Physiologie, du mariage, Méditation VIII
zac l'ait déterrée. D'ailleurs Mme d'Abrantès ne supportait pas cette vieille commère l et Balzac, naturellement, 'devait partager son aversion.
C'est elle, bien certainement, qui a raconté à Balzac cette histoire d'un collier de Mma R. D. S. J. D. A. (Regnauld de Saint-Jean d'Angély) à laquelle il fait allusion dans sa Physiologie du mariage et que le général Thiébault a racontée tout au long dans ses Mémoires ; et aussi une anecdote sur le général Rapp, qui avait été un intime de Junot, et qui est relatée dans le même ouvrage.
Dans d'autres livres de Balzac, on trouverait facilement aussi des traits rappelant la duchesse d'Abrantès. Il en faudrait faire un chapitre spécial et cela dépasserait le cadre de ce volume. Mais ne songeait-il pas à elle quand il écrivait, dans Splendeurs et misères des courtisanes : « Vous autres, grandes dames, vous n'avez jamais le sou, même quand vous êtes riches à millions. »
Mme d'Abrantès, de son côté, ne faisait pas autrement en écrivant et elle avoue que c'est Mme Duchatel qui servit de modèle à son Antonia, dans VAmirante de Castille. Elle avait beaucoup connu M. de Montrond, ce roi des snobs et des mauvais sujets du grand monde ; elle raconta à Balzac mille traits de sa vie hautement fantai-
1. Voici, en effet, ce qu'écrivait un jour M"" d'Abrantès à ~S\m* Récamicr : « Je n'ai jamais aimé Mm' de Genlis, parce qu'elle n'a jamais été, qu'elle n'est pas et ne sera jamais bonne. Aussi, avec ma franchise ordinaire, je n'ai pas pu prendre sur moi de lui adresser un seul mot, malgré une présentation en forme. Louer les gens qu'on n'estime pas a toujours été à mes yeux une lâcheté. » {Catalogue d'autographes provenant des papiers de M— Récamier. Vente Charavay du 27 mai 1895.)
Cliché J. T.