Tuyau en poterie
La pièce G (peut-être le tepidarium) a .‘1 mètres sur 2 m. 90. Entièrement revêtue de ciment, elle contenait deux escaliers de trois marches dans les angles ouest et sud. Une banquette régnait tout autour et un tuyau de plomb encore en place assurait l’écoulement de l’eau.
La pièce D semble avoir été le frigidarium. Elle mesure A m. 10 sur 3 m. 40. Un escalier de trois marches occupe l’angle sud-est, et une banquette règne sur deux des faces. Les murailles sont en pierre ; l’escalier et la banquette en briques: le tout revêtu de ciment à l’intérieur. Un tuyau de plomb existait également dans cette salle.
Une petite pièce de 3 m. 03 sur 1 m. 58, à côté de la salle D, servait peut-être d imctorium. Elle était également cimentée et pourvue d’un tuyau de décharge.
A la suite, toujours au sud-ouest, une grande salle carrée qui fut peut-être la salle d’attente, Yapodyterium. Un tuyau en terre cuite traversait le mur extérieur.
L’eau des piscines, emmenée au dehors, tombait dans un canal de 0 m. 40 de largeur sur 0 m. 35, que l’on a retrouvé au nord. Un autre canal, dont la fonction n’a pu être précisée, venait du nord perpendiculairement au mur des bains et y pénétrait par une ouverture de 0 m. 12 de large sur 0 m. 20 de haut, recouverte d’une dalle de 0 m. 63 de long.
La situation de ces bains, à un point où l’eau minérale jaillit à la surface du sol, ne permet pas de mettre en doute son utilisation par les Romains dans leurs thermes. D'autre part, l’examen des ruines montre que les eaux qui y étaient amenées étaient chauffées artificiellement, et le chauffage dénature complètement l’eau de Saint-Galmier en lui faisant perdre son acide carbonique. M. de Boissieu émet à ce propos l’idée que les Gallo-Romains n’employaient cette eau que pour les douches, les piscines froides et la boisson, et ne chauffaient que de l’eau ordinaire puisée à la Goiseou amenée du dehors.
Les thermes de Saint-Galmier étaient d’une construction des plus simples et l’on n’y rencontre pas trace des décorations luxueuses si fréquentes dans les autres établissements du
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même genre. On n’a trouvé dans les fouilles ni marbres, ni objets précieux, et l’on ne peut ici attribuer leur disparition à un pillage ou une dévastation systématique, car il est très vraisemblable que la destruction de ces thermes ne fut pas l’œuvre des Barbares, mais qu’elle est due à une inondation de la petite rivière de la Coise. Une couche de sable peu profonde, rencontrée dans les premières fouilles et répandue presque à fleur de terre au-dessus de toutes les salles, laisse peu de doute à cet égard.
Moind. — Le bourg de Moind(l), situé, comme nous l’avons dit, à un kilomètre au sud de Montbrison, possède des eaux minérales de peu de réputation, et il est probable, comme nous le verrons tout à l’heure, cpie d’autres sources existaient encore à l’époque gallo-romaine.
Greppo (op. cit., p. 4 96 et ss.) signale ce point (où il croit reconnaître la station de Mediolanum figurée sur la carte de Peutinger, entre Roidumna et Forum Segustavarum, sur la voie de Clermont à Lyon), comme possédant des ruines romaines considérables, et il ajoute : « Quoique parmi les monuments conservés à Moingt, rien ne paraisse indiquer positivement, comme à Saint-Galmier, les traces d’un établissement thermal, l’antique existence de Mediolanum, l’importance dont il parait avoir joui, les restes de l’époque romaine qu’on y retrouve, et surtout son théâtre, nous autorisent assez à présumer que les conquérants des Gaules, amateurs si prononcés de toutes les eaux médicinales, connurent celles-ci et surent en faire usage. » Les découvertes faites à Moind depuis l’époque où ces lignes ont été écrites ont changé cette présomption en certitude, et l’utilisation par les Gallo-Romains des sources de Moind semble établie d’une manière indiscutable.
