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CHAPITRE VII

Régions diverses.

Montbouy. — L’identification, que je crois devoir être tenue pour exacte, de la station d’Aquæ Segestæ avec Montbouy, est fondée surtout, comme nous l’avons vu, sur l’importance des ouvrages anciens découverts sur ce point et que nous allons rapidement passer en revue.

Dès le dix-septième siècle, on lisait dans Y Histoire du Gcî -

tinois, de D. Morin : « Creusant des tranchées (en 1608) du canal de Briare, entre Montbouis et Montcresson, sur le rivage de la rivière de Loing, en un lieu appelé Sévinières, furent trouvés plusieurs vestiges et vieux bâtiments à la romaine, avec les ruines d’un amphithéâtre; plus bas furent trouvés, dans un champ, des pilastres et quantité de vieux fondements, et encore en ce champ se trouva un lavoir à la mosaïque et plusieurs médailles, etc. »

En 1850, la mosaïque dont il est question était retrouvée par M. Dupuis, vis-à-vis la borne 19 du canal, détruite en partie par les travaux de creusement, et enfouie, quant à la partie qui restait, au milieu de la pente de la berge. On voulut alors profiter d’une période de chômage du canal pour enlever ces restes, mais sans succès, les fragments rendus au jour ayant été détruits par les curieux et par l’ingénieur meme chargé de la conduite des travaux (1).

Mais, en môme temps que ces recherches, M. Dupuis en avait effectué d’autres, qui avaient abouti à la reconnaissance du vaste établissement dont la trace nous apparaît vraisembla-

(1) Bulletin de la Société archéologique de l'Orléanais, t. I, 13 décembre 1830-10 décembre 1832.

blement sur la carte de Peutinger, et dont nous trouvons la description dans un mémoire lu au Congrès scientifique d'Orléans, en 4851 (1). C’est à Craon, hameau de Montbouy, que ces restes furent découverts, dans une pâture située entre le canal et la rivière du Loing.

Fig. 68. — PLAN DES THERMES DE MONTBOUY.

D'après le plan joint au mémoire de Dupuis.

1. Mur d'enceinte. — 2. Entrée. — 3. 3. 3. Tours carrées, sans entrées à leur base. — 4. Allée faisant le tour. — 5. Allée séparant les deux parties. — 6. Allée conduisant au bassin. — 7. Mur renfermant la première partie. — 7 bis. Mur renfermant la deuxième partie. — 8. Entrée. — 9. Chambre pavée en mosaïque. — 10. Partie crevée delà voûte formant plancher, laissant voir unevoùte enduite de suie. — H. Mur de la chambre, avec pilastres engagés. — 12. Baie où se voit une trace de gond. — 13. Fouille qui a mis à découvert une croûte formant plancher. — 14. 14. Parties non explorées. — 15. Bassin octogone orné en dehors de colonnettes en briques et pierres. — 16. Partie fouillée laissant à découvert une aire en coulis blanc, formant plancher, assis sur une couche de béton. — 17. Tours carrées. — 18. Mouvement de terre circulaire où les fouilles n'ont rien fait découvrir. — 19. Bâtiment en dehors de l'établissement, offrant à l’extérieur des colonnettes engagées en pierres et en briques; probablement un temple.

L’édifice, entouré d’un mur continu de 71 mètres sur 61, comprenait une enceinte divisée en deux parties, ceintes elles-mêmes de murs, séparées et contournées par une allée,

(1) Dupuis, L’Aquis Scgesle de la carte de Peutinger doit être placé à Montbouy. Orléans, 1852.

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sorte de chemin de ronde, de 4 m. 40. L’entrée semblait avoir été assez richement décorée; on a découvert tout auprès des fragments d'ornements et de chapitaux corinthiens. En face de l’entrée, une pièce de 10 mètres carrés, pavée en mosaïque, avait un plancher de ciment noirci en dessous par Faction du feu. Vers le milieu du grand carré situé de ce côté, le terrain s’abaissait circulairement, comme s’il eût existé là un bassin ou un creux quelconque (fig. 68).

