VIII NOTICE
M"« B***. D. C. D. L. — (Lire:Brion, dite Comtesse de Launay). Cythère, 1774; in- (9° de g 2 pages avec 4 figures libres '.
2" Histoire de M"^ Brion, dite comtesse de Launay ; imprimé aux dépens de la Compagnie des filles de bon ton, in-i 2, s. l. n. d. — Entièrement gravé, avec de jolies figures ^.
3° Histoire de M"" Brion, honnête Putain. — Arras, 1783, in-12. (Nous avons pu voir cette dernière édition che\ M. Edmond de Concourt qui en possède tin très bel exemplaire.)
Une réimpression de cet ouvrage a été faite récemment en Allemagne, sur mauvais papier et avec un texte déplorable, sous cette rubrique : à Toulon, che{ les filles de bon ton, sans date, in-24 ^^ 94 P'^g^^y <^^i pj^ix de 3 francs.
L'auteur de cet ouvrage galant est entièrement inconnu; ia bibliographie reste muette à cet égard ; un des plus lettî^és bibliophiles de ce temps inclinait à penser que Caillard de la Bataille, le pamphlétaire de W^" Cronel, dite Frétillon, pourrait avoir écrit cette ma^iière d'autobiographie de la Launay; mais il n'y a pas concordance de dates. — Sans voidoir nous lancer dans les hypothèses romantiques, nous aboyons que AP" Brion, dite comtesse de Launay est cette même fille asseï célèbre dans les Cythères de la seconde uioitié du xviii^ siècle, qui devint plus tard proxénète connue et dont enfin Bachaumont patrie à différentes reprises en ijjg et
1 11 existerait aussi^ paraît-il, une édition que nous n''avons pu voir dans le format Ca:{in, sous la date de ijjO avec 4 figures. Oest évidemment une reproduction en petit de l'édition de 1774-
2 Vente de Paulmy, n" 6102; Bol le, n° 608; Leber, n" 2S3o.
SUR I.A (JAZKri'K l)K (;\ IlIKHK. ix
et iJiS'j, alors qu'elle tciiail oj/iciiic de plaisii- à Paris. Nous /ronrons, en ejjel, dans des petites ajfiches narquoises de maisons ou d'apparlenienls à loue)', eel enirefilet oit il est question de ee//e nicrc abbcssc, qui supplanta M'"" (iourdan :
Vcùi appailcniciu au ciiu]uicnic eu siamoise, à troquer conirc un apparicmcnt au premier eu damas do trois couleurs. S'adresser à Madame Saint-Marie, ouvrière en tours de lit, ou chez Madame de Lannay, rue des Petits-Champs, où elle travaille à la journée.
Celte appareilleuse renoininéejit encore parler d'elle en juillet et août ijSj à l'occasion d'une lettre facétieuse et asseï spirituelle^ qu'on fit courir sous son nom dans tout Paris et qui ai'ait trait au mémoire fictif attribué à Suard en faveur de A/"'^ Kornmann. Voici cette lettre à M. Suard, de l'Académie française :
Permettez, Monsieur, je vous prie, que je vous remercie de la bonté et de Phonnêteté que vous avez eues dans votre Mémoire pour Madame Kornmann de prendre la défense de nos maisons et d'en faire une Apologie séduisante. Depuis la publication de votre écrit, mes pratiques sont augmentées de moitié ; en effet, nul n'est honteux de venir dans un lieu approuvé par un de nos plus érudits académiciens, qui joint à une probité intacte autant de goût et de délicatesse. Toutes mes demoiselles lisent votre ouvrage avec un véritable plaisir. Je suis fâchée seulement qu'il soit un peu long; s'il eût été plus court, je l'aurais fait graver en lettres d'or dans mon antichambre.
Si, par hasard, vous en donnez une nouvelle édition, oserai-je vous proposer une nouvelle épigraphe plus convenable que celle des pensées détachées; la voici. Elle s'ajuste