(1) On trouve quelquefois le nom de ce bourg orthographié Moingt. Nous empruntons à ce sujet la note suivante au Bulletin de la Diana, t. II, p. 298 : « Quelques observations sont échangées sur l’orthographe du nom de Moingt. La forme Moind est la seule rationnelle, la seule justifiée par l’immense majorité des anciens textes et la forme latine Modonium. »
Les fouilles pratiquées auprès de la chapelle Sainte-Eugénie, élevée sur des substructions gallo-romaines, ont permis de reconnaître dans ces ruines les restes d’un établissement
thermal. A côté des bases de maçonneries diverses, on reconnut une aire antique cimentée, qui ne posait pas sur le sol, mais portait sur des murs, comme un plancher, laissant audessous un vide de 0 m. 35. Ce pavement était le fond d’un réservoir. Tout l’atteste : les parois des murs, un bourrelet de ciment les contournant pour boucheries joints du fond et surtout un tuyau de plomb qu’on a trouvé noyé dans la maçonnerie.
A 0 m. 50 au-dessous du béton, à un mètre du mur, on a reconnu, suivant une direction parallèle, un canal plein d’eau, dont les parois étaient bien cimentées, et que recouvraient des pierres posées à sec.
Une seconde pièce, à côté, é tait chauffée par un hypocauste. Des évidements ménagés dans les murs servaient au passage de tuyaux en terre cuite, incrustés dans les murs, et destinés à répandre la chaleur dans les pièces et à évacuer la fumée.
A la fin du mémoire auquel nous venons d’emprunter les détails qui précèdent (1), M. Dulac rappelle qu’un ancien propriétaire de Sainte-Eugénie, a trouvé sur le meme emplacement une pièce d’eau dans laquelle s’ouvrait un canal, une grande piscine oblongue terminée à une de ses extrémités en arc de cercle et une fontaine d’eau minérale qui avait été comblée depuis longtemps. Connue autrefois des habitants sous le nom de la Grande fontaine romaine , son bassin se composait de cinq pierres de taille formant caisse.
Cette source était vraisemblablement celle dont, en 1778, Richard de la Prade parlait en ces termes : « On trouve trois sources minérales : la première que j’appellerai la Romaine, parce que les Romains l’avaient entourée d’une petite enceinte soutenue par plusieurs colonnes qui sont aujourd’hui détruites par vétusté ; cette enceinte, dont on voit encore quelques ves-
(1) Dulac, Les ruines de Sainte - Eugénie, à Moingt. Annales de la Société d’ agriculture. .. du département de la Loire, t. XX, 1376.
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tiges, est voisine du temple village de Moind(l). »
dédié à Gérés, situé près
du
Enfin, dans une communication figurant au Bulletin de la Société la Diana (2), le lieutenant Jannesson signale l’existence d’un puits dont l’eau est analogue à celle du nouvel établissement : « Plusieurs témoins dignes de foi affirment qu’au fond de ce puits ils avaient vu une sorte de siège en marbre. D’après la description qu’ils en ont faite, il nous a paru cpie
ce serait quelque chose comme la sella balnearis des Romains. »
Les découvertes faites à Moincl ont permis d’établir également l’existence, à côté des thermes, cl’une ville considérable, dont les constructions devaient être luxueuses, si l’on en juge par les débris de colonnes et les fragments de marbres du plus beau choix trouvés au cours des fouilles. « Toutes proportions gardées, dit A. Bernard, Moincl était pour les Ségusiaves ce qu’était Baïes pour Rome : une ville de plaisir. C’était le Vichy du temps. »
D'après M. Thiollier (3), des fouilles récentes ont mis au jour, dans la partie nord-ouest du village, des substructions considérables, faisant partie d’un même plan d’ensemble, et appartenant à des édifices publics somptueux. Ces monuments, précédés pour la plupart de colonnades corinthiennes ou composites, étaient bâtis en petit appareil, avec revêtements en stuc peint.
Rappelons également cpie Moincl possédait un théâtre dont nous avons déjà parlé, et dont les agencements intérieurs, en partie mobiles, étaient disposés de manière à pouvoir être enlevés à l’époque cle l’année où les thermes cessaient d’être fréquentés, et qu’on a reconnu les substructions de vastes bâtiments ayant très probablement servi d’hôtelleries.
Outre cle nombreux fragments d’architecture, enduits peints, marbres, tuiles, tuyaux cle plomb, etc., et des débris d’inscriptions : une portant le mot aqvi, une autre donnant le nom
(1) Analyse des eaux minérales du Forez.
