‹ La Gaule thermaleChapitre 16 sur 85 · D- M DIOGE NI ALP PICT OR · texte numérisé non relu

D- M DIOGE NI ALP PICT OR

Quelques vagues traditions, de rares textes et un certain nombre d’inscriptions permettent de nous former une idée de la clientèle qui fréquentait, à l’époque gallo-romaine, les sources thermales et minérales de notre pays. Si l’on en voulait croire nos anciens auteurs, la plupart d’entre elles auraient reçu la visite de César (2), qui se serait baigné dans autant de

(1) Perrault-Dabot, V Ancienne éylise Saint-Nazaire à Bourbon-Lancy.

(2) Notamment Bourbon-Lancy. « C’est en ces bains, dit J. Banc, qu’il semble que Jules, après la prise d’Alésia, se vint délasser de ses travaux

piscines qu’il a élevé de camps et construit de chaussées portant son nom. Nous pouvons laisser le grand général dans le domaine de la légende, ainsi que Néron et Vitellius, à qui, sur la foi d’étymologies faciles, on a voulu faire les honneurs de la fondation de Néris et de Vittel.

Nous avons plus de certitude au sujet de la visite d’Auguste à l’un de nos hains du sud-ouest, à laquelle fait allusion une épigramme de Crinagoras de Mitylène : « Après avoir exprimé cette pensée, dit Greppo (1), que la renommée suit Auguste en quelque lieu qu’il porte ses pas, le poète ajoute : « Les « eaux des Pyrénées en sont témoins : les bûcherons du voi- « sinage dédaignaient de s’y laver; Auguste en a fait les bains « des deux continents. » Il est tout à fait vraisemblable que ce furent les eaux de Dax, les Aquæ Tarbellicæ, souvent aussi nommées Aquæ Augustæ, qui recueillirent ainsi les bénéfices de la visite impériale (2).

A cette même station reste aussi attaché le souvenir de la fille d’Auguste, Julie, qu’une tradition constante montre venant demander aux eaux de la Nèhe le soulagement des maladies, conséquences de sa vie de débauches.

A Gréoulx, l’antique Griselum, un personnage de marque, la femme de Yitrasius Pollion, consul pour la deuxième fois (l’an 176 de notre ère), a laissé le souvenir de sa reconnaissance aux Nymphes du lieu.

Certaines eaux thermales devaient être fréquentées alors, comme elles le sont encore de nos jours, par des soldats qui venaient y chercher le délassement de pénibles campagnes ou la guérison de leurs blessures. Si nous laissons de coté la tradition, rapportée par des historiens locaux (3), du soldat de Pompée se baignant le premier dans les eaux sulfureuses de

et chercher dans iccux, comme dans la fontaine de Jouvence, le renouvellement de ses forces. »

(!) Op. cil., p. 99.

(2) Le rédacteur du t. XIII du Corpus I. L. ne partage pas cetté opinion, et pense que le texte de Crinagoras doit s’appliquer plutôt à Bagnèrcs-de-Bigorrc, où, dit-il, existe un autel dédié : Numini Augusli.

(3) Feiuièke, les Harmonies de Bagnères-de-Luchon. — Astrié, les Baigneurs illustres à Luchon.

Ludion et guérissant ainsi de ses blessures, pour nous en tenir aux indications plus certaines de l’épigraphie, nous voyons, à Balaruc, un tribun de la 11° légion consacrer un monument à Neptune et aux Nymphes (1). A Néris .(2), nous avons l’inscription funéraire d’un soldat de la XUIIc légion, né à Crémone :

SEX- CLITERNIVS MILES ANIENSIS CREMONA LEG- XIIII AERORVM V/////H-S-E

A Vichy, celle d’un soldat de la XVIIe cohorte, préposée à la garde de la Monnaie de Lyon :

L- FVFIO- EQVESTRE MIL- COH- XVII LVGD VNIENSIS • AD MONETAM-

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