E V A U X. SOURCES ET PISCINE RONDE
ÉTUDE PARTICULIÈRE DES SOURCES
cFun très beau travail, représentant une tête de dieu marin à large barbe flottante. La bouche ouverte, comme pour laisser passage à un tuyau, permet d’y reconnaître un ornement de fontaine, du genre de ceux qu’on nomme des gueulards (1).
Néris. — Sans aller jusqu’à voir dans Néris, comme l’a fait son plus récent historiographe (2), la capitale des Gaules, il n’est pas douteux qu’il y eut, aux temps gallo-romains, autour de ces sources chères aux rhumatisants et aux neurasthéniques, non pas seulement un simple établissement thermal, mais une véritable ville, possédant son organisation complète, avec des aqueducs, des temples, des palais, des établissements militaires, dont de nombreux vestiges ont permis de tracer le plan et de restituer l’ensemble avec une assez grande précision.
Jean Banc (3), rattachant le nom de Néris aux traditions mythologiques, n’hésitait pas à le faire dériver des Néréides. Boirot-Desserviers, et nombre d’autres avec lui, voient dans Néron le fondateur de la ville, à laquelle il aurait donné son nom. Faut-il ajouter que rien ne vient étayer cette affirmation et qu’il est bien plus probable que le nom de Néron fut accolé après coup à celui d’un lieu, riche en restes antiques, avec laquelle il avait une certaine affinité. Greppo avait émis l’idée que cette dénomination pouvait venir d’un fondateur ou restaurateur des thermes, appartenant à une famille Nerius, dont nous possédons des médailles consulaires, hypothèse acceptée par Forichon. Il semble infiniment plus simple et plus rationnel de faire dériver le nom du Viens Neriomagensis de celui de son dieu topique, Nerius, et je crois, d’ailleurs, que la question n’est meme plus discutée sérieusement aujourd’hui (4).
(1) Fillioux, op. cil., p. 203.
(2) Moreau de Néris, Néris, capitale des Gaules. Les eaux de beauté, 1902.
(3) Les admirables vertus des eaux naturelles de Pougues, Bourbon et autres renommées de France, en faveur des malades qui ont recours à leurs salutaires emplois, 1618. — La Mémoire renouvellée des merveilles des eaux naturelles en faveur de nos Nymphes françoises et des malades qui, ont recours à leurs emplois salutaires, 4 605.
(4) « Puisque Nerios, dit M. Mowat, est un nom de divinité et que magus est un mot gaulois qui signifie certainement campus, il s’ensuit que Neriomagus veut dire : terrain consacré au dieu Nerius. »
Néris a eu la bonne fortune d’être tout particulièrement et très soigneusement étudié. Si ses monuments ont disparu à peu près complètement aujourd’hui, les relevés exacts qui ont été faits lorsque leurs vestiges ont revu le jour, ainsi que les études sérieuses dont ils ont été l’objet (1), en ont conservé tout au moins le souvenir et permettent de se rendre compte de ce que fut, au temps de sa plendeur, une importante station thermale gallo-romaine, groupant autour des sources des édifices de toute nature. A ce titre, nous consacrerons à Néris un examen un peu plus prolongé, et, après nous être occupés de la partie thermale proprement dite, nous dirons quelques mots des autres monuments qui concoururent à son existence de grande ville d’eaux.
Le captage des sources, ou plutôt de la source, car les différents puits ne sont que les bouches d’émergence d’une seule nappe minérale, avait été opéré cà l’endroit où s’élève aujourd’hui le petit établissement, et fut reconnu en 1832. Il était constitué par une fosse poursuivie jusqu’au granit, sur l’émergence de la source, et revêtue d’une couche de béton dans laquelle étaient pratiqués cinq puits circulaires, l’un placé au centre et les autres aux quatre points cardinaux, et deux fosses rectangulaires, dans lesquelles venaient se rendre les eaux de ces différents puits (fig. 57) (2). « Tout l’intervalle qui sépare
(1) Boirot-Desserviers, Recherches historiques et observations médicales sur les eaux thermales et minérales de Néris-en-Bourbonnais, 1822. — Foriciion, Monuments de l’antique Néris, 1859. — Tudot, Elude sur laville antique de Néris, 1861. — Esmonnot, Néris. Viens Neriomagus. Recherches sur scs monuments. — Lenoir, Néris : son histoire, ses monuments. L’Ami des monuments et des arts, t. I, II et III. — Moreau de Néris, op. cit.
(2) De Launay, Les Sources thermales de Néris et d’Évaux. Annales des Mines, 9e série, t. VII, 1895.
Fig. 57. — schéma des puits de néris.
a. a. a. a. Puits circulaires.
b. b. Puits rectangulaires.