‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 5 sur 121 · Autriche · texte numérisé non relu

Autriche

DE L’ÉCOLE DU LOUVRE

Nous retirerons de l’examen du mobilier funéraire de précieux renseignements sur l’armement et le costume guerrier, épée, bouclier, lance et casque ; sur les insignes militaires, couronnes d’or, torques, bracelets, poignards, surlecbarde parade et le char de bataille.

Des vases grecs et étrusques, trophées de victoire renfermés dans ces tombes, sont un souvenir des expéditions de nos pères à l’étranger. Ces vases appartiennent à des séries datées. Ils sont donc particulièrement précieux pour nous. Nous les mettrons sous vos yeux.

Les cimetières gaulois se divisent en deux grandes classes. Les tumulus d’un côté, les cimetières à inhumation sans tumulus de l’autre. Ce dernier groupe se rattache principalement aux populations de la Belgique de César. Nous aurons donc à distinguer, avec l’auteur des Commentaires , les Gaulois des Belges. Nous insisterons sur les différences qui existent entre le mobilier funéraire des Gaulois et le mobilier funéraire des Belges.

Les Gaulois et les Belges étaient des conquérants. Que devinrent après la conquête les populations primitives? Une partie semble avoir été refoulée dans les contrées montagneuses du centre, ou, à l’ouest, dans les Armorîques ; le reste réduit à l’état de servage. Un fait, cependant, paraît certain. Au temps de César tout souvenir de la conquête était complètement effacé. La distinction des classes, fruit de celte conquête, en portait seule témoignage. L’origine du fait était perdu dans la nuit des temps. Faut-il s'en étonner? Le souvenir de la conquête franque n’était-il pas déjà complètement ellacé parmi les gallo-romains, au xu° siècle de notre ère. Nous aurons à comparer les deux époques (1).

Nous voici, messieurs, après une longue pérégrination, à travers les temps où l’archéologie, à peu près seule, nous a servi de guide, arrivés au moment où nous pouvons faire appel au témoiguage de l’histoire.

1. Cfr. Augustin Thierry. Considérations sur l’ Histoire de France, p. 3l2.

DISCOURS D’OUVERTURE

Nous nous efforcerons, avec le secours des documents archéologiques cl des textes, de tracer un tableau général de la Gaule au début de la conquête romaine.

Nous vous montrerons la population divisée en trois grands groupes, Aquitains, Celtes elBelges, chaque groupe en diverses nations, les nations en classes; équités, druides, plebs. Nous rechercherons l’origine de ces classes et de leurs prérogatives. Nous demanderons aux traditions irlandaises les renseignements qui nous manquent au sujet du druidisme.

Les Gaulois exerçaient, à cette époque, plusieurs industries. Ils exploitaient des mines de fer et d’étain, ils étamaient. Ils étaient habiles émailleurs. L’or recueilli dans les rivières leur servait à fabriquer des bijoux. Leurs potiers ne manquaien pas de goût. Nous poursuivrons, avec soin, les traces de ces diverses industries.

Le système défensif de ces populations, l’étude de leurs oppida nous arrêtera quelque temps. Le monnayage gaulois attirera aussi notre attention.

A l’époque gauloise succède l'époque romaine. Nous dirons peu de chose des campagnes de César, sujet aujourd’hui à peu près épuisé. Nous insisterons, toutefois, sur l’identification certaine à nos yeux d ’Alesia et d’Alisc Sainte-Reine, de Bibracte et du mont Beuvray. L’examen des fouilles faites à Alise, en partie sous notre surveillance (1), nous fournira l’occasion de parler du pilum romain , du javelot à amentum e! des balistes si heureusement reconstituées par notre regretté collègue et ami le général de Uetrye (2).

Mais ce que nous étudierons surtout, à l’époque romaine, c’est la politique des Romains en Gaule, politiqueéconomique, sociale et religieuse.

Nous assisterons à l’établissement du grand réseau des Voies romaines, flanquées de ces admirables Bornes milliaires dont M. Antoine Iléron de Yillefosse a dressé la carte pour la

1 . Le plan des fouilles avait été donné par le général Creuly.

