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L. L. Autres briques creuses noyées dans la maçonnerie

Z. Emplacement présumé du foyer.

O. Canal en maçonnerie.

T. Tuyau en plomb faisant communiquer le fond du bassin avec le canal.

R. Piscine romaine voisine du chauffoir.

ÉTUDE PARTICULIÈRE DES SOURCES

la flamme et la fumée, après avoir frappé le plancher du bassin circulaire, passaient par les conduits horizontaux des cheminées pour venir chauffer le dessous du second plancher, et s’échapper ensuite par une ouverture ménagée à l’un des angles de la pièce (1). » L’eau chaude s’écoulait par un tuyau de plomb de huit centimètres de diamètre, placé vers le fond du bassin, et se rendait dans un canal en maçonnerie qui la distribuait dans la série des petites piscines.

Enfin, d’après une note d’un correspondant, une nouvelle piscine aurait été mise à découvert il y a une quinzaine d’années, mais aucune précaution n’ayant été prise pour en assurer la conservation, les intempéries l’ont complètement détruite.

Ainsi qu’on peut, en juger par ce rapide exposé, les thermes gallo-romains d’Uriage présentaient un développement important, dont il est cependant difficile, faute d’un plan d’ensemble que j’ai vainement cherché, de reconstituer les, grandes lignes.

Là, comme partout où les établissements romains ont eu quelque importance, il a été fait de nombreuses découvertes d’objets et de débris d’objets de tous genres, dont un certain nombre figurent dans les collections du château. Nous nous abstiendrons de les énumérer, ayant dit quelques mots, dans un chapitre précédent, de ceux d’entre eux (statuettes, marteaux et ornements en plomb), qui peuvent avoir quelque intérêt au point de vue de nos études spéciales.

La Motte-les-Bains. — Les sources thermales de La Motte jaillisent au bord du Drac, et sont utilisées de nos jours dans un établissement situé à 300 mètres plus haut, sur la pente de la montagne.

Les Romains avaient certainement effectué près de ces sources, sur la rive droite de la rivière, des travaux dont les

(1) Communication de M. de Saint-Ferrôol à la Société de Statistique du département de Liséré. Bulletin de la Société, t. III. — Général Morin, Note sur les appareils de chauffage et de ventilation employés par les Romains dans les thermes à air chaud. Mémoires présentés à l’Acaémie des Inscriptions et Belles-Lettres, t. VIII, p. 347.

restes portaient encore le nom de Bains Bomains et consistaient en fragments de tuiles et quelques débris de murailles sans caractère. « Mais ces restes, dit M. Gariel cité parGreppo fl), suffisent à constater l’exploitation des eaux de La Motte par les Romains ; car il est impossible de supposer qu'ils aient construit dans le lieu où coulent les sources pour une autre destination. L’aspect de cette gorge sauvage est là pour qu’il ne soit pas besoin d’autres preuves. »

Des recherches faites en face des sources, sur l’autre rive du Drac, ont mis à découvert, à trente mètres au-dessus du lit de la rivière, les traces d’un établissement qui devait être d’une certaine importance, consistant en deux aqueducs de construction différente, de deux restes de murailles placées en face l’une de l’autre sur chacun des flancs du ravin dans une zone inférieure aux aqueducs et de nombreux débris de tuiles et de briques romaines. L’un des aqueducs, fort simple, était construit à l’aide de deux rangées de tuiles creuses, disposées l’une sur l’autre en forme de tuyau. L’autre est une sorte de construction épaisse et solide, faite entièrement avec un béton de chaux, de gravier et de brique rouge concassée, sans aucune pierre d’appareil. La couverture était formée de grandes pierres de schiste noir.

« Il est donc constant, dit M. Chevrier, à qui nous empruntons ces détails, que les constructions gallo-romaines étaient établies sur les deux rives du Drac, dans le voisinage des sources, et que, sur la rive gauche particulièrement, les constructions étaient étagées à différentes hauteurs (2). »

Allevard. — Il semble hors de doute, tout au moins dans l’état actuel des découvertes, que les eaux d’Allevard sont demeurées inconnues des conquérants de la Gaule. Une notice de M. Guerre, citée par Dupasquier (3), pourrait cependant

(1) Op. cit., p. 253.

