.) Je voulais prendre un waggon
aussi... nous aurions eu plus d'air... mais ce petit blondin a offert sa main à madame pour monter ici... et cracl... eUe ne m'a pas sealement écouté...
Comm' ça va, etc.
--- Mais bientôt sous une voûte Nous devons passer, je croi ; Sans voir clair, faire la route.
Ce sera nouveau pour moi.
-- Voici ce passage sombre.
Madame, tenez-moi bien ; Prenez garde que dans l'ombre.
On ne vous dérobe rien.
— Je sens que l'on peut s'y faire.
C'est fort drôle en vérité;
Cela commence à me plaire.
J'aime assez l'obscurité. Ah! mon cœur est a^itél
— Ah ! diable d'obscurité !
I Parlé, ) C'est qu'on n'y voit pas plus clahr que dans un four! quelle idée de faire passer des voitures dans des caves , et le g'ouvemement qui tolère çal.., si du moins j'avais emporté mon briquet phosphorique !
Comm' ça va, etc.
^ Quoi déjà de ce passage Nous sortons, voilà le jour?
Ah ! de ce joli voyage, Je me souviendrai toujours !
•—Comme vous serablez émue; Vous avez donc eu bien peur?
— Ah ça I vons perdez la vue, Ou vous êtes fou, d'honneur I
— Vous êtes une coquette, Nous nous quitterons demain.
— Mon Dieu, je suis toute prête, Quittons-nous à Saint-Germain,
. Ah! que j'aime ce chemin!...
Ah! quel cruel destin!...
{Parlé.) Une femme que j'adorais !.«. pt>ar laquelle Je faiiais les plus grands sacrifices 1«.
je la menais tous les dimanches dtner & trente-deux sons, et le soir, je lui faisais entendre les concerts du jardin Turc... en dehors, sur le boulevard, et elle va me quitter an Pecq... le Pecq sera mon tombeau 1...
Ah! comm* ça va, Comm* ça va {oU) donc vite, ah ! Quel plaisir (6/*}, oui cela fend l'air, ah!
C'est charmant {/;/«), comm' le cœur palpite, ah! Aux chemins {tdr) de fer l
La mnsiqne se trouve chez Af. Crus, éditeur, 31, boulevard Bonne- ^'ouvelle.