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V. Étuve (hypocauste

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recevait sans doute les sources les plus chaudes, car il fournissait à la salle des vapeurs obtenues par une disposition des plus simples et des plus remarquables, par le passage des eaux sous une voûte percée de trous nombreux et soutenue par de petites colonnes en terre cuite.

« Les bassins non seulement étaient alimentés par ces réservoirs, mais leur disposition superposée permettait aux deux petits de déverser leur trop plein dans la piscine de natation. Le plus petit parait avoir été desservi par une source spéciale qui y arrivait au moyen de trois siphons en brique, dont l’un a été retrouvé parfaitement intact...

« L'importance de ces thermes ressort donc du grandiose meme de leurs dispositions balnéaires. Mais les fouilles ont encore démontré que les habitations pour loger les baigneurs y étaient annexées. On a trouvé, en effet, du côté du nord, des vestiges de murailles, des détritus de bois, du charbon, des débris de plusieurs ustensiles de ménage. »

Comme on peut s’en rendre compte par cette longue citation, les thermes de Bagnères-de-Luchon étaient très complets et devaient présenter un intérêt de premier ordre à raison de leurs dispositions au point de vue balnéaire. Là comme partout, malheureusement, aucun effort de conservation n’a été tenté, et les fondations des nouveaux thermes sont venues recouvrir les ouvrages anciens dont toutes traces ont disparu.

La Barthe-de-Rivière. — A peu de distance de Saint-Gaudens, la Barthe-de-Rivière, qui possède encore un petit étai blissement de bains, fut certainement une station thermale à l’époque romaine. MM. Morel et Gautier (1) y signalent l’exis- ; tence d’une ancienne chaussée, d’une pile itinéraire et d’une ' voûte de construction romaine recouvrant une source savonneuse, et, d’après M. A. Couget (2), on conserve aux bains

(1) Voie romaine ab Aquis Tarbellicis et routes qui venaient s’il souder,

(2) Excursion en Comminges. Revue de Comminges, t. VIII, 1893, p. 202.

une piscine romaine et des substructions antiques. En outre, le musée de Toulouse posséderait un certain nombre de cippes funéraires et d’autels votifs découverts aux alentours.

Encausse. — Je signale les eaux d’Encausse surtout parce qu’elles naissent dans une région fertile en vestiges de l’occupation gallo-romaine, mais sans avoir de preuves bien convaincantes de leur existence reconnue à cette époque. Du Mège, cité par Greppo (op. ait., p.246j, était porté à croire que ces eaux avaient été connues des Romains, par suite de la découverte d’inscriptions et d’urnes en marbre dans les lieux qui l’environnaient. D’autre part, une statue d’Isis aurait été trouvée près des sources thermales (1).

Sacaze (2) est loin d’être affirmatif à cet égard : « Les eaux d’Encausse, dit-il, furent-elles utilisées par les Romains? Aucun texte, aucune découverte archéologique ne nous permet de l’affirmer; cependant quelques débris romains ont déjà été trouvés dans le voisinage. »

Les indications qui m’ont été fournies sur cette station n’ont fait que confirmer cette pénurie de renseignements et . cette incertitude.

Certaines autres stations des Pyrénées, sans présenter de vestiges certains d’édifices ayant un rapport direct avec les thermes, ont cependant fourni des inscriptions desquelles il est permis d’inférer qu’elles n’étaient pas restées ignorées lors de l’occupation romaine. A Lez, à l’entrée du val d’Aran, dans une région qui relève aujourd’hui de l’Espagne mais qui faisait alors partie du territoire des Convènes et appartenait à la Gaule romaine au même titre que toutes les vallées situées sur le versant septentrional de la chaîne, on a découvert des inscriptions consacrées aux Nymphes et au dieu Lex ou Lexi. D’après M. Barry (3), et bien que cet auteur dise

(1) Docteur Grasset, Reçue médicale, 19 août 1903.

