Duc Victor de Broglie, Souvenirs^ t. I, p
vous comme amie... » 1 Elle savait inviter du reste d'une façon aussi gracieuse qu'elle savait recevoir : « Venez donc me voir, mandait-elle encore à M. de Forbin, le lundi je reste chez moi plus particulièrement que tout autre jour : quelques amis viennent dans ma petite retraite fleurie, mais où les maux de tète ne sont pas du tout augmentés par trop de parfums. Je suis une personne bien apprise pouvant vivre avec tout le monde... » 2 A M. Lemercier, de l'Académie française : « Je suis fort sédentaire ; quelques anciens amis me sont fidèles et tous les lundis surtout je suis chez moi ; pour vous, tous les jours. Vous me rendriez bien heureuse. » 3 A M. Berthoud, directeur de la Bévue de Paris, qui n'est pas venu chez elle depuis quelques semaines, elle écrit : « Je ne vous vois plus, monsieur, et cela m'afflige, car j'ai pour vous une sincère amitié... Pourquoi donc avoir déserté nos lundis ? C'était pour moi une habitude très douce que je suis toute triste d'avoir perdue et cela pourquoi ? Je ne pense pas que rien dans mes manières ait pu vous faire impression en mal ? Ce serait alors bien contre mes intentions. Je ne puis que vous dire une chose, c'est que je suis fort contrariée de ne plus vous voir et que je le désire fort vivement. »4
C'est ainsi qu'en battant le rappel de ses anciennes relations, en priant les uns, en gourmandant les autres, un peu comme le chien d'un trou-