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cuté. Dès le mois d'avril 1831 M. Etienne Parent ressuscitait le Canadien qui fut, pendant les douze ans qu'il le rédigea, l'organe ou plutôt.le guide de cette nouvelle génération dont nous venons de parler. Mais cette nouvelle publication, on ne saurait se le dissimuler, dut faire une redoutable cofcurrence à la Gazette, surtout auprès de ses #bonnés qui la recevaient pour la partie française.
Cette compétition fit faire de nouveaux éfforts aux propriétaires de la Gazette. Depuis 1818, elle paraissait régulièrement deux fois par semainé, le lundi et le jeudi, svec l’anglais et le français sur la même fouillé. ‘Au commencement de 1832 Samuel Neilson se mit à publier la partie française sur une fouille distincte. Voici ce que l’on trouve dans la Gazette du 11 avril 1832, à propos des améliorations importantes qu’on fit alors,
& Avis aux abonnés de la “ Gazette de Québec.”
“ À partir du mercredi 2 mai prochain, ce
id araîtra en deux feuilles séparées, ’une en français, trois fois par semaine, l’autre en anglais, aussi trois fois par semaine.
“ Le prix pour chaque journal séparément sera de 20s.; pour les deux ensemble de 308.
par an, non compris les frais de port.
“Il sera pris des arrangements pour.as-
PE à Pres
surer ure rédaction soïgaée de la feuille fran: çaise, Elle sera d’un format à-peu-près sen:
blable à celui-des journaux de Paris, et im-
rimée en un caractère plus gros que n'est imprimée la @azette maintenant.
# Nous espérons que nos lecteurs nous sauront gré de ces changements que nous vou:
lions opérer il y a déjà plusieurs années.
Notre feuille contiendra des matières plus variées, donnera des nouvelles, tant de l'é.
tranger que de l'intérieur, plus en détail, et sera plus ouverte aux correspondances, etc, Enfin, ce sera un journal purement français.
4 La feuille anglaise sera de même format que ia (Gazette actuelle. E4
“Ceux de nos abonnés qui ont été dan J'habitude de parcourir nos colonnes anglsisca, trouveront dans la feuille française les détaily omis jusqu'à présent dans cette partie, sur la commerce, les marchés, les arrivages, etc, S'ils veulent s'abonner aux deux feuilles, îls auront pour six piastres par an un journal quotidien. ; -
“ Ce journal, le premier qui ait paru dans les colonies actuelles de l'Angleterre sur ce continent, compte soixante-et-neuf annnées d'existence. Durant les dix dernières années il a été rédigé par le propriétaire actuel. On a le moyen de juger si ce journal pourra, à l'avenir, être utile au publie et s’il mérite d’être encouragé. . |
# Bureau de la Gazette, 51 mars 1832.”
Malheureusement ces améliorations opérées
dans la partie matérielle de la Gazette devaisnt être bientôt employées à combattre ls cause pnpulaire: Presqu'immédiatement après la fondation du Canadien--c'est à regrot que nous constatons cette .coïncidencé
qui pourrait fairé croire que le dépit de voir
sourdre à ses côtés un rival heureux l’emporta sur la sincérité de convictions müries pat lé temps--une espèce dé mystérieuse et incompréhensible transformation s’opère insensiblement dans les opinions de la Gazette. Les partis en chambre. restaient ce qu'ils avaient été depuis quinse ans, et si la majorité de l’Assemblée faisait toujours vaioir . les rnèmes griefs, c’est que l'Exécutif n'avait fait disparaîtré aucun de ces griefs que M. Neil-
son avait lui-même tout récemment exposés
sous les yeux du gouvernement impérial auprès duquel il avait été délé né une seconde fois en 1828, avec MM. Viger et Cuvillier.