(2) Revue de Comminges, t. IV, 2e trimestre, p. 298 et suiv.

(3) Les Eaux thermales de Lez à l'époque romaine. Revue archéologique, 13° année, lrc partie, 1856.

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n’avoir pu obtenir que des renseignements très vagues sur les fouilles opérées en 1834-1835, des débris de divers genres: tuiles, poteries, amphores, etc., auraient été découverts au milieu de substructions antiques lors de la reconstruction de l’établissement thermal.

A Cadeac- les- Bains, village de la vallée d’Aure, le séjour des Romains est bien établi par toute une série de petits autels votifs en marbre, que l’on avait sciés, écornés ou taillés pour en composer l’arceau d’un porche latéral de l’église (1).

Dans la vallée du Louron, au plateau de Sarrat de Peyra, voisin d’abondantes sources thermales sulfureuses, on a trouvé deux cippes dédiés au dieu Arixon, et un autre cippe, consacré aux Nymphes, a été découvert, avec quelques monnaies romaines, dans le Val d’Aran, aux thermes d’ARTiAs, où plusieurs sources sulfureuses chaudes sont encore exploitées aujourd’hui (2). Deux autres fragments d’autels votifs ou de cippes funéraires trouvés, l’un près d’Artias, l’autre au village tout proche de Gesa, établissent d’une façon certaine l’existence d’établissements romains dans ces parages (3).

Les ex-voto en terre cuite, dédiés aux Nymphes, trouvés à Capvern par Du Mège, ainsi que des médailles romaines, sont des indices certains de l’antique exploitation des eaux thermales ou froides, sulfatées calciques et ferrugineuses de cette station. Nous savons meme que certains auteurs ont voulu y voir les Aquæ Convenarum rie l’Itinéraire d’Antonin. On a prétendu que, lorsqu’on fouilla, dans les premières années du dix-neuvième siècle, le sol d’une maison voisine de l’établissement actuel, on découvrit des fondations en forte maçonnerie, de caractère antique; mais ces rapports, dit M. Curie- Seimbres (4), faits de souvenir, sont vagues et contestables.

(1) Mémoires de l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, 6e série, t. VI, 1868.

(2) Bulletin de la Société des Antiquaires, 1883, p. 224.

(3) De Laurière, Promenade archéologique dans le Val-d’Aran, 1887.

(4) Capbern historique, ses antiquités, son état actuel, ses eaux thermales,

Amélie-les-Bains. — La petite ville thermale d’Amélie, autrefois connu sous le nom d’Arles-les-Bains ou d’Arles-sur-Tech, possède des restes fort considérables de thermes romains, qui occupaient toute la partie inférieure du bassin des sources et n’ont jamais été reconnus dans leur entier. Bans ses Notes d’un voyage dans le midi de la France , Mérimée leur avait consacré ces quelques lignes : « Le village d’Arles-les-Bains a conservé quelques souvenirs du séjour des Romains qui avaient reconnu les propriétés de ses sources thermales. La salle où l’on prend les bains est un ouvrage antique, qui d’ailleurs n’est remarquable que par sa grandeur, l’épaisseur et la solidité de sa voûte. »

La salle dont parlait Mérimée, voûtée en plein cintre, à murs très épais ornés de niches demi-circulaires, était creusée à son centre d’une piscine profonde de près de deux mètres, dont le fond était composé de petites briques posées de champ, et où l’on descendait par cinq marches qui régnaient le long des quatres faces et pouvaient servir en même temps de sièges aux baigneurs.

A côté de cette salle, et en communication avec elle, il en existait une autre que des travaux de déblaiement postérieurs ont permis de reconnaître dans tous ses détails. Au sudest de cette salle on voyait deux puits hexagonaux, de deux mètres de hauteur environ, construits en béton aggloméré, alimentés par des courants d’eau chaude. Ce devaient être là des sortes de bains de vapeur, justifiant le nom d ’estufs qu’un ancien acte donnait à cette salle ( fig . 42).

