De Vitrolles, Mémoires, t. II, p
« La faveur d'être présenté à la cour, a écrit deux ans plus tard, en 1816, le royaliste Hyde de Neuville, était entourée, encore à cette époque, de toutes les règles d'étiquette qui existaient autrefois. C'était une véritable cérémonie, compensée, pour les femmes, par la difficulté de l'obtenir et par la petite vanité de s'en enorgueillir l. » La duchesse d'Abrantès aurait dû être blasée sur ces sortes de vanités. Eh bien, pas du tout : il paraît que les femmes sont enfants à tout âge, — hélas comme les hommes. Et elle chante les louanges des princes et princesses auxquels elle fut admise à faire ses très humbles révérences. Elle vit d'abord la duchesse d'Angoulême qui l'interrogea avec une bienveillance qui ne lui était pas habituelle et la laissa charmée de sa bonté. Elle a même une sorte de naïveté à parler de ses sentiments pendant la présentation. Elle avait été présentée tant de fois à la cour impériale, en Espagne, en Portugal, qu'on l'aurait pu croire cuirassée contre l'émotion un peu enfantine que peut donner une pareille cérémonie. Eh bien, non : elle est tout à fait petite fille, elle est touchée aux larmes... Ah ! comme les princes et princesses sont bêtes et maladroits de ne pas mieux savoir tirer parti de nos faiblesses î
Le roi, informé d'avance de l'objet de la visite de Mœe d'Abrantès, lui dit qu'il se chargeait de la dette du pays envers les enfants du général Junot. C'était fort bien et c'est ainsi qu'il devait répondre à sa veuve venant le solliciter. Comme on lui avait dit que la duchesse d'Abrantès était