TID ET- PIS DEDICATV TEMPLUM
dont la lecture, d’après l’idée de l’auteur du texte, serait la
(1) Géographie ancienne des Gaules, t. I, p. 320.
suivante : Divœ auxiliari Briciœ régnante Cœsare Augusio consultas Tiberio et Pisone dedicatum templuni.
Pour la critique de ce texte, nous renvoyons nos lecteurs aux savants travaux déjà cités de MM. Allmer et Desjardins, qui nous semblent établir de la façon la plus péremptoire la fausseté de ce document (1).
Nerius. — Une longue inscription, trouvée à Xéris en plusieurs fragments qui ont pu être juxtaposés, nous a fait connaître le nom de la divinité qui présidait à ses eaux et peut-être aussi le nom de celle à qui était dédié l’établissement thermal.
Voici le texte, tel qu’il est reconstitué au Corpus I. L., XIII, 1376 :
(1) Ces deux inscriptions plus que douteuses ont été placées dans une des salles de l’établissement thermal. « Comme les mânes du malin compère qui, au siècle dernier s’est amusé à fabriquer ces deux inscriptions, dit Allmer dans son Mémoire, ont dû sourire dans leur longue barbe lorsqu’on prit cette détermination. Comme, sous leur linceul, elles doivent tressaillir d’aise, chaque fois qu’errant à travers les corridors de l’établissement, elles y sont témoins de la fortune de son ingénieuse supercherie. »
Et, plus loin, il ajoute : « Constatons encore qu’en parcourant la monographie intitulée : Bains de Luxeuil, nous avons observé une autre fraude, ayant pour but également de prêter aux bains de cette petite ville une illustration factice dont cependant ils n’ont nullement besoin. La falsification consiste à avoir substitué un T à VL, dans la formule v. s. I. m., qui termine deux inscriptions antiques, afin de pouvoir interpréter V. S. T. M. par : Votum solvit tempore medente, et les traduire ainsi : A rempli son vœu pendant le temps de son traitement. Sans examiner de trop près Si tempore medente veut dire au temps de son traitement, nous ferons remarquer qu’on n’écrivait en initiales que des formules bien connues, en sorte que si les Romains avaient voulu qu’on pût lire sur des inscriptions les mots tempore medente, ils y auraient écrit ces mots en toutes lettres, sous peine de ne pas être compris même de leurs contemporains. »
On retrouve un écho assez original de l’importance apportée au premier de ces textes suspects dans la note suivante, insérée au Moniteur du 8 juillet 1856, et qui ne fait pas honneur aux connaissances historiques de son auteur : « L’Empereur a fait hier une excursion à Luxeuil. Sa Majesté a été agréablement surprise de trouver au milieu d’une charmante petite ville un établissement de bains thermaux dont l’installation lui a paru remarquable, Ce qui l’a surtout frappé, c’est l’inscription romaine découverte en 1755 et qui porte Lixovii thermos Ainsi, dès cette
époque, l’administration romaine semblait avoir été tellement centralisée qu’il fallait un ordre direct de l’Empereur pour réparer des bains dans un coin presque ignoré des Vosges. »