‹ La Gaule mérovingienneChapitre 23 sur 28 · Les sarcophaf/es. — On ne trouve plus au VI' siècle de · texte numérisé non relu

Les sarcophaf/es. — On ne trouve plus au VI' siècle de

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Fig;. 111. — Fragment de sarcophage en marbre blanc découvert à Charenton-du- Chcr. (Le Blant, Sarcophages chrétiens de la Gaule.)

ces beaux sarcophages comme en avaient produit le IV' et le V" siècle, avec des scènes de l'Ancien ou du Nouveau Testament, traduisant aux yeux les prières que l'Eglise récitait pour les défunts.

Dans le sud-ouest de la Gaule seulement, on continue d'orner de bas-reliefs les sarco})hages placés dans les églises ou les cryptes; encore sont-ce des bas-reliefs plats desquels la figure humaine a disparu : simples enroulements de pampres s'écha|)i)ant d'un vase pour s'étaler sur les parois du tombeau, avec des colombes perchées sur leurs rameaux, ou encore le monogramnu' du Christ (lig. 89). Mais partout ailleurs on se contente de quelques dessins au trait : croix de diverses formes, monogrammes du Christ, colombes, vases, et (juelquefois une épitaphe (fig. 09 et 1 10). On admirait

fort les anciens sarcophages en pierre et en marbre tout couverts de ligures en ronde bosse, mais on ne savait plus les imiter.

Les sarcophages étaient posés sur le sol ou enterrés, soit dans les églises, soit dans les cimetières à ciel ouvert autour des églises. Les épitaphes étaient gravées sur les sarcophages, ou sur la pierre qui les recouvrait, soit encore sur un marbre encastré dans cette dalle; d'autres étaient enfermées dans la tombe même.

Certaines sépultures dans les églises, enfouies sous le sol, se signalaient par une dalle plate, rectangulaire, plus large en haut qu'aux pieds et encastrée dans le dallage.

Les tombeaux des saints étaient revêtus de plaques de métal ; des balustrades les protégeaient ; on les abritait sous des dais ou clboria auxquels on suspendait des croix, des colombes d'or ; on les recouvrait de riches étoffes ; à l'entour brûlaient des lampes et des cierges; le sol était jonché de fleurs et de verdure. Enfin les ex-voto déposés par les pèlerins qui avaient obtenu quelque guérison ou quelque bienfait concouraient à l'ornement du sanctuaire où reposait le saint: c'étaient les fers des prisonniers délivrés ou les armes des guerriers vainqueurs.

13. Les épitaphes. — Pour les fidèles qui obtenaient d'être enterrés dans les églises, la plupart avaient leur lieu de sépulture marqué seulement par une pierre sur laquelle on gravait, en lettres maigres et irrégulières, une épitaphe plus ou moins longue. Au VP siècle on rédigeait encore de longues inscriptions funéraires; quelquefois on s'adressait même à des poètes, et il est probable que quelques-unes des épitaphes rédigées par Fortunat ont été inscrites sur les tombeaux des personnages en l'honneur desquels il les avait versifiées. Mais au VIP siècle, les inscriptions funéraires deviennent laconiques. « Ici repose en paix Nonnus, prêtre; il mourut le cinquième jour avant les calendes de septembre. — Ici repose

LA GAULE MKROVINCIENNE

<'n paix Liliofrodus ; il vc'cut trente ans. » « Los païens, dit .M. Le Hlanl, au\(iuels Tidéc reli^icuso n'apportait point la consolation, répugnaient à rappeler sur les sc-piilcrcs la date funeste de la mort. L'esprit chrétien, qui regardait ce jour comme celui de la délivrance, admettait au contraire sur les

tombes, cette mention repoussée par les gentils. » Les épitaphes étaient accompjignées de symboles chrétiens, également gravés au trait : la croix dans ses diverses formes, la colombe, le poisson.