« A la suite de ces appareils, dit M. Rolin (1), existaient plusieurs baignoires en marbre blanc, de très grandes dimensions, trois mètres de long sur deux mètres de largeur; elles présentaient à la partie sud deux échancrures demi-cylindriques où le malade pouvait venir se reposer. On descendait

(1) Notice sur les anciens et les nouveaux thermes d'Amélie. Perpignan, 1867. — Sur Amélie-les-Bains, voir aussi : Greppo, op. cit., p. 290 et suiv. — Henry, Extraits d'une histoire inédite du Roussillon. Mémoires de la Société des Antiquaires, t. X, 1834, p. 208 et suiv. — Congrès archéologique, 35e session, 1868.

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dans cette baignoire par deux marches pratiquées dans la pierre entre ces échancrures. Cette baignoire était précédée d’un bassin rectangulaire placé entre les deux parties cylin • driques dont j'ai parlé plus haut. Il fallait donc entrer dans cette baignoire rectangulaire avant d’entrer dans la seconde. La température de ces deux bains devait être différente; c’était probablement une médication hydrothérapique... On n’a trouvé qu’une baignoire comme celle que j’indique; peut-

Fig. 42. — THERMES d’aMÉLIE-LES-B AINS.

A. Grande piscine. — B. Petite piscine. — C. Cabinet avec baignoire. — D. Cabinet avec baignoire. — E. Cabinet avec petite piscine. — F. F. Puits en maçonnerie formant réservoirs d’eau thermale. — G. G. Cabinets dont on n'a retrouvé que la base des piliers. — H. H. Cabinets retrouvés avec leurs voûtes. — K. K. Canaux de vidange des eaux.

être en a-t-il existé d’autres, comme la disposition des thermes semble le faire supposer. »

De chaque côté de cette salle existaient des enfoncements, qui devaient constituer des cabinets séparés, et, au milieu, s’étendait une piscine de dix mètres sur quatre, pavée en petites briques liées par un ciment très fin.

Un luxe assez grand régnait dans ces thermes, car on y a constaté l’usage général des placages en marbre blanc. Les voûtes étaient établies avec des briques de grandes dimensions, alternant avec des pierres calcaires faciles à tailler et les eaux étaient conduites au moyen de grandes tuiles creuses

formant tuyaux par leur superposition en sens inverse.

En dehors de ces deux édifices principaux, d’autres constructions étaient en rapport certain avec les thermes. Des murs de soutènement renversés et quelques fondations reconnues près de la source du Gros-Escaldadou prouvent que les Romains l’avaient utilisée dès son point d’émergence en l’entourant de constructions. Greppo cite, d’après M. .Jaubert de Passa, un grand aqueduc à arcades, en briques, qui recevait les eaux de la source principale et les versait dans les deux piscines.

Des échancrures pratiquées dans les rochers de la rive du torrent du Mondoni, et dont l’une est encore utilisée aujourd’hui comme piscine naturelle, semblent devoir être attribuées également aux Romains, ainsi que le mur de barrage, connu dans le pays sous le nom de Mur cl’Annibal, qui forme digue au point où le Mondoni sort d’une gorge rocheuse aux parois à pic de plus de 100 mètres de hauteur (fi g. 43). Les eaux froides de la rivière étaient amenées aux thermes par un canal creusé en partie dans la roche vive et dont, au dire de M. Henry (op. cit.), on voyait encore de grands vestiges.

