‹ La gaudriole de 1860Chapitre 56 sur 112 · LE PETIT PARISIEN · texte numérisé non relu

LE PETIT PARISIEN

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Paroles et miisi<ine de M. Amédée de Beauplan.

Y a bé longtemps que j* roulons^ Quand est-ce donc qu' j'arriverons?

Et qu'un brin j' nous dégourdirons!

Il est bé temps qu'on nous débale, V'ià r soleil qui parait, enfin ; Man p'tit monsieu, maa bon voisin, Vous qu'èt' natif d' la capitale, Ça s'rait-i Paris qu' j'aperçois, C* beau grand clocher doré qu' je vois, Là ou c' que fument tous les toits, Où c' que d* l'eau coule cont' un bois ?

Quoi, c'est Paris, queu plaisir , queu bonheur!

Mais pourquoi donc qu' ça m' fait comm' un'

[frayeur?

Tous m'offirezpoliment d'être mon conducteur.

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Ben obligé, p'tit Parisien, J' Yois qu' vous avez l'âme bé bonne, Ici mé, je n' connais personne, Et j* viens d' Saint-Lô voir man parrain j . . Ben obligé, p*tit Parisien. { **'

Enfin^ nous v'ià dans c' bian Paris ; Sont- ils mouvants , font-ils des cris; On dirait des vrais ahuris.

Bon, v'ià 1' bureau d' la déligence, Y'ià qu' chacun réclam' ses effets :

Moi, j'ai deux mail', trois gros paquets, Un grand panier qu'a pus qu'une anse, Un sac de nuit et deux mann'quins Contenant du beurre et cinq lapins.

Je n' les vois point; ah! queu guignon !

Mé pauv* lapins, où c' qui sont donc?

— De vos lapins ne vous tourmentez pas, Le voisin va vous tirer d'embarras :

Je me charge de tout, pour vous plus de tracas.

— {Parlé en traînant beaucoup.) Quiens

Ben obligé, p*tit Parisien, J^ vois qu' vous avez l'&me bé bonne, Ici, mé, je n' connais personne.

Un p'tit peu d'aide est un grand bien, Ben obligé, p'tit Parisien...

y là mé lapins... j' lé vois, j' lé tien...

Ben obligé, p'tit Parisien.

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Dans c*te beU' voiture, ma foi , V'ià bé tous mes eflPets, je croi; Chezman parrain, conduisez-moi; C'est monsieu Bouclé qu'y se nomme, Coiffeur de la grande Opéra.

Pourquoi qu' vous fait' arrêter là?

Moi, déjeûner cont' un jeune homme?

Je n' sais point si ça n'est pas mal...

Quoi ! c'est ça qu'est 1' Palais-Rovalt I.é beir boutiques, V biau jardin !

C'est qu'j'ons toutd' même joliment faim.

C'tit Parisien m'a l'air d'un enjôleur. Mais v'ià V fricot ! Jarni la fine odeur.

Ma fé, puisque j'y suis, autant qu' j'y fasse hon- Je n'vous r'fuse point, p'tit Parisien, [neur. Car je sens qu' l'estomac m' demande; Pardon, si Tappétit m' commande; J'iron» tantôt voir man parrain.

Ben oblipé, p'tit Parisien.

Queu bon fricot, ça fait du bien.

A vot' s.inté, p'tit Parisien.

Je n' sais point "si j' dois accepter

Ces beaux bijoux qu' vous v'nez d'acheter ?

C beau chapeau bé fait pour tenter.

C'est qu' ça donn'rait bé d' la tournure,

Si j' voulions cor nous promener;

Ma fé, tant pis, j' vas m'en orner.

J' laissVons tout ça dans la voiture,

Quand j* descendrons chez man parrain.

Si ça s' ponvait, p^tit Parisien, J' voudrais bé voir les animaux, Les homm*s de cire et les tableaux.

I dit comm' ça qui n' peut point me r'fuser.

Mais, quoi qu* j'entends qui vient d' me pro-

[poser !

Comment qu' vous arez dit? un gentil p'tit

[baiser?

{Parlé,) TTn baiser, m' n'ami^ assez causé, bé des choses chez vous.

Neoni, point d' ça, p'tit Parisien, Vous m' prenez sans dout' pour une autre ? J' vois ton jeu, mais tu n'vois point T nôtre. On peut s' prom'ner, ça n* gâte rien ; Mais point d' baiser, j' vous V défends bien« Ke r tentez point, p'tit Parisien, Faudrait taper et ça n' vaut rien.

Bonté du ciel, v'ià qui fait nuit!

Voyez donc comme l' temps s'enfuit Quand on s'amuse et quand on rit.

Quoi qu' c'est donc encor qui m' propose :

Un bal costumé... quoi qn' c'est qu' ça?

Il est trop tard... j' n'entre point là...

J' voudrais pourtant connaît' la chose* Vous dit's que c'est ben amusant; Ma fine^ entrons un p* tit instant.

Je m'senstout'brav'soasc' grand chapeau...

V'ià-t-i du monde, ah! qu* c'est-i beau!

Les beaux pierrots^ le^beauz p*titâ postillons. V'ià-t-i des Turcs... Mais qui qn'j 'apercevons? Nonjen'm'abuse point, c'est bé lui qu'jvoyons. (Parlé Mec beaucoup d'accent et de débit.] Quiens, vous Y*]k ici, monsieu Bouclé, c'est-i plaisant da... v'ià ti un tour! Vous n' me T*mettez doDc point... Simonne Rabot .. Moi, j* TOUS r'metsben sous vot' perruque. Et c*tiot blondin (en appuyatU) d'vinez qui qn' c'est, man parrain... mafrinez-vous qu' c'est man Toisin d' gauche d* la déligence; j' l'avons pris à Quin (Ca0n), et d' puis c'matin que j' sis débarquée, go'a point d'honnêteté quin m'fasse; i n' veut point m' lâcher. ( Cette fin doit se dire tans respirer et de plus en plus wte) t I ma tout fait voir en voiture avec mes malles, mes paquets, ving^ livres d' beurre et cinq gros lapins qu' mon onc' a frais tués pour vous da..«

C'est man parrain, p'tit Parisien^

Que je r'trouve en porichinelle;

Pas vrai qu' l'aventure est nouvelle ?

J' vous rends vot' bras J' vas prendre TsieD ;

Ben obligé, p'tit Parisien.

Kmbrassons-nous, mau bon parrain,

Jusqu'au revoir, p'tit parisien.

La musique chez M. Meissonoier fili* 13, roe Dauphine

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