2. Le général de Reffye était membre delà commission d'organisation du musée de Saint-Germain.

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commission do géographie historique. Nous verrons les grands centres de population se modifier et les habitants des plus célèbres oppida, Gergovia et Bibracte, descendre dans la plaine et se renfermer sous l’œil de l’administration romaine dans Auguslonemetum et Augustodunum. Certaines eaux thermales, Luxe u il , Vichy , Bourbomie-les-Bains, déjà connues des Gaulois, prennent alors une importance considérable. Des théâtres ou cirques et des établissements de bains s’élèvent au milieu même des campagnes comme à Sanxay dans l'intérêt des populations rurales. La Gaule se couvre de riches villas. Nous vous en donnerons la liste.

L’étude des inscriptions nous initiera à certains détails de l’organisation des municipes gaulois, et nous permettra de déterminer plus exactement l'emplacement des légions gardiennes des frontières , tandis que les milices civiles tinfssaicnt à maintenir l’ordre dans l’intérieur. Nous ne négligerons pas les questions d’impôt sur lesquelles les inscriptions nous fournissent également de précieux renseignements. Une leçon sera consacrée à l’étude de l’art en Gaule sous les Romains, architecture, céramique, statuaire. Nous aurons, à cet égard, peu de choses nouvelles à vous apprendre. Ces sujets ont été traités par d’habiles antiquaires. 11 n'y a plus qu’à glaner après eux.

L’exploration des cimetières romains à inhumation et à incinération, l’examen des stèles funéraires militaires, civiles et religieuses, le relevé des temples gaulois, fort distincts des temples romains ou grecs de la Narbonnaise, nous retiendra plus longtemps.

Mais nous insisterons, surtout, sur la politique religieuse des Romains, si sagement inaugurée par l’empereur Auguste. Nous nous efforcerons de vous faire comprendre comment par une suite de mesures habilement concertées, Rome sut détruire à jamais la puissante organisation des collèges de druides et abolir les sacrifices humains, sans blesser le sentiment religieux et les vieilles traditions de la race celtique, qui, vaincue par la supériorité du génie romain, ne fit aucune difficulté

DISCOURS i/ OUVERTURE

d’associer à sa vénération non seulement les grandes divinités du panthéon italien, mais les images des impératrices et des empereurs.

Le 11e siècle après notre ère est l’époque du grand épanouissement du panthéon gaulois. Les divinités gauloises sortent, alors, du nuage des conceptions poétiques. Elles prennent un corps à l’imitation des divinités romaines. Certaines de ces représentations sont de nature à exciter au plus haut point notre curiosité. Un grand dieu tricéphale se métamorphosant en triades composées tantôt de trois dieux, tantôt d'un dieu et de deux déesses ou d’une déesse et deux dieux, avec les attributs les plus bizarres: des cornes de cervidé ou de ruminant, un monstre marin à tète de bélier, l’attitude buddique des jambes repliées, le torques paraît dominer le monde des divinités inférieures, auxquelles sont consacrées les montagnes, les rivières, les sources thermales, certaines vallées et jusqu’à des groupes d’arbres, vieux débris peut-être de bois sacré. A côté de ces puissances localisées se place une divinité sans nom représentée par le swastika sanscrit, la croix gammée , dont les chrétiens ont fait un de leurs premiers symboles.

Du 1er au uie siècle la Gaule est, ainsi, en pleine prospérité. Elle est tranquille; les Gaulois sont heureux et riches. Le commerce fait leur fortune. L’ancienne aristocratie militaire a été remplacée par une sorte de Tiers-État , se recrutant parmi les hommes de métier, les affranchis, les patrons de corporations auxquels Rome avait su fort sagement ménager un accès aux honneurs municipaux, et à certains petits sacerdoces. Nous nous étendrons sur le caractère politique et religieux des Sevirs-Augnstaax.

Comment cette prospérité s’évanouit-elle, peu à peu, pour faire place, au commencement du iv° siècle, à une complète anarchie? Le monde était en transformation. Les bagaudes à l’intérieur, les barbares aux frontières, le christianisme, sous la forme alors de deux frères ennemis (les orthodoxes et les ariens), sapaient à qui mieux mieux le vieil

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édifice social. Les villes mal défendues sont saccagées. Les temples païens s’écroulent et ne sont remplacés que lentement par les chapelles chrétiennes.