Dans l’autre carré s’encastrait une chambre ou bassin octogone de 25 mètres de diamètre, ouvrant sur le chemin de ronde, flanquée de deux tours ou cabinets carrés, et dont les murs étaient ornés de colonnes demi-engagées, élevées en briques et pierres demi-circulaires. Le sol de cette salle était « en coulis blanc de plâtre ou de chaux, sorte de stuc de 50 centimètres cl’épaisseur, reposant sur un lit de béton. » Les murs étaient revêtus d’un enduit de ciment rose, colorié par bandes en rouge, bleu et vert. Au centre, comme dans le premier carré, une dépression circulaire du terrain semblait indiquer l’emplacement d’un ancien bassin.

En dehors de l’établissement se trouvait la construction isolée dont nous avons parlé lorsque nous nous sommes occupés des temples voisins des édifices thermaux, et dans laquelle nous rappelons qu’un autre archéologue, M. Vachez, voulait voir plutôt une pièce destinée aux baigneurs privilégiés. Tel était aussi l’avis de M. Pillon (1), qui la considérait comme une piscine : * Nous avons pu, dit-il, compter les six marches d’escalier qui y conduisaient du côté de l’ouest, et qui avaient chacune 30 centimètres d’élévation. Le bassin, de 22 pieds de longueur sur 15 de large, est entouré d’un promenoir dallé en grandes pierres dont les restes des murs, en petit appareil, sont encore recouverts de ciment dans l'intérieur. ■»

Un canal fondé sur un lit de béton de chaux et ciment mêlé

de petits morceaux de briques se dirigeait vers une source «

(1) Excursion à Monlboug. Bulletin de la Société archéologique de V Orléanais, t. III, janvier 1859.

connue sous le nom de fontaine de Saint-Germain, située à six. kilomètres environ de Craon. Rien, dans l’eau de cette fontaine, ne semble expliquer des propriétés curatives, mais des vertus légendaires y ont toujours été attachées.

Des fouilles furent encore pratiquées à une époque postérieure, et M. Dupuis annonçait, en 1862 (1), qu’il venait de déblayer deux piscines et que, dans l’une d’elles, il avait pu rencontrer la source qui alimentait les bains, constater son mode de circulation et indiquer sa sortie. Cette source versait son eau dans un bassin rond situé dans l’enceinte hexagone où l’on descendait par une suite de degrés circulaires dont les rangées inférieures étaient admirablement conservées (2). C’est vers la môme époque que furent découvertes les fondations du vaste monument dont nous avons déjà parlé (3), et dont la destination, temple ou prétoire, est toujours indécise.

Toutes les fouilles exécutées à Montbouy ont fourni une quantité considérable de débris de constructions, briques, conduites, pierres sculptées, fragments de colonnes et de chapiteaux, et de nombreux matériaux portant la trace des ravages du feu : moellons noircis, charbons, plomb fondu, poutres à demi-consumées. Des fragments de poteries et des médailles ont été recueillis en grand nombre, ainsi que divers objets en métal et des statuettes en terre blanche, représentant pour la plupart des Vénus, découverts dans les bassins ou sur le bord des talus.

A 900 mètres environ de ces thermes s’élevait l’amphithéâtre de Chenevières, actuellement le seul vestige apparent de l’ancienne cité gallo-romaine, car l’ensemble des édifices thermaux, cpii devait fournir un sujet d’études d’un grand intérêt, a malheureusement disparu par suite du remblaiement des substruclions mises à jour au moment des fouilles.

(1) Nouvelles découvertes à Montbouy. Bulletin monumental, 1862, p. 356 et suiv.

(2) Pillon, op. cil.

(3) Voir p. 230.