(2) Notice sur les restes d’antiquités gallo-romaines trouvés à la Motteles-Bains. Bulletin de la Société de statistique du département de l’Isère, 2e série, t. I, 4 851.

(3) Histoire chimique, médicale et topographique de l’eau d’Allevard.

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laisser supposer le contraire, mais les conclusions de cet auteur, dénuées de tout fondement sérieux, ne reposent que sur de pures hypothèses : « L'origine du bourg d’Allevard, dit-il, remonte à une haute antiquité; c’est du moins ce que semble prouver*la découverte toute récente qu’on a faite de plusieurs médailles ou monnaies de l’empereur Trajan tout près du bourg... Et lors même que cette preuve n’existerait pas, ne devrait-on pas le présumer en considérant que son charmant vallon, si riche en minerai de fer, et si voisin de la communication de l’Italie avec la France par la Maurienne, n’a pu échapper à l’attention des Romains, maîtres des Gaules. »

A ces suppositions, M. O. Billaz (1), qui a tout particulièrement étudié l’histoire d’Allevard et de sa région, répond par une négative formelle : « Quant aux Romains, s’ils avaient, comme on le répète sans preuve, exploité les richesses minérales d’Allevard, ils auraient laissé des monuments sur notre sol... Ainsi, pendant plusieurs siècles, la civilisation romaine a fleuri dans les vallées voisines du val d’Allevard, dans la yallée de la Rochette, dans celle de l’Oisans, dans celle du Graisivaudan. Cependant, on n’a trouvé à Allevard aucun vestige d’une occupation romaine de quelque importance : pas un débris de voie ou de pont, pas une inscription, pas une pierre. Je crois que tout homme sérieux en conclura, sans hésiter, que les Romains ne sont pas venus à Allevard, et qu’à l’époque de leur domination, c’est-à-dire jusqu’à la fin du cinquième siècle après Jésus-Christ, ou bien notre val était désert, fréquenté seulement par des bûcherons et des chasseurs, ou bien il ne renfermait que de misérables hameaux de paysans barbares, non assimilés à la civilisation romaine. »

Bondonneau. — Les sources froides de Bondonneau, qui jaillissent à quatre kilomètres de Montélimar et sont encore exploitées aujourd’hui, furent utilisées par les Gallo-Romains,

(1) En Allevard. Essai descriptif et historique sur un canton des Alpes françaises, 1907, p. 81 et 83.

qui y élevèrent un établissement d’une assez grande importance. '

Les premières découvertes semblent remonter à 1825, époque à laquelle, en mettant des terres en culture, on rencontra huit à dix grandes piscines rangées*sur une même ligne, une grande quantité de tuyaux de plomb et une série de murs et de décombres en deçà et au delà des bassins. De nouvelles fouilles, en 1833, lirent apparaître d’autres piscines sur le même alignement que les premières, des fondations de murs, des mosaïques et plus de dix quintaux de tuyaux de plomb. En 1841, on trouva un puits romain, un reste de bassin dont le ciment reposait sur des briques et sur un massif de maçonnerie et d’autres piscines. « D’après M. Espanet (1 ), le plan des thermes consiste en une rangée de piscines et de bassins, au nombre de plus de quinze. Ces piscines ont six mètres de long sur trois mètres de large, et il n’en reste que le fond en ciment impérissable. Chacune d’elle était isolée et alimentée par des tuyaux de plomb. D’autres piscines de deux mètres de long sur trois mètres de large formaient derrière les premières une seconde rangée. En résumé, les thermes romains de Bondonneau s’étendaient sur un espace d’un hectare environ, et les débris de murs et de mosaïques, tout comme les décombres retrouvés en deçà et au delà des bassins, accusent certainement des vestiaires, salles de bains, salons, séchoirs et autres appendices des établissements du même genre (2). »

Indépendamment de débris de construction tels que des chapiteaux de colonnes et des fragments de bas-reliefs en marbre, les fouilles de Bondonneau ont fourni une quantité de médailles des deuxième, troisième et quatrième siècles (lors des fouilles de 1833, un seul coup de pelle avait ramené vingt-cinq pièces d’or), des débris de poterie, et une foule d’objets de toute nature, parmi lesquels une casserole d’argent portant les traces du feu, une oreille de vase en argent

(1) Le Touriste aux eaux minérales de Bondonneau .