Pendant ce temps les Francs, les Burgundes, les Visigolhs s’installent dans le nord, dans l’est, dans le midi, semant partout la terreur. Leurs cimetières, qui existent, permettent de contrôler le récit des chroniqueurs. La Commission de Géographie historique en a dressé la carte. Nous vous la présenterons.

L’étude des cimetières mérovingiens nous mettra à même de mieux apprécier l’origine et le caractère de la civilisation de ces tribus germaniques. Les bijoux, les ornements recueillis dans les tombeaux révèlent un art absolument distinct de l'art gaulois et de l’art romain. Le point de départ de cet art est incontestablement Byzance. L’armement du guerrier ou du prince ne se distingue pas moins de l’armement du légionnaire ou du chef gaulois du temps de Vercingétorix. Le tombeau de Childéric avait mis sur la voie. Nous pouvons rétablir aujourd’hui, au complet, l’équipement d’un des officiers de Clovis : épée, scramasax, angon, francisque, bouclier, boucle de ceinture, agrafes pour l’attache du manteau, rien n’y manque. Nous passerons en revue cette série d’armes et de bijoux.

Mé trompé-je, messieurs, mais il me semble que ce simple et aride exposé des questions qui s’imposent à nous, malgré sa brièveté, suffit à vous faire sentir de quel secours l’archéologie peut être et doit être pour l’historien.

Les premiers temps de notre histoire, pour qui tient un compte suffisant des découvertes récentes, se présentent à nous, en effet, sous un aspect tout nouveau. Permeltez-moi d’insister sur ce point.

Non seulement l’exploration méthodique des cavernes, des monuments mégalithiques, des cités lacustres, des cimetières gaulois, romains et francs ou mérovingiens, nous a fait connaître mille détails de la vie publique et privée de nos ancêtres inconnus jusqu’ici, nous révèle la présence de populations dont il y a quelques années, nous ne soupçonnions même pas

DISCOURS d’ouverture

l’existence, mais nous sommes infiniment mieux renseignés sur la marche générale et les origines de la civilisation en Gaule.

Au lieu d’une race unique, les Galls ou Celtes, plus ou moinsmélangée de Ligures et d’Ibères, nous apportant d’( trient quinze ou seize cents ans avant notre ère, une organisation sociale toute faite de source aryenne ou iranienne, nous nous trouvons en présence de deux ou trois couches, au moins, de populations primitives antérieures aux immigrations des Aryas en Occident.

Au nombre de ces premiers occupants du sol se trouve la race puissante qui a élevé les dolmens et dont les descendants forment encore très probablement la majorité des populations rurales du centre et de l'ouest de la France. Beaucoup de superstitions, de vieux usages, plus d'une iégcnde populaire appartiennent à celte première aurore de la civilisation indigène. Ces conceptions souvent bizarres, en désaccord avec notre état social actuel, sont restées empreintes dans certains esprits, suivant l'heureuse expression de sir John Lubbock, comme les fossiles sont empreints dans le roc. Il n’est pas indifférent d’en connaître l’origine.

On croit généralement et l’on enseigne encore que les germes de la grande civilisation nous ont été apportés par la colonie phocéenne de Marseille. L’archéologie démontre (pie la Gaule n’a rien dû aux colonies grecques de la Méditerranée en dehors de la monnaie et de l’alphabet. Le progrès nous est venu par la voie du Danube à la suite d’immigrants et de conquérants de race celtique. Celles et Gaulois. Le foyer de lumière a été pour nous non la Grèce ou l'Italie, mais le fond de la mer Noire et dans le lointain la Perse et l’Assyrie.

