‹ La Gaule mérovingienneChapitre 13 sur 28 · Les présa(jes. — On ne connaissait pas les lois de la · texte numérisé non relu

Les présa(jes. — On ne connaissait pas les lois de la

Fig'. 87. — Moule en pierre ralcaii-c pour mouler des patènes, avec l'image du Sauveur, enloiu'é de médaillons représentant des ans;es, trouvé près de Gémii;ny ^Loiret).

(Le Blant, Nouveau recueil.)

nature, et les quelques notions de physique qu'avait eues l'antiquité étaient complètement perdues en Gaule, au moins pour le vulgaire. Aussi voyait-on dans les phénomènes physiques comme une manifestation de la puissance divine : les prodiges célestes, éclipses, aurores horéales, pluies torrertielles, troubles dans les saisons, orages, sont toujours l'annonce de quelque événement grave, le plus souvent d'un malheur, la mort d'un roi, la ruine d'un pays. La foudre est aux mains de Dieu comme jadis aux mains de Jupiter. Childebert, fils de Clovis, et son neveu Théodebert s'unissent contre le roi Clotaire ; la reine Clotilde est attristée de cette guerre fratricide ; elle va prier au tombeau de saint Martin, lui demandant d'arrêter cette lutte criminelle. Déjà les armées sont en présence; une violente tempête éclate, la foudre sillonne le ciel, une pluie de pierres s'abat sur l'armée de Childebert et de Théodebert qui prend la fuite ; la moitié des soldats sont assommés par les pierres tombées du ciel ; l'armée de Clotaire non seulement est épargnée, elle n'entend pas même le bruit du tonnerre.

18. Les miracles. — Puisque les éléments ne sont que des instruments aux mains de Dieu, il peut s'en servir à son gré. Il est tout-puissant ; rien ne l'empêche de plier le monde à sa volonté et d'interrompre le cours habituel des choses ; aussi les miracles sont-ils fréquents. Tout ce qui paraît inexplicable est un miracle. L'imagination populaire voit partout éclater la puissance de Dieu. On n'attend rien que de sa bonté ; on ne craint rien que sa colère. Dieu confie le soin d'accomplir son œuvre de protection et de justice aux hommes qui observent strictement ses commandements, pratiquent l'abstinence, vivent dans l'austérité, se soumettent aux plus rudes épreuves de l'ascétisme ; d'ordinaire ce sont des prêtres, des évêques ou des moines. Le peuple les respecte ; il accourt vers eux pour obtenir le soulagement de ses maux, car pour ces pieux personnages, chasser le démon du corps

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