‹ La gazette de CythèreChapitre 47 sur 49 · LA JKUNF VEUVE DE C · texte numérisé non relu

LA JKUNF VEUVE DE C

porc voulut qu'elle acceptât encore une bourse avec mille livres. C'est ainsi que se termina cette scène intéressante à tant d'égards; et dans laquelle, le hazard, la générosité, la probité, la tendresse, la joie, et la douleur même, après avoir joué tour ù tour le premier rôle, contrastent si agréablement, que l'ensemble du tableau que ces différentes passions forment, en donnant une juste idée du cœur humain, démontre que la vertu n'est pas incompatible avec les intérêts les plus ciiers, quoiqu'en apparence les plus contraires; et que s'il en arrive autrement si souvent, c'est à la perversité particulière de ceux qui en donnent l'exemple qu'on doit s'en prendre, et non à la nature de l'homme en général, qui, par le secours de la raison que le Créateur lui a donné en partage, peut, quand il le veut, donner des exemples d'une vertu, qu'on est forcé de traiter d'héroïque, parce que rarement on trouve des hommes qui veuillent dans leurs actions, écouter la voix de la nature, qui leur crie de faire le bien, et de fuir l'iniquité.

Nous avons cru cette pièce assez intéressante pour trouver place dans un recueil oii nous nous sommes proposés de faire contraster l'amour vicieux, avec l'amour vertueux; afin que celui-ci, par l'avantage qu'il retire du parallèle, prenne, s'il est possible, une telle supériorité sur son rival, que l'autre soit forcé de lui céder la place : place qu'à la honte de l'humanité, l'amour impudique occupe généralement aujourd'hui dans presque tous les cœurs.

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