Aux VP et VIP siècles, on traçait souvent une croix en tête de la première ligne de l'inscription. La croix figurait plus souvent, comme les autres symboles, au bas de l'inscription. On reproduisait les croix d'orfèvrerie, c'est-à-dire qu'on y dessinait sur les branches, des cercles qui figuraient les iiommes dont les croix étaient ornées ; la croix était accostée des lettres A et Q, synonymes de Fig. 112. — Épitaphe clin-tienne de m'inc'wium ot finis exprimant

Mayence. (Le Bldïil, Isjicriptions chrél.) ' -, r^ • . < i

que le Christ est le commencement et la fin de toutes choses; on représentait même des croix portant sur leur traverse des flambeaux. Le monogramme du Christ, dit constanlinien, formé d'un X traversé par un P, les deux initiales du mot grec x?i(rroç, disparaît au VP siècle. En revanche, la croix chrismée est commune : c'est une croix dont la haste est fornu-e ]>ar un P, ou bien encore une croix au sommet de laquelle s'appuie

un R. Deux colombes tenant dans leur bec une palme accostent souvent la croix.

1 i. Les cimetières. — Mais il n'était pas donné à tous d'obtenir un lieu de sépulture dans l'église. La plupart des chrétiens se contentaient de reposer après leur mort autour de l'enceinte sacrée.

D'autres cimetières étaient même situés dans la campagne loin de l'église ; car on rencontre en Gaule des champs de sépulture où l'on a enterré depuis l'époque gallo-romaine jusqu'en plein moyen âge. Dans ces cimetières à ciel ouvert, les tombes ont toutes la même forme :

un rectangle allongé plus large à la tête qu'aux i)ieds. Le défunt avait d'ordinaire les pieds tournés vers l'orient. Un grand nombre de tombeaux sont creusés dans la marne au-dessous de la terre végétale ; souvent le corps y était déposé directement, sans être protégé par aucun cercueil. On a retrouvé dans quelques fosses des clous qui indiquent l'emploi de cercueils en bois. Mais le plus grand nombre de cercueils sont en pierre : ce sont des auges à parois verticales creusées dans une pierre calcaire ; le couvercle était formé d'une dalle plate. Rarement ces cercueils sont ornés ; il en est cependant qui portent une croix gravée en creux, d'autres dont les parois sont sillonnées de simples traits obliques et contrariés formant des chevrons. Là où la pierre calcaire était rare, on creusait ces auges dans des stèles funéraires gallo-romaines, sans aucun souci de la conservation de la décoration extérieure. Enfin certains tombeaux étaient confectionnés en plâtre ;

— Franc dans sa tombe. (Musée de Mayence.)

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ils élaiont formi'S de plaques coulées dans des moules et soudées ensuite sur place. Un grand nombre de ces sarcophages ont été trouvés à Paris dans les anciens cimetières de Montmartre, de Saint-Marc(d et de Saint-Germain-des- Prés.

Dans ces tombes le défunt était déposé tout habillé et c'est môme cet usage qui nous permet de connaître exactement,

Fig. 114. — Cercueils mérovingiens en plâtre, trouvés à Saint-Germain-des-Prés (Paris). {Revue ca-chéologique, 1874j.

sinon le costume, au moins l'ornement et la bijouterie de l'époque barbare. Dans la bouche du mort on plaçait souvent une monnaie, Fancienne obole destinée à Charon, dont l'usage s'était perpétué parmi les chrétiens alors même qu'on en avait perdu la signification. Quelques morts tiennent des monnaies dans leur main. Dans d'autres tombes, les monnaies sont enfermées dans une bourse. En outre on déposait dans les tombes des vases de terre et de verre : peut-être était-ce un débris de l'antique coutume d'enterrer le mort avec des aliments.

15. La sculpture sur ivoire. — Nous ne pouvons quitter la sculpture sans dire un mot de la scul|)lure sur ivoire. Les ecclésiastiques ont reclierché avidemeid et gai'dé précieu-

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