(2) Tonie V, J 889-1890, p. 38 et suiv.
(3) Le Forez pittoresque et monumental, 1889, p. 282.
du ilamine Priscus (1), les fouilles de Moind ont fourni une ample moisson d’objets de toutes sortes : fragments de poteries, débris de statuettes en terre cuite, petites figurines de bronze, quelques bijoux, et une quantité de monnaies de bronze, dont la série commençant avec Auguste finit avec le règne de Gallien.
La ville qui nous occupe fut vraisemblablement l’objet d'une destruction violente, comme semblent le démontrer de nombreuses traces d’incendie, l’enfouissement du trésor monétaire dont nous avons parlé, contenu dans un vase enfoncé dans un égout, et la présence, dans les ruines d’un des édifices, d’ossements humains qui semblent témoigner d’une mort violente causée par la destruction de l’édifice lui-même (2j.
D’après le lieutenant Jannesson (3), Moind aurait été détruit vers l’année 265, lors de l’invasion de Chrocus, qui, après avoir ravagé les Gaules, s’étendit jusqu’en Espagne. Il est assez vraisemblable que, dans leur marche vers les Pyrénées, les bandes barbares suivirent la direction générale de la voie romaine de Langres, où leur présence fut signalée, en Espagne, par Lugclunum, Aquæ Segetæ, Icidmagus et Tolosa.
Saint- Alban. — A peu de distance de Roanne nous rencontrons les eaux froides de Saint- Alban, dont le nom seul est cité par Greppo (< op . cit., p. 265), à qui l’on avait assuré que ce lieu était dépourvu des moindres vestiges d’antiquités romaines. Tout au contraire ces sources vont nous offrir, avec la certitude de leur utilisation parles Gallo-Romains, un ensemble de travaux de captage et d’aménagement du plus haut intérêt (4).
(1) l. prjsco
INI. A VG S. SEGVSI
(2) Bulletin de la Diana, t. III, 1885-1886.
(3) Bulletin de la Diana, t. V, 1889-1890, p. 228.
(4) Tous les renseignements relatifs à Saint-Alban, ainsi qu'une bibliographie très complète, sont réunis dans une intéressante brochure de M. Collet, Notice sur les sources minérales de Saint-Alban, 1907.
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Le docteur Goin(l), qui écrivait en 1834, constatait que chaque curage des fontaines amenait des trouvailles de monnaies romaines. Il signalait aussi la découverte, lors de la création d’un nouvel établissement de bains, d’une piscine recouverte d’un ciment rouge plein de briques pilées (2), dont la base était bien conservée. Le style des moulures et la disposition des angles n’étaient point altérés.
Mais c’est dans un travail du docteur Gay (3), publié en 1859, que nous trouvons consignés les résultats, d’une réelle importance, de fouilles faites peu de temps auparavant autour des fontaines. Je résume ici les parties essentielles de cette intéressante notice : « A peine à 2 mètres de profondeur s’offrit aux regards surpris des ouvriers l’orifice d’un puits carré, placé à quelques pas des autres sources, et dont pas un des plus anciens habitants du pays ne soupçonnait l’existence.
« L’ouverture de ce puits étant placée plus bas que celle des autres, on y arrivait par quatre escaliers en granit. Le puits était établi tout entier en massif de béton d’une dureté excessive et couronné par des madriers de chêne parfaitement conservés par les sels de fer que contient l’eau minérale.
« En poursuivant les fouilles, on est arrivé sur une couche de béton, d’un mètre au moins d’épaisseur, béton formé d’une pâte de débris de tuiles et de briques noyées dans un mortier que l’acier a peine à entamer et cpii reliait tous les puits entre eux. Cette couche a été enlevée, en ménageant l’entourage du puits, et on s’est trouvé sur une masse d’argile grise, excessivement plastique, évidemment apportée de loin et déposée dans l’excavation pour s’opposer aux fuites de gaz et de l’eau minérale.
« Dans cette argile, on a découvert trois tuyaux de plomb traversant le béton qui entoure les puits à peu près à leur tiers inférieur, appuyés dans leur trajet sur d’immenses
(1) Mémoire sur les eaux minérales de Saint-Alban, près Roanne, 1834.