Las Escaldas. — Ces eaux, thermales ou froides, sont situées dans un hameau de la commune de Villeneuve, à peu de distance de la frontière espagnole, dans les Pyrénées- Orientales. Cette région reculée et d’abord peu facile fut le centre d’une sérieuse occupation romaine; la petite ville espagnole de Llivia, peu distante des Escaldas, portait le nom de Julia Livia, et était la capitale de la province Ceretania Juliana. Les eaux voisines des Escaldas, dont le nom rappelle singulièrement la dénomination d’Aquæ Calidæ, n’avaient pu rester ignorées des Romains (1), qui y avaient élevé des thermes,

(1) Toute cette région présente des traces nombreuses de son passé antique. A quelques minutes des Escaldas, à Angoustrine, on a trouvé souvent des médailles romaines, et, dans le cimetière, en 1838. un cippe en pierre portant l’inscription suivante :

c. r. poli

BIVS

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dont il restait encore an dix-septième siècle des vestiges importants. (Marc a, Histoire du Béarn). Le docteur Carrera, auteur d'un Voyage en Roussillon , publie en 1787, y avait encore vu un lavacrum de 8 ni. 76 de long sur 4 m. 50 de large et 0 m. 76 de profondeur, pavé en larges pierres de taille, par-dessus une charpente qu’on avait découverte en soulevant une de ces dalles. On descendait .dans ce lavacrum par trois marches de marbre blanc qui en faisaient le tour. A la meme époque, on voyait encore lés restes du sudatoriurn (1).

Tout cela a disparu aujourd’hui dans la reconstruction de l’établissement thermal.

Aulus. — L’une des sources thermales d’Aulus, la source Darmagnac, fut certainement utilisée par les Romains dans un petit établissement qui, d’après sa forme présumée, ne devait être qu’une sorte de buvette.

En 1845, en travaillant au premier captage de la source, on découvrit, à deux ou trois mètres de profondeur, « un plancher de forme carrée qu’on avait établi avec d’épais madriers de chêne, joints par de fortes chevilles en fer. Au centre se trouvait une ouverture circulaire percée dans Taxe du griffon. C’est par cette ouverture qu’on puisait l’eau. Une balustrade également en bois de chêne entourait le plancher. Il est probable que cette construction était abritée par un toit de chaume ou* d’ardoises soutenu par des colonnes fixées aux quatre angles du carré... Quand les diverses pièces eurent été enlevées, on recueillit, au-dessous de l’ouverture circulaire qui occupait le centre du plancher, plusieurs débris de verre et de poteries (2). »

De nouveaux débris du même genre furent découverts en 1872, lors de nouveaux travaux de captage, ainsi qu’un

morceau de bois de chêne travaillé paraissant avoir appar-

(1) J. Henry, Extraits d’une histoire du Roussillon. Mémoires de la Société des Antiquaires, t. X, 1834.

(2) A. j/Assier, Aidus-les-Bains et ses environs, 1884.

tenu à une rampe ou à une balustrade et trois médailles du premier siècle de notre ère, qui peuvent nous servir à dater ce modeste édifice, probablement élevé par quelque colonie militaire chargée de la garde d’un des passages des Pyrénées.

Rennes-les-Bains. — Les bains de Rennes, où sont exploitées cinq sources minérales, dont trois thermales et deux froides, étaient jadis connus sous le nom de Bains de Montferrand. Là s’élevait probablement autrefois la cité de Redcla ou Redæ, qui a donné son nom à la région environnante, le Reddesium ou Rasés (1). Si le nom ancien peut faire doute, il n’en est pas de meme de l’existence sur ce point, à l’époque qui nous occupe, d’un groupement qui dut meme avoir une certaine importance. Les menus objets, indices certains d’une occupation gallo-romaine : monnaies, fragments de tuiles et d’amphores, débris de poteries diverses, etc., y ont été recueillis en grand nombre, ainsi que divers objets en métal, des statuettes et deux roues de char, en bronze, à cinq rais, conservées actuellement au musée de Toulouse.

Outre les débris d’une maison romaine, écrasée par l’éboulement d’une masse rocheuse détachée de la montagne, et qui furent découverts en 1841, on a reconnu, sur plusieurs points du village actuel, des substructions et des débris de mosaïques, appartenant à des édifices divers, ayant dû faire partie d’une ville assez étendue. L’inscription suivante, gravée sur un autel en marbre :

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