ÉTUDE PARTICULIÈRE DES SOURCES

Saint- Am and. — Les eaux et les boues qui portent le nom de Saint-Amand (Nord), bien qu’elles soient situées à plus de deux kilomètres de cette ville, ont été certainement fréquentées par les Romains. Leurs établissements n’ont laissé que de bien faibles traces, mais des découvertes, dont certaines semblent, sinon purement légendaires, du moins dénaturées ou amplifiées par une part excessive d’imagination, ne peuvent guère laisser de doute à cet égard. Les documents écrits sont d’ailleurs assez rares sur Saint-Amand, et c’est à un mémoire de M. Bottin (1), déjà cité par Greppo (op. cit., p. 281), que je dois emprunter tout ce que je puis dire sur cette station :

« Lors des travaux exécutés en 1698 pour remettre en état le bassin de la source, une ancienne maçonnerie bascula et donna un très grand jour à la source. On vit alors avec étonnement paraître, dans le fond du bassin, quantités de pièces de bois et de statues presque colossales, la plupart si défigurées par suite de leur long séjour dans l’eau qu’il était impossible d’en reconnaître les traits. On en distingua cependant qui étaient armées de casques et de lances; d’autres avaient les cheveux négligés et un manteau traînant, et un enfant, près d’elles, portait un écusson uni à la romaine. Brassart, Mignot et Brisseau, qui citent ces faits comme témoins oculaires, ajoutent que l’on tira de la fontaine plus de deux cents de ces statues, dont la hauteur était de 12 à 13 pieds, et qu’elles y étaient proprement rangées par différents lits entremêlés de planches. Ils assuraient aussi que l’on y a trouvé, ainsi que dans les boues et dans les terres remuées, des médailles des empereurs Jules César, Auguste, Vespasien, Trajan et Nerva; de plus, un pavé au pied de la fontaine, qui conduisait vers le midi au bois qui l’environne, ayant des fondements en forme de petites loges dont la maçonnerie résistait à l’effort des pioches. »

Nous n’insisterons pas sur cette trouvaille, d’autant plus

(1) Notice historique sur V établissement des eaux et boues thermales et minérales de Saint-Amand. Mémoires de la Société royale des antiquaires,

extraordinaire que pas un des monuments qui auraient été ainsi extraits de la fontaine n’a été conservé, et qu’il a été impossible de retrouver la trace d’aucun d’entre eux. S’il n’y a pas eu là une exagération démesurée dans l’importance de la découverte, la disparition complète de toutes ces statues est peut-être plus étrange encore que leur remise au jour.

De nombreuses antiquités, de celles qu’on retrouve généralement près de tous les lieux qui furent habités à l’époque gallo-romaine, ont été recueillies sur le territoire de Saint- Amand. D’après M. Bottin, il s’en trouverait un certain nombre au musée de Douai, mais leur provenance n’a pas dû être indiquée lorsque ces objets sont entrés dans les collections du musée, car les recherches que M. le Conservateur a bien voulu faire à cet égard, sur ma demande, sont restées infructueuses.

Le même auteur signalait également l’existence, dans le cabinet d’un amateur de Douai, d’un Mercure en bronze très bien conservé, provenant du bassin de la fontaine Bouillon, d’où il aurait été extrait en 1698, en même temps que les statues colossales.

Bagnoles-de-l’Orne. — Les renseignements historiques qu’on possède sur cette station ne permettent guère de faire remonter la connaissance de ses eaux au delà du seizième siècle. En 1692, il n’existaüt sur l’emplacement de la source qu’une sorte de mare fangeuse qui, dit un manuscrit du temps,

« n’avait encore été l’objet d’aucun travail de la part des hommes (1). »

Je dois cependant mentionner une note de M. Richard (2), qui, après avoir indiqué l'étymologie latine de Bagnols ( Bal neurn , Bagneum, Bagnoleum), indique que des touilles pratiquées en 1867, sur la propriété de Bagnoles, ont fait décou-

(1) Docteur Ledemé, Notice historique et médicale sur les eaux de Bagnoles-de-l’Orne. Annuaire des cinq départements de l’ancienne Normandie, publiée par l’Association normande, t. XI, 1845.

(2) Même recueil, t. XXXXI, 1875.