Encore après la session de 1829, il écrivait que l’administration n'avait remédié à rien ; que des causes et les éléments de discorde existbaïent comme par le passé, Et ne pouvait on pas dire la même chose avec autant de raison, après la session de 1883.:ou de 18341 Dans son article souvent, cité du 15 janvier
“1827, M. Neïilson disait: “ L'Assemblée de ‘cette colonie a fait souvent des sacrifices pour obtenir la paix et l'harmonie ; ces sacrifices ‘ont été stériles et on a mème essayé de les tourner contre ceux qui les avaient faits.” Malgré ces déclarations aussi formelles qu'énergiques, If” Gazette vira de bord et se mit à ‘voguer:à pleines voiles dans les eaux de l'oiigarchie. Non contente de faire elle-même des “ sacrifices à la paix et à l'harmonie,” elle en vint plus tard jusqu’à exiger que :ses anciens amis y fussent sacrifiés.
. L'adoption par la chambre d’assemblée des 92 résolutions, ardemment combattues par M. John Neilson, marqua le moment où la Gazette brisa définitivement tous. les liens qui l'avaient attachée au parti libéral. Après cette session à jamais célèbre de 1834, des élections générales eurent lien. M. Neilson, séparé des libéraux perdit le siége qu’il avait obtenu en récompense de son libéralisme.
Ces revers contribuèrent à l’éloigner de plus en plus de ses anciens amis, L'année suivante il allait en Angleterre, non plus cette fois pour y représenter l'immense majorité du peuple Bas-Canadien, mais pour y faire valoir les prétentions de paques rares ne ‘sans de l’oligarchie,
… 57 : De ce jour jusqu'à 1840, les colonnes de la Gazette sont remplies de violentes invectives, ‘nonseulemert ‘contre les hommes extrèmes du parti populaire, mais encore et surtout contre les hommes modérés qui formaient ce qu’on appela le parti libéral de Québec, pour Jes distinguer des démocrates avancés qui se recrutaient principalement dans le district de Montréal. Ces polémiques incessantes, ces luttes à bout portant éxigeaient ur travail énorme et uno activité pl ni ’ordinaire.
Samuel Neilson y ruina sa santé Son esprit violemment surmené dans: ces chaudes discussions eut besoin de repos. ‘Il partit pour l'Europe dans l’automne de 1836, espérant qu’un voyage dans la Méditerrannée lui rendrait ses forces épuisées. Mais ilne lui fut pas donné de revoir son imprimerie ni de continuer ces luttes qu’il avait au début alimentées de ses colères. Il mourut à New-York au mois de juin 1837, en débarquant à son retour du midi de l'Europe.
La Gazette, dont Samuel Neilson était lu
nique propriétaire depuis le 1er mai 1836,
époque à laquelle la société Neilson et Cowan avait été rompue, la Gazette passa à William Neilson et à ses frères et sœurs, héritiers de Samuel. M. John Neilson fut établi procureur
ES AM nee MESSE EEE ET :
de la famille et surtout rédacteur de la.
Gazette. Bien qu'Âgé de soixante ans, M.
Neïlson n'en continua pas moins à écrire presque tous les artieles qui paraissaient alors . dans la Gazette, et il sembla n'avoir rien perdu
de sa première. verve. À travers les mal-
heureux temps de 1837-38, à travers les em-
barras suscités par le Conseil Spécial, dont il
fit partie, en un mot à travers tant d'émotions
diverses, M. Neïilson conserve une étonnante
vigueut de pensée et de style, Tout en re-
grettant que. la Gazette en vienne jusqu'à
égaler les diatribes brutales du Heraid et du
Mercury contre les malheureuses victimes de
nos démêlés politiques, il serait injuste de méconnaître le talent remarquable qui prési-
dait à sa rédaction. .
La mémoire ençote pleine des souvenirs .
de 1822, M. Neïlson se posa de prime abord.
en adversaire déclaré de l'Union des Canadas. En 1840, il admettait volontiers que le régime. mis en force par le Conseil était un régime de servitude, mais il le croyait encore préférable à l’Union. La perspective d’une réunion des deux provinces ne plaisait guère, il est vrai, aux Ébéraux du Bas-Canada; mais différant, avec M. Neilson, ils ne croyaient pas que ce
régime put être pire que celui du Conseil