(2) Lacroix, V Arrondissement de Montélimar, 1868, t. I, p. 83 il 91.

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représentant la naissance de Vénus, et des objets en métal, signalés par M. Espanet (1), « figurant les diverses parties du corps, offrandes des baigneurs débarrassés des maladies qui affectaient ces parties, espèces d’ex-voto païens, retrouvés dans les ruines de plusieurs autres thermes. »

Cette même région, comprise aujourd’hui dans le département de la Drôme, présente encore quelques traces, moins certaines, mais très probantes encore, de l’emploi antique de quelques autres sources minérales.

Un autel portant une dédicace Bormano et Bormana (2) a été découvert à Aix-en-Diois, à peu de distance de Die, presque sur le bord de l’importante voie romaine de Valence à Gap. F. Vallentin (3) pense que ce lieu, appelé Aquis, Acques, au moyen âge, devait porter autrefois le nom d ’Aquœ Bormani. Il n’y a pas actuellement d’eaux thermales à Aix-en-Diois, mais, d’après Allmer (4), il existe au lieu dit « les Fontanelles » des sources d’eau salée qui auront été divinisées dans l’antiquité sous les noms que nous connaissons.

Aux environs de Montbrun, où sont exploitées deux sources sulfatées calciques, on a trouvé de nombreux débris de tous genres, monnaies, statuettes, colonnes, urnes funéraires, sceaux de médecins et formules médicales, témoignant d’une vie intense à l’époque romaine. Là encore ont été découverts le petit monument portant l’inscription Deo Volcano et le fragment d’inscription où l’on n’a pu lire que le mot Matribus, divinités dont la présence n’a pas lieu de nous surprendre auprès de sources médicinales (5).

(1) Légende des Saintes-Fontaines.

(2) Voir p. 190.

(3) Essai sur les divinités indigènes du Voconlium d’après les documents épigraphiques, 1877.

(4) Revue épigraphique, t. III, p. 382.

(5) Le Bulletin de la Société nationale des Antiquaires (1903, p. 262 et suiv.), signale d’importantes découvertes d’objets provenant d’une nécropole, au quartier Vénejean, près Montbrun. A noter, entre autres, une série de minuscules ustensiles de ménage en étain, ayant dû faire partie d’un ménage de poupée et provenir d’une tombe d’enfant.

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Enfin, dit F. Vallentin (op. cil.) d’autres stations thermales ou minérales existaient probablement dans le Vocontium. Deux inscriptions votives dédiées aux Nymphes indiquent, d’après leur provenance respective, les sources de Vercoiran et du Rasteau, dont les vertus médicinales avaient rétabli la santé de Lucius Carinius et de Mater nus (d). Vercoiran est situé dans le canton de Buis, non loin de l’Ouvèze et le Rasteau dans le canton de Vaison.

Le Monêtier-les-Bàins. — Le Monêtier, situé à quatorze kilomètres de Briançon, possède deux sources thermales : la Font-Chaude et la source de la Rotonde. De temps immémorial on se baigne à la Font-Chaude ; la tradition prétend même que les Romains l’avaient utilisée dans des thermes, mais aucun vestige de construction n'a permis de constater l’existence d’un édifice de ce genre (2).

