‹ La Gaule romaineChapitre 37 sur 40 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

santé, et les populaLions de la Gaule jouirent, sous ce régime, d'autant de liberté et d'équité que le permettaient les sociétés anciennes. En môme temps,'*Rome a fait connaître aux vaincus un droit, une langue, une religion, des habitudes nouvelles, sans d'ailleurs les imposer par la force ni les insinuer par des alliances ; le sang des i^atins ne s'est pas mêlé à celui des peuples soumis, et les cœurs n'ont pas été violentés : il n'en est pas moins né dans le pays toute une civilisation nouvelle.

C'est surtout dans le domaine politique que la transformation a été complète.

I" Rome a d'abord donné à la Gaule l'unité politique et religieuse. De ces races diverses et de ces peuples ennemis elle a fait un seul corps de nation. Il y avait certainement, sinon plus de patriotisme, au moins plus d'unanimité et de conscience nationale chez les Gaulois groupés autour des autels de Lyon et de Narbonne que chez ceux qui entouraient Vercingétorix. Ces conseils généraux que la Gaule indépendante n'avait point connus, l'Empire les créa auprès des temples de Rome et d'Auguste. Ces assemblées établirent peu à peu une communauté de prières, de vœux et de pensées, qui demeurera peut-être, pendant les troubles de l'invasion, le plus solide garant de l'unité gauloise.

2** Au-dessus de ces assemblées se plaça l'autorité du prince. Le gouvernement des empereurs romains était la monarchie la plus absolue qui eût encore régné sui les hommes de nos pays, jj'empereur concentre dans ses mains tous les pouvoirs, en sa qualité de délégué suprême du peuple souverain. Il est le chef de l'armée et le maître des citoyens; il lève les impôts et juge les hommes, il fait des lois et gouverne les provinces. Ce n'est pas seu-

lementun souverain }>olilique : c'est une personne religieuse, inviolable et sainte; on lui obéit et on l'adore, ïi'essenee de son autorité est telle, que, si mauvais qui coït le prince, la puissance impériale demeure divine. On put détester le maître : on eut la religion du pouvoir. L'idée monarchique allait être le principal et plus durable héritage légué par Rome aux générations de l'avenir.

3° L'autorité impériale est exercée en Gaule par des fonctionnaires qui la reçoivent par délégation. Ces fonctionnaires, comme le prince dont ils émanent, possèdent tous les pouvoirs. Ils sont administrateurs, juges, chefs militaires. Mais ils dépendent du souverain qui les a envoyés. Contre leurs actes, les Gaulois ont recours à lui ; de leurs jugements, ils peuvent appeler à l'empereur. Si les hommes sentent près d'eux les représentants du pouvoir, ils peuvent toujours s'adresser, au loin, à celui qui les nomme. C'est au nom d'un seul, en définitive, que tout se fait. La centralisation administrative a été la règle fondamentale de la monarchie romaine. Ajoutons qu'elle est la plus contraire aux anciennes habitudes de la Gaule, et celle qui se conservera le plus difficilement pendant les luttes de la décadence impériale.

4" Cepeiidant ce régime a été, plus que l'indépendance, favorable au développement de l'égalité et de certaines libertés. 11 y a des conseils qui contrôlent les actes des légats et des proconsuls. Si les cités dépendent du gouverneur, on les laisse, pour beaucoup de choses, s'administrer elles-mêmes : elles ont un sénat, elles nomment leurs chefs; elles jouissent de revenus. Elles vivent d'une vie régulière : les associations des particuliers n'y gênent plus l'autorité des magistrats, et les représen-

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