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BUSTE EN BOIS PROVENANT DE LUXEUIL

Conservé au musée de Besançon.

(1) La plupart de ces objets sont conservés à l’établissement thermal de Luxeuil. II en existe egalement au musée de Besançon.

(2) Ch. Duhaut, Luxeuil ancien et moderne, 1863.

LA GA U LL TII K RM ALE

D’antre part, le terrain dans lequel elles reposaient renfermait une médaille d’Auguste et quelques poteries romaines.

11 est assez difficile de se prononcer sur la question, et peut-être ne faut-il pas rejeter l’idée de Delacroix (\), qui pensait qu’il s’agissait là d’un dépôt d’ex-voto d’un âge ancien qui avait été conservé et recouvert d’une couche de sable protectrice lorsqu’on avait établi au-dessus des constructions, à une époque postérieure.

Dans la Côte-d’Or, à Essarrois, auprès d’une source qui, si elle n’était pas minérale, n’en avait pas moins un caractère médical nettement indiqué par la nature des objets qui ont été découverts dans ses environs, on a trouvé deux figures en chêne (2) de 1 m. 50 et 1 m. 16 de hauteur, grossièrement taillées, sans bras et absolument frustes. Mignard (3) les décrivait ainsi : « (La plus grande) est un long spécimen de statue sans bras; et, pour marquer les jambes, on a scié, coupé ou tailladé le bois en l’arrondissant, mais, sans lui donner la moindre forme finie. Une boule oblongue et certaines saillies pour les joues indiquent la tète. Un grand compas, dont les branches seraient un peu ouvertes, serait seul capable de donner une idée de ce singulier monument. Entre ce soliveau dégrossi et une autre statue plus petite, il y a déjà progrès, et sans les ravages de la carbonisation et de l’action de l’air, qui effrite, pour ainsi dire, le bois de chêne dont cette statue est faite, on distinguerait les linéaments de la figure; les jambes se terminent avec un certain art, et l’on peut remarquer le long de la jambe droite comme la frange d’un vêtement. Une saillie plate indique le bras droit, qui s’arrondit en s’infléchissant contre la poitrine, contre laquelle il tient le poc iilum. »

Mignard voit dans cette statue et ce poculum la première

(1) Luxeuil. Ville ; Abbaye ; Thermes. Mémoires de la Société d’Emulation du Doubs, 4e séi’ic, vol. III, 1867.

(2) Actuellement au musée de la Commission des Antiquités de la Côted'Or, à Dijon.

(3) Historique d’un temple dédié à Apollon, près d'Essarrois. Mémoires de la Commission des antiquités de la Côte-d’Or, t. III, 1853.

SOURCES THERMALES ET MÉDICINALES

formule du culte des eaux au vieux temps de l’époque gantoise. Nous ne pouvons, sur cette question, que renvoyer à ce que nous avons dit plus haut (1) à propos des stèles de Luxeuil, où figurent des personnages portant de meme un vase ou une bouteille à la main.

Quelques figures* grossièrement sculptées, dont les unes représentent des jambes et des bras, d’autres des tètes, séparées ou sculptées à l’extrémité d’une sorte de planche rappelant vaguement un corps sans bras, proviennent des ruines de rétablissement balnéaire de Montbouy (2), où nous croyons devoir placer la station d’Àquæ Segestæ de la Table de Peutinger (3).

Le docteur Collin (4) a mentionné très brièvement la trouvaille à Saint-Honoré, dans la vase d’un bassin déblayé vers 1864, d’une tète de bois grossièrement sculptée qu’il avait cru d’origine gauloise et qui, d’après M. Bulliot, appartiendrait à l’époque gallo-romaine, ainsi que quelques fragments de poterie qui l’accompagnaient.

Parmi les objets trouvés dans le bassin de la source minérale de Coren figuraient deux statuettes de bois de hêtre, de 0 m. 22 de haut, dont une seule a pu être conservée. « Elle représente, dit M. Marcellin Boudet (5), un être humain à face imberbe et bouffie, entièrement enveloppé dans une sorte de robe, de chemise ou de lange sans manches, tombant iusqu’aux pieds qu’elle recouvre, et montant jusqu’au double menton sous lequel le vêtement fait des plis; à peine distinguet-on à un pli la place du bras gauche; l’épaule manque du côté droit. La coiffure ressemble à une barrette de moine, à

(1) Voir p. 253.

(2) Les ex-voto gallo-romains en chêne trouvés par M. Dupuis. Bulletin monumental, 1861, ligures p. 350.

(3) Les objets sont actuellement conserves au Musée arcliéologiciuc d’Orléans.

(4) Eludes médicales sur les eaux sulfureuses de Saint-Honoré. Congrès scientifique d’Autun, 1876.

(5) La Source minérale gallo-romaine de Coren et son trésor. Figure en lare de la p. 18. Extrait du Bulletin de l'Académie des sciences, belleslettres et arts de Clermont-Ferrand, 1889.

une capuche clc vieille femme ou à un bourrelet d’enfant. Tout compte fait, la ligure me paraît représenter un poupard entouré de ses langes plutôt qu’autre chose (fig. 29). »

Cette hypothèse est tout à fait vraisemblable, puisque tout semble prouver que la source de Coren était surtout employée pour les maladies de l’enfance. La dévotion des mères consacrait à la divinité des eaux des images ayant la forme rudimentaire d’un bébé au maillot, on jetait peut-être dans l’oncle salutaire un jouet, le poupard grossier, semblable à celui dont s’amuse encore aujourd’hui la simplicité ingénue de nos enfants.

Fig. 29.

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