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de la colonie (Bozel), l’usage de cette eau parut d’abord, calmer ses douleurs; cependant elle y mourut, laissant Sempronius dans la plus profonde -désolation. »
Uriage. — Uriage, dont nous ignorons le nom à l’époque gallo-romaine, possédait certainement un vaste établissement, dont les ruines, recouvertes d’une couche assez mince de terre végétale et d’alluvions, s’étendaient d’après le Dr Bernard (1 ), sur la pente de la montagne et au fond du ravin, couvrant un espace de près de quatre cents mètres. Des fouilles successives entreprises pour la coftstruCtion de l’établissement thermal actuel et la recherche plus profonde des eaux minérales ont remis au jour une série de bâtiments nombreux et dispersés, témoins de cette antique exploitation dont le souvenir ne s’était peut-être pas effacé complètement, car Guétard, dans sa Minéralogie du Dauphiné , rapportait, en 1779, qu’il existait à Uriage une source minérale, anciennement renfermée dans un bâtiment qu’on prétendait dans le pays avoir été édifié par les Romains.
Les premières fouilles, commencées vers 1821, mirent à découvert un aqueduc voûté, enduit à l’intérieur d’une espèce de stuc très résistant, sept piscines en béton de chaux, briquespilées et petits cailloux, revêtues d’un cimentrougeàtre qui conservait encore tout son poli, et dont l’une avait son plancher en béton soutenu par deux rangs de petites colonnes, une quantité de murs dont il était diflicile de connaître l'usage, des tronçons de colonnes, des tuyaux en terre cuite à section rectangulaire portant le nom de clarianvs, des médailles et les divers objets en plomb que nous avons précédemment étudiés (2). Ces restes avaient disparu dès 1829, « à l’exception, dit M. Berriat-Saint-Prix, d’une chambre de bains qui se trouve encore aujourd’hui au niveau du sol. Cette chambre a environ trois mètres de longueur sur un mètre et demi de
(1) Mémoire sur les Eaux d’ Uriage. Bulletin de la Société de statis tique du département de l’Isère, t. II, séance du 12 avril 1842.
(2) Voir p. 288.
ÉTUI) E PARTICULIÈRE DES SOURCES
largeur ; on y descend par trois marches placées à l’une de ses extrémités. Le mur du pourtour est revêtu d’une couche d’environ un pouce d’épaisseur d’un ciment extrêmement dur et poli à sa surface. Cette chambre pouvait contenir une douzaine de personnes (1). »
En 1837, on découvrit une galerie d’aqueduc, dont l’entrée correspondait à la source minérale. Des ouvertures cintrées pratiquées dans ses parois donnaient accès dans des cabinets ou des galeries adjacentes. Sur la partie latérale de cette galerie se trouvait un fourneau de deux pieds de large sur un peu plus d’un pied de profondeur dont la voûte était soutenue par de petites colonnes en briques. Des cendres et des débris de bois en partie consumé restaient encore sur le foyer, qui avait dû vraisemblablement servir à chauffer l’eau minérale.
Depuis cette époque, on exhuma encore les murailles, en partie conservées, de plusieurs cabinets, dans l’un desquels était un bain de deux mètres de long sur un de large, revêtu, à l’intérieur, de belle pierre polie.
D’autres constructions, parmi lesquelles un bain et plusieurs piscines, furent ensuite reconnues dans le voisinage des deux premières galeries ; l'intérieur du bain, carré de deux mètres en tous sens, était revêtu de marbre blanc. Une des piscines, de forme carrée, avait environ huit mètres de côté et l’une des parois était encore visible, avec son revêtement de ciment romain, à peu de distance de l’entrée de la seconde galerie dont elle formait une des parois.
Enfin, au point où jaillissait la source pure, on retrouva encore des travaux romains consistant en une espèce de barrage composé de pièces de sapin et un massif de béton considérable et très dur (2).
Au cours de fouilles pratiquées en 1844, on se trouva en présence d’une construction d’un intérêt tout particulier : un
(1) Rapport sur les antiquités et les bains d’Uriage. Mémoires de la Société des Antiquaires, t. "V III, 1829.
(2) Vulfranc Gerdy, Etudes sur les eaux minérales d’Uriage, 1849.
Docteur Doyon, Uriage et ses eaux minérales, 1884.
chauffoir destiné à élever la température de l’eau minérale, dans lequel deux planchers à des hauteurs différentes étaient chauffés par un seul foyer et par la circulation de la flamme et des gaz chauds (fig. AO).
« Ce chautfoir se composait essentiellement d’une grande pièce d’environ dix mètres de longueur sur huit de largeur,
dans le milieu de laquelle était un hassin circulaire de 4 m. 70 de diamètre, où l’on descendait par deux gradins ayant 0 m. 35 de haut sur autant de large.
Ce bassin circulaire avait pour fond un plancher en ciment de Om. 25 d’épaisseur; audessous était un vide haut de 0 m. 75, et ayant 1 une aire pavée.
Le plancher était soutenu, au- des- , sus de ce vide, par des piliers en briques de 0 m. 22 de côté. Le vide situé au-dessous de ce plancher recevait l’action de la flamme, ainsi que le prouve avec évidence le noircissement des portions encore conservées et les cinq cheminées indiquées sur le plan.
a La pièce, au centre de laquelle se trouvait le bassin circulaire, avait aussi un plancher en ciment, moins épais que le précédent, et soutenu comme lui au-dessus d’un vide par des piliers en briques. L'inspection du plan montre comment
Fig. 40. — CHAUFFOIR n’üRIAGE.
A. A. Murs de l’enceinte en briques.
P. P. Piles en briques supportant le plancher inférieur.
Q. Q. Piliers en briques supportant le plancher supérieur.
H. H. Cheminées conduisant la flamme et l’air chaud sous le plancher supérieur.
K. Briques par lesquelles on suppose que s’échappait la fumée.