‹ La Générale Junot, duchesse d'Abrantès, 1784-1838Chapitre 7 sur 115 · De M. de Jarente, ôvéque d'Orléans · texte numérisé non relu

De M. de Jarente, ôvéque d'Orléans

dans l'ombre, ne cherchant qu'à se faire oublier. Aussi ne dansaient-ils guère chez eux. Ils allaient là où on les invitait, mais ces salons étaient rares : il y avait celui de l'ancien président Pinon, où l'on dansait toutes les semaines, celui de M. de la Noue, dans le faubourg Saint-Honoré... Laure, malgré sa toute jeunesse, allait déjà dans le monde, dans ces salons comme dans ceux is-sus de la Révolution, particulièrement ceux des financiers : le salon de Mme Hainguerlot, cette grande femme à qui Arnault a fait une réputation d'esprit parce qu'il la trouvait jolie ; celui de M. Séguin, ancien tanneur, un honnête homme — le seul de son monde! — et que ce monde eût regardé comme un imbécile s'il n'avait été si millionnaire...

L'été, elle allait passer quelques jours, quelques semaines même chez Lucien Bonaparte, à sa terre du Plessis-Gharmant, près de Senlis. En 1799, elle y passa cinq ou six semaines, prenant, en enfant qu'elle était, sa part de tous les divertissements.

Ces divertissements n'étaient pas de très bon goût. Mme d'Abrantès en cite quelques-uns dans ses Mémoires ; la comtesse de Sainte-Aulaire, dans ses Souvenirs, en cite quelques autres : « Chaque nuit, dit-elle en parlant de ces « tours de château », on était réveillé par les éclats de rire de ceux qui trouvaient dans leur lit vingt billes de billard bien froides, ou bien une quantité de foin haché que la chaleur du lit rendait piquant comme des aiguilles. D'autres fois c'était un coq placé sur l'impériale d'un lit et qui se réveillait aux premiers rayons du jour... x »

La nouvelle inopinée du débarquement du gêné-

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