‹ La Gaule avant les GauloisChapitre 82 sur 121 · Fréd. de Rougemont, L’dgedu bronze, p · texte numérisé non relu

Fréd. de Rougemont, L’dgedu bronze, p

2. James Fergusson, Rude Stone Monuments, traduction par l'abbé llamard, sous le titre de Les monuments mégalithiques de tous pays.

3. Nous verrons qu’il y a eu réellement un âge du bronze en Scandinavie.

\. M. Ernest Chantre, dans ses Éludes sur l’Age du bronze, a calculé que les seuls dolmens de la région des Cévennes avaient procuré à leurs explorateurs

h INTRODUCTION DES MÉTAUX

Les stations lacustres du bronze, les lacs de Zurich, de Bienne, de Neuchâtel, de Genève, de Morat, de Sempach, d’Annecy, du Bourget et le lac de Garde, en Italie (qui ne saui’ait en être séparé) nous offrent une récolte bien autrement abondante.

La plupart de ces bronzes lacustres, les armes surtout, et particulièrement les épées, touchent à la perfection. L'alliage est l'alliage le plus pur (neuf parties de cuivre contre une partie d’étain). Les formes en sont élégantes, je dirais helléniques; ce sont celles que l'art étrusque a choisies et placées dans la main des héros d'IIomère. L'ornementation de certains bijoux est rehaussée à l’aide de combinaisons d’ambre, de corail et d’étain. Sur un bracelet se remarque une incrustation de fer.

Le petit volume de Desor sur les Palafitles du lac de Neuchâtel , sa grande publication, Le Bel Age du bronze lacustre , vous édifieront sur la valeur artistique et industrielle de ces productions.

La source la plus abondante pour les objets de bronze, après les cités lacustres, est le lit des rivières ou la tourbe des marais. Les plus belles armes de nos musées ont cette origine, et le fait n’est pas particulier à la Gaule : la même observation a été faite en Danemarck et en Irlande; M. Worsaæ a même démontré que plusieurs de ces enfouissements étaient intentionnels et qu’à côté des armes de bronze se rencontraient parfois des vases d’une forme particulière, des vases liturgiques. Il en a conclu que ces dépôts étaient des offrandes aux divinités des fleuves et des lacs.

Des textes relevés par MM. Worsaæ, Beauvois et Waldemar Schmidt donnent à ces conjectures un haut degré de vraisemblance.

On peut admettre sans trop de hardiesse, disait M. Worsaæ à une séance de la Société des antiquaires du Nord(l), que « la plupart des trouvailles faites dans les lacs, les tourbières, le lit des rivières, ou sous de grosses pierres, du moins les plus caractéristiques doivent incontestablement leur origine à des pratiques roli-

591 objets de bronze de diverse nature; la plupart, il est vrai, de peu d’importance, constituant un septième environ du mobilier funéraire (2e partie, p. 60.)

t . Mém. de In Société des ont iq . du Nord à C openhague, 1866, p. 71.

EN OCCIDENT

gieuses et qu’elles représentent notamment des offrandes en l’honneur des divinités des eaux. Quelques découvertes faites dans les champs sous de grosses pierres ont le même caractère ( I). » Cette opinion explique comment il se fait que les objets en bronze, là où ils sont nombreux, soient accompagnés d’os d’animaux, de débris de poterie et de charbon ; que dans les tourbières on rencontre, de temps en temps, de grands pains de parfums, indiquant des offrandes aux dieux ; qu’on y trouve en même temps un si grand nombre de coupes et de vases d’or.

M. Waldemar Schmidt fait remarquer (2) que des squelettes de chevaux se sont souvent rencontrés près des armes brisées, et M. Streenstrup a déclaré, après examen scrupuleux, que ces chevaux portaient les traces de blessures faites avec l’épée. Enfin certains de ces objets avaient été fixés à des pieux au fond de ces tourbières à l'aide de chaînes.

Ces mœurs sont bien, d’ailleurs, celles des populations guerrières du Nord, Hyperboréens, Scandinaves, Cinabres ou Gaulois, telles que les historiens nous les ont dépeintes.

Si nous n’avons pas ici le témoignage d’Hérodote, puisque de son temps le Nord était le pays des ténèbres historiques, nous avons le témoignage de Tite-Live (3).

Tite-Live vient de raconter les exploits des Gaulois à la bataille de l’AI lia en 387 (4): «Les vainqueurs, dit-il, furent d’abord étourdis et comme stupéfaits de leur victoire. Ils n’osaient avancer, craignant des embûches ; puis rassurés ils se mirent à dépouiller les morts suivant l’usage de leur nation, dressèrent en trophée toutes les armes et les enfouirent sous des tumulus. »

Le fait signalé par Justin et par Strabon; cet amas d’or que les Tectosages jettent en offrande aux dieux dans le lac, introuvable jusqu'ici, de Toulouse, au retour de l’expédition de Delphes, a le même caractère.

1. Ces pierres, suivant M. Worsaæ, étaient adorées comme des divinités.

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