La doctrine classique fait partir de Gaule, de notre Gaule, les grandes expéditions militaires qui ont conduit les Gaulois à Home, à Delphes, en Phrygie. Bien plus, les Gaulois du Danube et du Pô seraient des émigrants du centre de la Gaule. Les faits archéologiques déposent contre cette théorie. Ils nous montrent les Gaulois établis d’abord à l’est du Rhin, puis à cheval sur les deux rives quand ils ont commencé à descendre

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en Italie. Le point de départ des expéditions de Grèce et d’Asie Mineure paraît avoir été les Noriques, la Bavière et le Wurtemberg. L’ouest de la Gaule y est resté complètement étrange;-. Les tribus voisines du Rhin et de la Saône y ont seules pris une part secondaire.

Le séjour primitif des Belges était la liesse, le Meklembourg et le Hanovre.

Les révélations de l’archéologie, relativement aux époques romaine et mérovingienne, rentrent plus facilement dans les données historiques généralement acceptées. Les faits nouveaux acquis à la science ont cependant leur importance. Si le cadre des recherches pour ces deux dernières périodes ne s’est pas notablement élargi, comme pour les périodes précédentes, la lumière s’est faite plus nette et plus vive surplus d’une question d’un haut intérêt; des questions controversées ont été résolues.

Le réseau des voies romaines a été presque partout reconnu sur le terrain.

Le déchiffrement des inscriptions romaines si nombreuses en Gaule et si bien interprétées, chez nous, par M. Léon Renier et ses disciples, a heureusement complété ce que les historiens latins et grecs nous ont appris de l’organisation de la Gaule sous Auguste et les premiers empereurs. Le rôle que jouait sous l’empire le grand conseil des Trois-Ganles réuni autour de 1 autel de Lyon, grâce à ces travaux, est aujourd’hui mieux compris. Mais le progrès le plus sensible est celui qui touche aux choses religieuses, à l’extinction du druidisme, au développement du panthéon gaulois, à sa fusion avec les cultes étrangers.

On ne se doutait pas du rôle important qu’avaient joué en Gaule, au premier et au second siècle de notre ère, les corporations de métiers. L’archéologie nous l’a révélé. On discutait sur l'époque de rétablissement définitif du christianisme en Gaule. L’archéologie est bien près d’avoir résolu la question.

Que de débats relatifs à l’origine de l’émaillerie? Les fouilles de M. Bulliot au mont Beuvray, les analyses chimiques de

DISCOURS D OUVERTURE

M. Henry de Fontenay ont mis liors de doute les droits de nos pères.

Que saurions-nous de la céramique gauloise et gallo-romaine sans les travaux des archéologues?

L’abbé Cochet afail revivre pour nous le guerrier franc que les textes étaient impuissants à nous représenter sous son véritable aspect. Je n’ai pas, je l’espère, besoin d’insister.

Une seule objection peut nous être faite. Sur quelles données positives s’appuient ces résultats? Ces données sontelles en nombre suffisant? Sont-elles indiscutables?

Nous avons le devoir de vous rassurera cet égard.

Les documents archéologiques se sont accumulés depuis vingt ans dans une telle proportion que nous n’avons, en vérité, que l’embarras des richesses. Non seulement les matériaux sont nombreux, mais les essais de mise en œuvre abondent. S'il y avait un danger il serait de ce côté. Chaque période a, aujourd’hui, sa bibliographie. Nous avons pu, au musée de Saint-Germain, former de ce chef une bibliothèque spéciale comptant déjà plus de six mille numéros (1).

L’archéologie, sous l’aspect nouveau où elle se présente aujourd’hui, a, vous le savez, ses congrès internationaux. La dixième session s’est tenue à Lisbonne (2) l'année dernière. Chacun de ces congrès a été l’occasion d'importantes discussions cl de belles publications.

Des Revues ont été créées en France et à l’étranger pour répondre à ce besoin nouveau. En dehors de la Revue archéologique qui, dès 1888, est entrée dans le mouvement et a publié la première les recherches de Troyon sur les stations lacustres , et les rapports de Lartet sur ses belles fouilles du Périgord, les Matériaux pour l’histoire de l'homme, fondés en 1868 par M. de Morlilletet continués par M. Emile Carlailhac sont à leur quatorzième volume.

1. Annexe n° t. Les seules séries composées de brochures, notes, articles de journaux, comptent déjà 210 volumes.

2. Après Neuchâtel, Paris, Copenhague, Norwich et Londres, Bruxelles, Bologne, Buda-Peslh et Moscou.

DK l'ÉCOLK DU LOL'VKE

A Mayence paraissent, sous l’habile et sage direction du Dr L. Lindenschmit, Les antiquités de notre passé païen : Die Alterthümer ùnserer heidnischen vorzeit, in-i, avec d’excellentes planches, dont trente-six livraisons sont déjà entre les mains du public.

La Suisse n’est pas restée en arrière. Elle possède, depuis 1855, son Moniteur des antiquités suisses, imprimé à Zurich, ayant par conséquent vingt-six années d’existence.

Vous parlerai-je des pays étrangers ? car jusqu’ici nous sommes restés en Gaule, sinon en France.

Croiriez-vous que la Suède à elle seule, pour quatre millions d’habitants, possède trois publications archéologiques officielles et onze journaux archéologiques vivant de leurs propres ressources ?

L’élan, vous le voyez, est universel, irrésistible. Vous pensez bien qu'un mouvement aussi accentué ne s’est pas produit sans que les musées y prissent part.

Le musée de Copenhague a donné l’exemple. Sous le nom de Musée des antiquités du nord , Thomson et son successeur M. Worsaæ ont créé un établissement modèle, le premier qui ait été classé chronologiquement et dont nous aurons souvent à vous parler. Vint ensuite le musée de Mayence, digne émule du musée de Copenhague. Lindenschmit, en introduisant dans son musée l’usage des moulages peints, a rendu le plus grand service à la science.

11 serait injuste d’oublier les musées de Stockholm, de Hanovre, de Kiel, sous l’habile direction de Mlle Meslorf ; de Bruxelles et de Namur, si bien classé parM. DelMarmol; de Trêves, Stuttgard, Garlsruhe, Sigmaringen ; de Zurich, Berne, Lausanne, Neuchâtel et Genève, qui sont comme les satellites des grands musées de Copenhague et de Mayence. Et les musées de Dublin, de Vienne, de Buda-Peslh, de Parme, Modène, Bologne, Florence et Borne. Je ne parle que des musées archéologiques. Vous en trouverez, en un mot, dans toute l’Europe classés, aujourd’hui, avec un même esprit de méthode et de netteté.

DISCOURS D’OUVERTURE

La France ne pouvait rester en arrière. Le 12 mai 1807 était inauguré le musée de Saint-Germain, notre Musée des antiquités nationales, l’égal, au moins, je ne crains pas de le dire, des plus beaux de ses devanciers.

Le musée et la bibliothèque du Musée des antiquités nationales sera notre arsenal de travail.

Pour les époques primitives, le musée du Trocadéro, avec sa magnilique collection ethnographique, nous servira d’auxiliaire. Nous y trouverons de précieux sujets de comparaison. Les conseils du l)r Hamy ne nous feront pas défaut. Les matériaux, comme je vous le disais en commençant, ne manqueront donc pas à nos études.

Les musées énumérés plus haut ont à leur tête les hommes les plus compétents. Tous les archéologues connaissent les noms des Worsaæ, Dr Lindenschmit, Dr Relier, baron de Sacken, John Evans (1), Franks, baron de Bonsletten, llildcbrand, Montelius, Sophus Millier, François Pulzky, Chierici et Pigorini.

De pareils noms sont une garantie de l’authenticité des objets recueillis, de la légitimité de leur classement dans leurs séries respectives.

Faire passer sous vos yeux les plus beaux spécimens, les types de ces séries diverses, vous les présenter dans leur ordre de succession chronologique, vous en signaler les caractères généraux sera donc, pour nous, une tâche relativement facile.

La difficulté véritable, la grande difficulté consiste à les interpréter, à les faire parler pour ainsi dire, à leur arracher leur secret, à ne pas leur demander plus qu'ils ne peuvent donner.

« Malheureusement pour les progrès de nos lumières, di- « sait Lamark (2) dans sa Philosophie zooloyique, au commen- « cernent de ce siècle, nous sommes presque toujours extrêmes « dans nos jugements comme dans nos actions, et il ne nous est

1. N'est pas à la tôle d’un musée, mais possède une collection très importante.

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