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Il (l(''(liiiiiil la n'S])onsabilité des Nioh'iiccs commises pai' h; peuple eonlre les Juifs. « Je ne vous eoiiliains pas pjii- la Ibree à confesseï' le Fils de Dieu, leur disail-il, je vous le prêche et je confie à vos cœurs le sel de la science, car je suis le })asleur élabli par le Seigneur pour conduire ses brebis ; el le vrai pasleui' (|ui a soufl'ert pour nous a dit en parlant de vous qu'il a d'aulres brebis (pii ne sont pas de sa bergerie, qu'il doit aussi les amener afin qu'il n'y ait qu'un
Fig. 86. — Baptistère de Saint-Jean, à Poitiers (état actuel.
troupeau et qu'un pasteur. Si donc vous voulez croire comme moi, ne formez qu'un troupeau dont je serai le gardien; sinon, retirez-vous. » C'était une mise en demeure de se convertir ou de quitter la place : la communauté juive se soumit. Le pontife transporté de joie se rendit, la nuit de la Pentecôte (c'était en 575), au baptistère situé hors des murs de la ville ; là une multitude prosternée devant lui demanda le baptême. « Et lui, pleurant dejoie, dit Grégoire de Tours, les lava tous dans l'eau sainte, les oignit du saint clu'ême et les ri'unit tous dans le sein de TKglise leur mère. Les cierges brûlaient, les lampes jetaient un vifcM-lat ; loute la ville brillait delà blancheur de ce Iroupeau, et elle n'é-
prouva pas moins de joie qu'autrefois Jérusalem, quand 1 Saint-Esprit descendit sur les apôtres. » Ce fut un vrai triomphe pour Févêque Avitus, et qui fut célébré par le poète Fortunat. Cinq cents Juifs avaient été baptisés. Quant à ceux qui ne voulurent pas renier leur foi, ne se sentant plus en sûreté àClermont, ils émigrèrent à Marseille. Un prélatmoins doux les y attendait, l'évêque Théodore, qui, de concert avec Virgile, évêque d'Arles, avait entrepris de convertir les Juifs de Provence ; tous moyens lui étaient bons ; il ne reculait pas devant la violence, si bien que le pape Grégoire l'avertit d'avoir à renoncer à une manière d'agir peu conforme à l'esprit chrétien, pour se contenter de la prédication. En 585, le roi Contran vint à Orléans ; tout le monde l'acclamait, même les Juifs, et eux criaient plus fort que les autres. Le roi dit : « Malheur à cette nation juive méchante et perfide, ne vivant que de fourberies. Ils me prodiguent aujourd'hui de bruyantes acclamations, c'est qu'ils veulent obtenir de moi que j'ordonne de relever aux frais publics leur synagogue que les chrétiens ont détruite ; mais je ne le ferai pas : Dieu le (!('fend. » Le roi partageait les sentiments de son peuple. La conduite qu'on tient au W siècle à l'égard des Juifs fait pressentir les persécutions du moyen âge ; c'était un prélude.
16. Le culte des saints. — Les croyances religieuses du peuple étaient naïves et grossières. Parmi les fidèles, il en était bien peu qui fussent capables de s'élever jusqu'à la connaissance et surtout jusqu'à l'intelligence de l'iLvangde et du dogme ; pour eux la religion tenait toute dans des pratiques extérieures qui se rattachaient plus ou moins au paganisme. Les esprits mirent plusieurs siècles à se débarrasser des habitudes qu'ils avaient contractées dans la pratique ck's anciens cultes. La conception chrétienne d'un Dieu unique, isolé dans une abstraction lointaine, n'était pas à la portée d'intelligences peu cultivées. Dieu dans sa majesté planait