Voir ces découvertes salle V au musée de Saint-Germain
5. Découvert en 1865, actuellement au musée de Saint-Germain, salle V, vitrine centrale.
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cents pièces environ. Ce dépôt est actuellement au musée de Saint-Germain, où chacun peut l’étudier.
Les cachettes de ce genre sont particulièrement intéressantes en ce qu elles donnent des synchronismes précieux et nous montrent quelles sont les formes diverses qui à la même époque étaient en usage. Elles témoignent aussi de l’existence de certains centres de fabrication, ou d’entrepôt. Un beau moule de • hache en bronze faisait partie du dépôt sacré de Vaudrevanges. Toutefois les bronzes fabriqués en Gaule ont paru à tous ceux qui ont étudié la question avec soin, constituer une minorité, en comparaison des bronzes importés du dehors.
Les bronzes recueillis sous les tumulus funéraires nous sont d’un autre enseignement.
Tous ces tumulus sans exception sont, en Gaule, de l’époque du fer. L'épée de bronze et l’épée de fer d'un type primitivement calqué sur l'épée de bronze s’y rencontrent associés. Nous pouvons, nous devons en tirer deux conclusions.
La première est que les épées de bronze étaient encore eu usage en Gaule, après l'introduction de la civilisation du fer ; je dis civilisation à dessein. La seconde, c’est qu’il n’existe point en Gaule de sépultures intermédiaires entre les sépultures mégalithiques et les tumulus de l’âge du fer. Les rites funéraires pendant celte époque de transition s’étaient maintenus ce qu’ils étaient antérieurement. L’époque de transition a donc dù être très courte (1). Entre les deux périodes, âge de la pierre polie, âge du fer, aucun monument n’existe, attribuable à un âge du bronze pur.
Il n’v a donc point eu d’âge du bronze en Gaule, unâge du bronze comme dans les pays Scandinaves.
Tournons, en effet, nos regards vers le Danemark, où l’âge du bronze est si bien constaté.
Quel spectacle ce petit pays nous présente-t-il? Là point d’hé-
1. Ces conclusions paraîtront tout à fait légitimes à ceux qui savent avec quelle facilité les Gaulois, à toutes les époques où une influence étrangère sérieuse a agi sur eux, se sont empressés de modifier leurs coutumes ; époque mérovingienne,époque romaine, après l’époque des tumulus dont nous nous occupons ici.
l’iNTKODUCTION DUS MÉTAUX
silalion. A la période, aussi nettement caractérisée qu'en Gaule, des monuments mégalithiques, succède, à la suite d'une révolution peut-être lente et progressive, mais dont l’évolution a été relativement courte, une époque du bronze dont la durée ne saurait être évaluée à moins de sept ou huit siècles, cette époque n’ayant pris lin qu'au milieu du uc siècle de notre ère.
A la suite de l’introduction définitive du bronze en Danemark, un changement radical se manifeste, particulièrement sensible dans la modification des rites funéraires. Il est difficile de n'y pas voir la marque d'une invasion étrangère victorieuse, de l’introduction dans le pays d’une race nouvelle.
En Danemark, si la sépulture de l'âge du bronze est encore imposante, elle diffère très sensiblement de la sépulture de l'àge de la pierre. Plus de chambre mégalithique, plus d'inhumation, sinon chez des groupes très restreints d’un caractère spécial (1). Le rite de l’incinération triomphe.
Or, cette substitution d’un rite à un autre dans un ordre de faits qui tient à nos sentiments les plus intimes et les plus chers, à nos traditions les plus sacrées, est toujours l’indice d'une révolution profonde dans les idées et dans les mœurs.
Permettez-moi d’insister sur ce point. .Nous allons faire encore un détour, sans perdre de vue la Gaule, puisque avec lintroduction des métaux s’y montre aussi çà et là, le rite de l'incinération.
Rien n'est plus intéressant et plus instructif que l’élude des rites funéraires. Le rite funéraire est un des signes les moins trompeurs de détermination des groupes sociaux. La science des tombeaux, suivant la remarque de Jorio, est la science par excellence des archéologues. 11 y aurait là matière, non pas à une leçon, mais à une série de leçons des plus instructives. Je traiterai ce sujet avec développement une autre année; je me bornerai, pour le moment, à quelques considérations générales que je vous prie de vouloir bien graver dans vos esprits.
I . Ceux qui se faisaient enterrer dans des troncs d'arbres, conformément a certaines habitudes des populations du Caucase.
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Et d'abord la valeur religieuse et sociale des rites funéraires, dans la plupart des groupes indo-européens, aryens ou iraniens, est un fait historique indiscutable.
Les législateurs des premiers temps s’en sont tous préoccupés. Certains rites étaient imposés, certains autres rites absolument interdits.
Chez les Perses, sectateurs de Zoroastre, adorateurs du feu. les rites de l’inhumation et de l'incinération étaient également défendus. Les cadavres étaient abandonnés aux vautours, en plein air, sur des arbres ou dans des tours sans toit, usage qui s'est perpétué jusqu’à nos jours chez les Parsis.
Un chapitre (le ch. I) du Vendidad, de rédaction très ancienne, nous apprend qu'à la treizième station de l’exode des Iraniens vers la Perse, le fléau envoyé par Ahriman qui les persécute est la crémation des corps.il leur faut quitter une terre souillée par de si abominables coutumes. La vénération des anciens Perses pour le feu, fils de Ahura-Mazda et symbole ou émanation de sa grandeur, explique suffisamment ces préceptes.
Les Perses du temps de Darius attachaient encore une telle importance à ces prescriptions de leur religion, que, suivant Justin, un des articles du traité imposé aux Carthaginois après leur défaite vers l’anoOO, était qu'ils renonceraient à la pratique inhumaine des sacrifices humains, et inhumeraient les corps au lieu de les incinérer. Potius obruere corpora lard quarn cremare a rege jubebatur (1).
Dans l'Inde au contraire, chez les Aryens, l'incinération était le rite agréable à Indra. Aujourd'hui encore les brahmanes incinèrent, quelques sectes jettent les cendres dans les fleuves sacrés. Se faire inhumer serait une abomination pour un brahmane.
Les races dravidiennes, au contraire, et touraniennes, les races inférieures habitant l’Inde paraissent avoir toujours inhumé.
L’inhumation pourtant n'était pas repoussée par tous les groupes aryens. Un sait qu’on ne brûla pas le corps de Numa, parce