(2) Peladan fils, Guide pittoresque, historique et médical de Saint-Alban et de ses environs, 4868.
(3) Saint-Alban, 1859.
raie dans une très grande cuvette en plomb, üe celle-ci part un énorme tube de même métal, conduisant évidemment les eaux dans la piscine découverte autrefois près de rétablissement de bains, à cinquante mètres des fontaines.
« Un couloir en maçonnerie, ménagé de telle sorte qu’un homme pouvait y passer en rampant, et partant des fontaines jusqu’à la piscine, donnait le moyen de surveiller les conduits d’eau qui s’y rendaient. »
Quant au mode de construction des puits, on put s’en rendre compte en 1896, époque à laquelle fut mis à découvert le fond des quatre puits de Saint-Alban : puits de Faustine, César, Julia et Àntonin.
Le premier est constitué par un boisage en forts madriers de bois dur, en forme de carré, dont le côté va en décroissant de 0 m. 78 à 0 m. 45 au fond.
Le puits de César est également boisé en carré, avec côté décroissant de un mètre à 0 m. 57.
Celui de Julia est tout cimenté en forme de cylindre dont le rayon va en décroissant de un mètre à 0 m. 55.
Enfin le puits cl’ Antonin est boisé en carré de 0 m. 88 de côté jusqu’au fond.
Les margelles supérieures sont toutes en ciment, de forme cylindrique, et ont certainement été faites après coup, dans l’état où elles sont (1).
Sail-les-Bains. — Nous n’avons pas sur les sources alcalines et sulfureuses de Sail-les-Bains des données aussi précises, mais leur utilisation ancienne n’en est pas moins certaine. Outre la découverte de médailles de Vespasien, Commode et Caracalla, Greppo signalait déjà, sans donner d’ailleurs de plus amples détails (op. cit., p. 266), l’existence « d’un antique établissement thermal dont on avait découvert des vestiges bien marqués. »
(1) Mémorial de la Loire, 29 mars 1897.
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En 1879, des constructions romaines furent découvertes lors des fouilles et des grands travaux entrepris pour capter la source nommée depuis source des Romains. D'après l’auteur auquel nous empruntons ces renseignements (T), les fondadations et des murs en béton, d’une solidité étonnante, allaient chercher l’origine des sources à vingt-cinq pieds en contre-bas du sol et sur le roc même; d’énormes blocs de granit, admirablement travaillés, encadraient l’orifice extérieur des sources.
Sail semble avoir été aux temps anciens une ville d’une certaine importance, car, à diverses époques, on a découvert des restes considérables de murs, des pierres taillées, des fûts de colonnes grossièrement travaillés et des fragments d’entablements.
Salt-ex-Doxzy. — Sait possède une fontaine minérale, d’une température de 23 à 24 degrés, connue dans le pays sous le nom de Gour chaud , qui a été captée dans un puits, sorte de cuve en bois ayant environ trois mètres de profondeur.
il semble bien que cette source fut utilisée par les Romains. D’après La Mure, on y voyait au dix-huitième siècle des restes de thermes romains pour lesquels on avait utilisé une source chaude.
Un correspondant de Greppo, M. Roux, avait constaté l'existence, non loin de la source, de ruines d’une enceinte romaine construite en très petit appareil.
D’énormes tronçons de colonnes de granit ont été trouvés dans un jardin du village. Tous les doutes seraient levés si l’on pouvait tenir pour sincère la restitution proposée par M. d’Assier de Valanches, et rapportée dans un travail de M. le docteur Rimbaud (2), d’un fragment d’inscription trouvé à Sait vers 1840, restitution qui donnerait le texte suivant : « A la divinité d’Auguste (ici le nom du dignitaire romain),
(1) Guide pour Sail-les-Bains, par le chevalier X..., 1880.
(2) Salt-en-Donzy, ses eaux thermales et ses ruines. Annales de la Société d’agriculture... du département de la Loire, t. XVIII, 1874.
très haut censeur général et conservateur, par ses appariteurs, de la fontaine de Sait, pour le salut des malades. »
Je dois à l'obligeance de M. J. Déchelette la copie de ce fragment d’inscription, conservé au musée de la Diana, à Montbrison, où sont lisibles les seules lettres suivantes.: