Polybe est né 204 ans av. .) -C
LINTR0DUCT10N DES MÉTAUX
les temps anciens n’ont pas été plus favorisés que nos contemporains. Ils n’ont même pas tenté ces explorations, faute d’y pouvoir réussir; car si les dangers sur mer sont grands et nombreux, sur terre ils l'ont toujours été bien davantage(l). »
La conquête seule, la conquête armée, ou l’établissement dans le pays de groupes nouveaux, suffisamment compacts et fortement organisés, sur des points restreints du territoire, pouvaient transformer les nations que l’antiquité confondait sous le nom générique de Barbares.
Le commerce et les missions religieuses y eussent été impuissantes et n’ont eu, en eilet, qu'une action très limitée. La force de résistance du Barbare arrivé à un certain état de développement social, est extraordinaire. Toute innovation apportée par l’étranger, même la plus utile, lui est suspecte; à plus forte raison quand il possède les richesses les plus indispensables à l’existence, les animaux domestiques et les céréales. « Le Barbare, dit M. Tylor (p. 185), est obstinément conservateur: il a plus de foi dans la sagesse de ses ancêtres que dans les faits les plus évidents. »
Ces digressions, messieurs, m’ont paru nécessaires. Vous serez moins étonnés, maintenant, de retrouver la Gaule, après la première introduction du bronze et partiellement du fer, à peu près dans le même étal qu’à l’époque où la pierre polie régnait sans partage.
Les mœurs générales n'ont pas changé. Il semble même que les premiers rapports de la race des dolmens avec les représentants de civilisations plus avancées aient eu surtout pour effet de surexciter leur émulation dans le sens de leurs vieilles coutumes, sans les pousser à en sortir.
Les plus belles sépultures mégalithiques où figure encore la pierre polie sont, en elfet, celles où le bronze commence à paraître. Cette opinion n’est pas seulement la mienne : elle est celle de M. Cazalis de Fondouce, elle est celle de M . Frédéric de Rouge-
1 Polybe, I. III, ch. 58. — Consultez Heeren [Politique et commerce desanciens, 1. p. 80) sur l'impossibilité où l'on était dans l'antiquité de voyager en Orient et en Kurope en dehors de la G iule et de l’Italie, sinon par caravanes.
EN OCCIDENT
mont (4) qui déclare qu’à son avis, «les mégalithes gaulois ont été érigés en très grande partie pendant l’âge du bronze et auraient vu leur nombre s’accroître pendant celui du fer » ; elle est celle de M. .lames Fergusson qui voudrait même rajeunir outre mesure nos monuments (2) ; trois savants placés à des points de vue très différents et dont l’opinion doit être prise en grande considération.
L’ouest de la Gaule, surtout, resta longtemps immobile. Les rites funéraires ne furent point atteints.
Quelle est, en effet, la provenance des premiers objets de bronze, de ceux qui peuvent être contemporains de l’âge de bronze Scandinave (3)? Sous quelle influence paraissent-ils avoir été introduits en Gaule?
Ces provenances sont : Les monuments mégalithiques , les cités lacustres, le lit des rivières , les cachettes , les tumulus où déjà paraît le fer.
Le nombre des monuments mégalithiques sous lesquels des objets de bronze ont été découverts atteint aujourd’hui la centaine, si nous ne comptons que ceux où se sont rencontrés des objets de bronze importants. Ils dépassent deux cent cinquante, si nous tenons compte des sépultures qui, comme celles de la Lozère et de l’Aveyron, renferment quelques grains de bronze, perles ou amulettes, mêlés à des parures où domine la pierre, ce qui est beaucoup sur un millier à peine de monuments explorés.
Ces deux cents ou deux cent cinquante monuments sont répartis entre une quinzaine de départements, savoir :
L’Ardèche, l’Aveyron, les Bouches-du-Rhône, les Côtes-du- Nord, le Finistère, le Gard, l’Hérault, le Lot, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Manche, l'Oise, la Haute-Savoie, le Tarn-el- Garonne, la Vendée (4).