Je signale cependant ce point, car il est à peu près certain qu’il fût occupé par les Romains et qu'il figure sur la carte de Peutinger, sous le nom de Stabatio , entre Briançon et le Villard d’Arène, sur la voie qui menait de Brigantio à Vienne, par le col du Lautaret, la vallée de la Romanche, Yizille et Grenoble. « Le tracé et la direction de cette voie dans l’Oisans, dit F. Vallentin (3), a été, de ma part, l'objet d’explorations minutieuses, et j’ai pu, dans tout ce parcours, retrouver l’as-

siette de la chaussée. »

Bien que l’absence de toute découverte de débris antiques ne permette aucune affirmation, il n’est peut-être pas téméraire de penser que ces eaux chaudes, situées sur le parcours d’une voie importante qui dut être souvent parcourue par les troupes romaines, ne restèrent pas inconnues et furent vraisemblablement l’objet d’une utilisation quelconque.

Digne. — Les témoignages de divers auteurs et l’inscription

(1) Voir page 186.

(2) Gras, Note statistique sur les eaux minérales des Hautes-Alpes. Bulletin de la Société de statistique de l’Isère, t. II.

(3) Les Alpes Cottiennes et Graies, 1883.

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que nous avons citée plus haut (4) nous ont fait connaître l’existence et le nom anciens de Digne, mais c’est à peu près tout ce que nous savons sur la ville antique. Son emplacement exact n’est même pas déterminé d’une manière certaine. Les sources minérales chaudes (42° à 45°), riches en sels de magnésie et en gaz acide sulfhydrique, employées contre les blessures d’armes a feu, les maladies de la peau elles rhumatismes, qui jaillissent dans un vallon proche de la ville, furent-elles utilisées par les colons de Dinia? Les données qu’on rencontre à cet égard dans les auteurs sont extrêmement. vagues. Papon dit dans son Histoire de Provence (4777) :

« (Les Romains ) profitaient avec soin de toutes les eaux thermales qu’ils trouvaient dans les provinces conquises : celles d’Aix, de Gréouls et de Digne étaient précieuses pour eux. •>)

Et Achard dans sa Géographie : « Il y a apparence que l’usage de ces eaux était connu du temps des Romains... Peut-être les eaux chaudes d’Aix firent-elles diminuer l’affluence des malades à Digne. »

Un auteur plus récent, Garcin (2), s’exprime ainsi : « Les Romains connurent cette fontaine. On ignore s’ils firent construire les premiers bains, ou si ç'a été longtemps après eux. » Tout cela est bien peu précis, et les indications positives dues aux découvertes font complètement défaut. Je trouve cependant dans un travail de M. Arnoux (3) la brève indication suivante qui pourrait jeter quelque lumière sur la question : * Si l’on a pu dire qu’en eaux minérales il faut toujours remonter aux Romains, il est probable que ceux-ci, qui avaient à Riez une colonie importante, ont fait usage de ces eaux sulfureuses. A côté de la grande douche, il y a une voûte d’un caractère nettement romain, comme l’a remarqué M. Léon Palustre. »

(1) Voir p. 97.

(2) Dictionnaire historique et toi)0(jrcq)hique de la Provence ancienne et moderne, 1833.

(3) Elude historique sur les bains thermaux de Digne, 1886.

( i réoulx. — L’inscription Nymphis Griselicis que nous avons étudiée plus haut, nous a appris que la station de Griselum, située sur la voie Sixtienne, qui reliait les colonies d Aix et de Riez (Beis Apollinaris) (1), devait être réputée aux temps gallo-romains et recevait la visite de malades de marque, attirés par les vertus bienfaisantes de ses eaux. Le voisinage de Riez, qui fut certainement un centre considérable, même avant la domination romaine, ayait dû faire des eaux de Gréoulx Lune des stations les plus anciennement fréquentées. En dehors de ce texte épigraphique, quelques restes de constructions conservent seuls le souvenir de cet obscur passé. « Un éboulement de terre qui a eu lieu près duVerdon, dit M. Henry (2), à quelques pas de la maison des bajns, a mis à découvert des débris de maçonnerie antique qui appartenaient sans doute à l’ancien établissement thermal. « Puis, après avoir cité le fragment suivant d’une autre inscription trouvé dans les ruines de la maison des bains :

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