‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 39 sur 121 · I.KS TROGI.ODYTKS · texte numérisé non relu

I.KS TROGI.ODYTKS

court au village échu àXénophon. Tl rend compte do sa visite: « Les maisons sont creusées sous terre et, quoique l'ouverture on soit étroite, l’intérieur en est spacieux. Une entrée est pratiquée pour les bestiaux, mais les hommes descendent par do petites échelles. Il y a dans ces espèces de cavernes des chèvres et des brebis. »

Denys d’ITalicarnasse nous donne des renseignements analogues concernant les aborigènes d’Italie; nous ne sortons pas des temps historiques.

Virgile nous peint des Scythes vivant de la même manière:

Ipsi in defossis specubus secura sub alta Otia agunt terra (1).

« Ces peuples habitent de profondes cavernes, livrant aux llammes des débris de chêne et des ormes entiers qu ils ont roulé dans leurs antres. »

Nous apprenons par Pomponius Mêla que ces Scythes étaient des Satarehes.

Vous récuserez encore moins le témoignage de Strabon(2) qui nous montre des Troglodytes en Sardaigne, dans le Caucase, en Dardanie et en Ethiopie, le long du golfe Persique.

« Les habitants de la Sardaigne, dit ce grand et scrupuleux géographe, sont partagés en quatre peuples: les Parati, les Sossinates, les Ralans, et les Aconiles qui demeurent dam des cavernes.

« Sur les lianes du Caucase, dit-il ailleurs, ou rencontre quelques tribus de Troglodytes. Ils demeurent dans des cavernes cà cause du froid. Le climat, cependant, est assez tempéré chez eux pour que le blé y pousse. »

Ce qu’il rapporte des Troglodytes de Dardanie est curieux. « Quoiqu’ils soient assez sauvages pour habiter fies grottes,

t. Georg., III, v. 576. . . . n.

2. Strabon, p.225, 506, 769, 776. Un missionnaire du xviii0 siècle, le 1 tre Tachard, dit avoir retrouvé des moeurs analogues <\ celles^ des Troglodytes de Strabon chez les sauvages habitants du cap de Bonne-Espérance. Cl. Pierre Kolhe, Drsrripl. fin Cap, t. I. p. 232.

J.I'.S TUOC.LODYTKS

an milieu d'un las de fumier, ils foui usage d'instruments à vent et à cordes. »

Voilà des Troglodytes musiciens.

« Les Troglodytes d’Ethiopie forment un véritable peuple, quoique nomades. La communauté des femmes el des enfants v est établie à l’exception des chefs. »

Vous parlerai-je des Troglodytes ichthyophages des côtes de Carmanie et de Gédrosie, décrits par Diodore de Sicile, « dont les habitations étaient établies dans le voisinage île la mer, dans des rochers remplis de cavernes. Ils se nourrissent des poissons que la mer rejette dans les anfractuosités de ces rochers et qu’ils ont l’habileté d’y emprisonner. »

Mais au temps de Diodore on n’avait pas besoin d’aller en Asie, au Caucase ou en Éthiopie pour trouver des Troglodytes. Il en existait encore à la porte de la Gaule.

« Les habitants des îles Raléares , dit ce géographe, habitent le creux des rochers ou le sommet fortifié des montagnes. Ils vivent de leur chasse (1). »

Ne savez-vous pas que les Aquitains, au rapport de Florus, avaient conservé jusqu’au temps de César l’habitude de tirer partie des cavernes en cas de guerre, comme leurs ancêtres? « Voici, dit Florus, en parlant de l’expédition de César en Gaule, les divers incidents de cette guerre qui prit plusieurs caractères d’après la nature diverse des lieux. Les Aquitains, race astucieuse, se réfugiaient dans les cavernes. César les y fit enfermer. » Aquitani callidum r/entts, in speluncoa se recipiphant ; j assit includi.

Croiriez-vous que le roi Pépin au vm” siècle dut agir de même contre ces mêmes Aquitains? Nous le savons par le chroniqueur Éginard (2).

Traversons encore quelques siècles. Nous sommes en 1480. Le Vénitien Cadamosto aborde à Ténérilïe. Qu’y trouve-t-il ?

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