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vrir des conduites d’eau en tuyaux de grès, qui ont été reconnues comme devant remonter au temps des Romains.

En outre, un rapport présenté en 1823 par M. Bottin à la Société des antiquaires (Mémoires. Y, 1823, p. 34), semble faire allusion à des vestiges antiques reconnus dans la station qui nous occupe. « Les bains de Bagnoles, dit-il, et leurs antiquités ont été décrits par M. Dubois, qui nous a fait hommage de son imprimé. »

Enfin, M. de Blanzac, dans un Guide du baigneur aux eaux de Bagnoles, réédité en 1885, rapporte d’après certains témoignages, mais sans certifier le fait, qu’on y a trouvé à diverses époques, en faisant des fouilles, plusieurs substructions en briques et en ciment, qui ne laissent aucun doute sur leur origine et leur destination.

Tout cela est bien vague, et ces données me semblent insuffisantes pour faire classer d’une façon certaine, quant à présent au moins, Bagnoles au nombre de nos antiques stations thermales.

La Herse. — La source minérale dite Fontaine de la Herse est située dans un site charmant de la foret de Bellème, à cinq kilomètres de cette petite ville, au bord de la route qui se dirige vers Mortagne.

D’après une description empruntée à M. Delasalle (1), la fontaine se compose de deux sources séparées par une cloison de pierres. La grande fontaine a environ trois pieds de long sur deux pieds et demi de large; l’autre n’a que deux pieds et demi de long sur une largeur de douze à quinze pouces. L’eau de ces deux sources a un. pied et demi de profondeur (fig. 69;.

Les deux pierres portant les inscriptions que nous avons étudiées plus haut (2) sont encastrées, l’une au-dessus de

(1) Congrès scientifique, 7e session, 1839, t. II. — Louis Dubois, Dissertation sur la fontaine de la Herse. Mémoires de l'Académie celtique, t. III, 1809. p. 320 et suiv.

(2) Voir p. 169.

l’autre, dans l'une des parois. Il semble bien, d’après leur disposition, qu’elles ont été placées ainsi à dessein, et qu’il ne s’agit pas,- comme on l’a prétendu, de pierres détachées d’un édifice voisin et remployées au hasard.

La fontaine de la Herse était voisine d’un camp, dit le Cha-

Fig. 69. — FONTAINE DE LA HE U SE.

Cliché de M. Fleuriel-Béringuier.

tellier, où l’on a retrouvé des vestiges indiscutables d’occupation romaine. Une ligne forestière partant du camp vers la fontaine semble indiquer une ancienne communication ayant existé entre ces deux points. « Je me figure, dit le docteur Jousset (1), que les soldats du camp du Cliàtellier devaient

(1) Histoire de la forêt de Bellème, 1884.

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être atteints de fièvres paludéennes (le lieu dit « la Herse » est très marécageux); l’eau ferrée martiale de la Herse leur convenait, de meme qu’elle préserve ses riverains de la fièvre forestière. »

Dans la partie de l’arrondissement de Mamers, qui portait autrefois le nom de Saosnois, une source dite Gouffre de la Georgette, contenant, d’après l’analyse, diverses substances minérales, semble avoir été l’objet de quelques travaux à l’époque qui nous intéresse.

L’ouverture de la fontaine, qui paraissait avoir été autrefois de trois mètres au moins et de forme circulaire, était réduite à un petit bassin où l’on a reconnu des morceaux de ciment rouge et gris, des fragments de briques et des débris de tuyaux en terre cuite. Aux environs de la fontaine, on a trouvé des débris semblables mêlés à des fragments de poteries romaines, ainsi que des restes de murailles et de fondaments de murailles, avec parement extérieur en pierres d’appareil carrées, liées par un ciment très dur (1).

