‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 41 sur 121 · I.ES TROGLODYTES · texte numérisé non relu

I.ES TROGLODYTES

les Pyrénées el clans les Alpes comme y vit la marmotte, comme y vivait naguères le bouquetin, ses contemporains des cavernes? Le lieben du renne abonde encore dans les Pyrénées.

Quelles preuves a-t-on si décisives qu’avec les Troglodytes de la Madelaine, de Cro-Magnon ou des Eyzies nous toucLions aux premières couches de populations que le soleil a vu éclore?

La Piaule est un pays qui, à regarder je ne dis pas seulement l’ancienneté de l'homme, mais l’ancienneté des sociétés humaines, est presque aussi nouveau venu dans le monde civilisé que la Nouvelle-Zélande découverte d’hier. Et nous prétendrions établir sur des observations faites en Gaule la hase de spéculations scientifiques touchant les origines de la civilisation !

On dit : Nous trouvons partout les mêmes mœurs chez les sauvages.

Singulier raisonnement.

Mais si ces races, soi disant primitives, avaient eu en elles les germes innés de la grande civilisation, pourquoi sont-elles restées stationnaires? Pourquoi les germes n'ont-ils pas porté de fruits? Pourquoi ces tribus sont-elles en Amérique, dans l'Inde, en Australie, aujourd'hui encore, ce qu’elles étaient, au temps d’Homère, en Sicile: en Sardaigne, au temps de Slrabon; aux Canaries, au temps de Cadamosto, sur tous ces points déjà au-dessous de nos Troglodytes de la Gaule?

Aristote ne raisonnait pas ainsi. 11 n'allait pas chercher au bas de l’échelle le type des êtres dont il voulait décrire les caractères essentiels et primordiaux. Il établissait, en principe, que : « la vraie nature d’un être se révèle dans son achèvement (1). »

Ce qui distingue l'homme d'après Aristote c’est « sa sociabilité, » ce sont « les idées morales du bien et du mal, du juste

1. Aristote, P', lit , liv. 1. ch. 1, §§ 0. traduct. Barthélemy Saint-Hilaire,

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