Sanxay. — Je ne crois pas devoir passer complètement sous silence les découvertes faites près de Sanxay, dans la Vienne, où les travaux persévérants du R. P. de la Croix ont remis au jour, avec les substructions de quelques constructions secondaires, un temple, un théâtre et des restes considérables de thermes. A côté des aménagements très complets de ceux-ci, qui comprenaient des bassins et des salles à températures variées et une salle de douches, le P. de la Croix a cru reconnaître les vestiges d’un balnéaire d’eau courante, avec large atrium sur lequel s’ouvraient de petites pièces bétonnées, établi sur la petite rivière de la Abonne, dont le cours avait été régularisé le long de ces bâtiments.

La véritable destination des monuments de Sanxay a fait naître de vives controverses dans lesquelles je n’ai pas à

(1) Desnos, Noies sur deux fontaines minérales du Saonnois. Bulletin monumental, t. III, 1837, p. 285.

entrer,

et je me contente de signaler l’opinion qui les consi-

dère comme les restes d’une ville d’eaux antique, car c’est à ce

litre seul que ce nom figure ici. M. Delaunay (1), partisan de cette hypothèse, fait remarquer la perfection particulière du système balnéaire de Sanxay; il y voit le Vichy du Poitou à

l’époque gallo-romaine, ou, si l’on n’admet pas que les sources employées aient pu perdre leur ancienne minéralisation, un vaste établissement d’hydrothérapie.

Pour M. Lisch, ce sont également les restes d’une station balnéaire, dont le prétendu temple aurait été le château cl" eau.

Cette idée a été vivement combattue, notamment par le P. de la Croix lui-même (2) et par M. Berthelé (3), qui font remarquer que l’analyse chimique a permis de reconnaître qu’aucune des sources qui alimentaient les thermes n’a de vertus médicinales et que, cl’autre part, l’absence de tout dépôt dans les canalisations et les piscines ne permet pas de penser qu’elles aient contenu dans le passé des éléments minéraux disparus depuis. M. Berthelé ne voit non plus rien de bien particulier dans les procédés de balnéation de Sanxay, et les deux auteurs sont d’accord pour considérer ce lieu, non point comme une station thermale ou hydrothérapique de l’antiquité, mais comme un de ces centres d’assemblées politiques, religieuses ou commerciales, dont on a retrouvé des traces sur d’autres points de la Gaule, et qui n’étaient occupés que temporairement, à certaines époques de l’année.

Dans le département de la Charente-Inférieure, aux environs de Saint-Jean-d’Angély, des vestiges de constructions romaines, ayant pu servir à la conduite et à l'aménagement des eaux, existaient auprès des sources ferrugineuses d Ar-

CHINGEAY.

(1) Antiquités de Sanxay (Vienne), 1882.

(2) Mémoire archéologique sur les découvertes d’Herbord, dites de Sanxay,

(3) De la véritable destination des monuments de Sanxay, 1883.

L’eau jaillissait par deux sources, entre les jointures du pavé, au fond d’un bassin carré, revêtu entièrement de pierres de taille et enduit intérieurement d’une couche de ciment rougeâtre. Dans le voisinage, on trouva une grande quantité de fragments de briques romaines, des conduites en terre vernissée qui partaient de la fontaine, et des espèces de rigoles en pierre qui se dirigeaient vers les ruines d’un ancien monastère, où existait un réservoir pavé en briques liées avec du ciment et en pierres plates ayant vingt-deux pouces en carré. Ce réservoir était garni intérieurement d’une banquette construite en briques, et semblait être vidangé par un canal enduit d’une épaisse couche de ciment.

Tous ces caractères semblent bien indiquer une exploitation d’origine gallo-romaine, corroborée encore par la découverte, vers la fin du dix-huitième siècle, de deux médailles de bronze, l’une de Constantin, l’autre de Licinius, sous une des dalles du bassin de la fontaine (1).

(1) Bourignon, Recherches topographiques , historiques, militaires et critiques sur les antiquités gauloises et romaines de la province de Saintonge, an IX. — Massiou, Notice sur l’établissement de bains gallo-romain d'Archingeay, près Saint-Jean-d’Angély. Bulletin monumental, t. III, 1837, p. 41 et suiv.

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